L’âge de raison : Critique

L'âge de raisonJe le savais avant d’entrer dans la salle : L’âge de raison n’allait pas être le film de l’année. Je m’attendais à un petit film gentillet, attendrissant et touchant, porté par Sophie Marceau, vraisemblablement à bout de bras. J’avais raison sur un seul point : ce n’est pas le film de l’année. Pour être plus précis, c’est un navet en bonne et due forme.

Quelle déception ! Rien ne sauve le film. Peut-être un plan sur la fin du film, où l’on voit une magnifique vallée, et une rivière entre les montagnes. Mais une seule image en une heure et demie, c’est pauvre quand même !

Première déception : le scénario. On n’y croit pas une seule minute ! On n’est pas transporté à un seul moment du film ! Quel bâclage… Pour ceux qui n’ont pas entendu parler du film, c’est l’histoire d’une femme « moderne » (la femme moderne étant, dans le cinéma français et américain, la femme PDG ou quasi, très active et surbookée) qui reçoit, le jour de son anniversaire, une lettre qu’elle s’était écrite lorsqu’elle avait sept ans. Puis une autre. Puis une autre. Et ainsi de suite. Elle redécouvre ainsi une enfance qu’elle avait refoulée, et confronte la femme qu’elle est devenue à celle qu’elle rêvait d’être.

Le thème est traité de manière tout à fait niaise et ridicule. Le dénouement est grotesque, les symboliques dépassées (la femme qui creuse dans un puit pour retrouver un trésor d’enfance, plus gros sabots tu meurs !), l’histoire n’est absolument pas construite. On passe en coup de vent sur les moments importants pour s’attarder sur les clichés ridicules.

L’autre grosse déception vient des acteurs. A part peut-être Michel Duchaussoy, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Marceau, Csokas, Zaccaï : même eux n’y croient pas. Ils récitent leur texte sans y mettre la moindre émotion. Les larmes de Sophie Marceau viennent à contretemps. Le jeu franco-anglais de Marton Csokas est un cheveu sur cette soupe cinématographique, donnant lieu à un jeu ennuyant entre les deux personnages principaux. Quant au roi Philippe de Ridley Scott, son rôle était bâclé ; ce n’est donc peut-être pas de sa faute. Le pire étant peut-être le frère (adulte) de Margaret/Marguerite, et son fils. Quelle horreur !

A la décharge des acteurs, ils n’ont pas non plus été servis par les dialogues. Absolument pas naturels, ils transforment les moments qui auraient dus être chargés émotionnellement en moments gênants (« awkward », comme ils disent là-bas), qui mettent le spectateur mal à l’aise.

Rien à sauver ici. Passez votre chemin !

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