La Conquête : Critique

La ConquêteDilemme : dois-je poster la critique de La Conquête sur mon blog cinéma ou politique ? Puisque je ne tiens plus ce dernier à jour, autant la mettre ici ! Voici donc mon avis sur le film retraçant l’ascension de Sarkozy depuis le ministère de l’Intérieur jusqu’à l’Elysée.

L’histoire, vous la connaissez tous. Monsieur S. est un politique de droite, qui n’a qu’un seul rêve : devenir président de la République. Pour cela, il va devoir se faire une place dans le gouvernement de Monsieur C., alors président. Et jouer des coudes, pour écarter ses rivaux directs (et notamment Monsieur V.). Tout ça alors que sa femme est en train de le quitter pour un autre.

Alors, La Conquête, sarkozyste ou pas sarkozyste ? Tel est le débat qui anime les stratosphères cinéphiles et politiques depuis sa sortie. Je ne comprends pas pourquoi il prend tellement de temps d’ailleurs. Il n’y a pas d’ambiguïté : même si ce n’est pas fait exprès, La Conquête est absolument sarkozyste.

L’actuel président y est certes montré comme un ambitieux colérique, mais il est avant tout touchant, que ce soit à cause des grands méchants Chirac et Villepin qui essaient en vain de le martyriser, ou lorsque Cécilia le quitte pour un autre. De fait, alors que son bilan catastrophique (suis-je partisan dans cette phrase ?) lui fait atteindre des records d’impopularité, tout comme son style déplorable, on se prend à s’attacher à son personnage dans le film. Et c’est dangereux. Surtout lorsque l’on voit le virage serré à droite qu’est en train de prendre son gouvernement.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas particulièrement aimé le film. Déjà, je trouve l’idée même du film absurde, et inconvenante. Faire un film sur un président en exercice passe encore, mais faire un film sur un président candidat à un an des présidentielles, je trouve ça complètement déplacé. Le réalisateur s’adresse ici à l’inconscient du lecteur, en faisant passer leur président pour une personne « aimable » et touchante. On a beaucoup dit que les Guignols de l’Info avaient fait élire Chirac, en lui donnant une image sympa. C’est ce que fait également La Conquête, en se basant plus sur l’émotionnel que la sympathie.

Ensuite, le scénario est connu ;) Bon ok celui de Titanic aussi, mais ça aurait relevé le niveau du film si à la fin « Nicolas » n’était pas élu, ou bien s’il se jetait du haut d’une falaise, enfin une fin marquante quoi ! Qui prenne le spectateur par surprise !

Concernant les acteurs, le résultat est plus mitigé. Certes, Podalydès est excellent, et on a vraiment l’impression de voir N. Sarkozy sur certains plans. Certes, Florence Pernel joue une Cécilia magnifique (bien mieux que la vraie évidemment). Certes, les autres acteurs ressemblent physiquement aux personnages qu’ils jouent. Mais à force de vouloir imiter les uns ou les autres, ils tombent dans la caricature navrante. Le meilleur (pire ?) exemple est leur diction : ils parlent tous sur le même ton, comme si les politiques parlaient dans la vie quotidienne comme sur un plateau télé. Bref, hormis les deux caractères principaux, les autres rôles ne sont pas transcendants.

Il n’y a donc pas grand-chose qui sauve le film. Un conseil : ne le regardez pas avant avril 2012, histoire de ne pas être influencé par des sentiments tout à fait irrationnels lorsque vous serez dans l’isoloir !

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