La 3D-mania : pourquoi ?!?

La 3D3D par ci, 3D par là, tout le monde n’a plus que ce « mot » à la bouche… Mais, au fait, ça apporte quoi, la 3D au cinéma ?

Petit historique [mode papy : ON]

Souvenez-vous les enfants… A la fin du XXè siècle, tous les cinémas passaient des films plats, en 2D. Les films d’animation émergeaient tous juste, et on se contentait de « dessins animés ». Pas d’effet de volume.

Et puis, de temps en temps, on allait au Futuroscope ou à Eurodisney (et non Disneyland Paris). Là, on faisait la queue pendant des heures pour pouvoir profiter d’un film en 3D qui durait une poignée de minutes. Rappelez-vous la magie de ces instants, les étincelles dans les yeux des enfants, l’excitation croissante au fur et à mesure que l’on avançait dans les serpentins… C’était avant le drame.

Avec l’arrivée du XXIème siècle, les salles de cinéma se modernisent. En s’équipant en matériel numérique, les complexes ouvrent leurs portes à la 3D. Les premiers films ne connaissent pas un succès fou. C’est alors que sort Avatar. C’est la révolution, tout le monde redécouvre la 3D. Les lunettes de trois kilos cinq deviennent hyper tendance. En 2010, pas un mercredi ne se passe sans qu’il y ait une sortie 3D (ou presque). Pour quoi ?

L’immersion du spectateur

Le plus grand argument des industriels de la 3D est qu’elle permet une meilleure immersion du spectateur. Certes. Mais ne s’agit-il pas plutôt d’une facilité donnée au réalisateur pour faire entrer le spectateur dans le film physiquement lorsqu’il n’y arrive pas mentalement ?

On connaît tous les films desquels on ressort un peu perdus… Personnellement je citerais Gladiator, qui m’avait marqué, ou la saga du Seigneur des Anneaux. Il s’agit de films dans lesquels on entre entièrement, dans lesquels on perd totalement la notion du temps et de l’espace. A tel point que, lorsque la lumière se rallume, on hésite : « où est le réel ? ». Et ce, sans 3D. En essayant de troubler le sens de la vue, les réalisateurs oublient que, ce qui importe avant tout, c’est de troubler notre imagination, notre esprit.

La perte de convivialité

L’intérêt du cinéma, selon moi, par rapport à la télé (hormis la taille de l’écran et des enceintes), c’est le « regarder ensemble ». A travers les rires, les sursauts, etc., le spectateur partage le film avec ceux qui l’entourent. En imposant des lunettes massives à tout le monde, la 3D casse cette dimension, et met physiquement des barrières entre les personnes.

On imagine facilement la suite de l’histoire. On commence par des lunettes 3D, et on enchaîne avec des lunettes qui permettent de passer le film en version panoramique pour encore mieux immerger (cf. ci-dessus !) le spectateur, puis on finit par des lunettes personnalisées qui passent le film que choisit le spectateur. Disconnecting people.

Soirée privée 3DEt je ne parle même pas des écrans 3D et des soirées télé… Faudra-t-il que chacun vienne avec ses lunettes lorsqu’est organisée une soirée DVD entre amis ? Ou alors que chacun achète une douzaine de paires ? Voir l’illustration du JournalDuGeek ci-contre.

Les vraies raisons

(NdA : J’aime bien ce titre, très presse à scandale)

Ceci nous amène à considérer les véritables raisons de l’intronisation massive de la 3D au cinéma : les sous.

On ne change pas un monde qui perd, les sous sont au cœur de toute l’histoire. Même si le marché du cinéma n’est pas en crise (contrairement à ce que tout le monde essaie de nous faire croire), pas plus que l’industrie des concerts, les industriels sont toujours à la recherche du profit maximum. Comment relancer massivement les investissements dans le secteur ? En changeant de technologie bien sûr !

Ils avaient bien joué le coup avec l’histoire de la TNT, permettant à chaque famille de remplacer son poste de télévision trois fois, puis avec le 16/9è. On remet ça avec la 3D ! Dépensez, consommez…

La 3D du futur

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, la 3D en elle-même n’est pas forcément une mauvaise chose. Une œuvre peut être créée spécialement pour la 3D, et en tirer vraiment avantage. Je dis pas. Mais pas cette année ! Il faudra de nombreux progrès techniques avant qu’elle ne réponde à nos attentes. A savoir : que les écrans 3D soient autonomes bon sang !

Article librement inspiré de la critique de la 3D du blog JournalDuGeek

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