L’amour dure trois ans : Critique

L'amour dure trois ansFrédéric Beigbeder est de retour, pour ce qui est annoncé comme « son meilleur film » : L’amour dure trois ans, adaptation au cinéma de son roman du même nom.

Sous ce titre qui fleure bon le cinéma français se cache l’histoire d’amour entre Marc Marronnier, écrivain en herbe (comprendre « Frédéric Beigbeder jeune »), et Alice, la femme d’Antoine Marronnier (cousin du premier). Et, entre eux deux, un livre : « L’amour dure trois ans », qui va tout compliquer.

L’affiche l’annonce en toutes lettres : « le meilleur film de Frédéric Beigbeder ». Note à l’usage des non-connaisseurs : L’amour dure trois ans est le seul et unique film de l’auteur mondain. Deux interprétations s’imposent : soit les producteurs ont tenté le coup de bluff, et prennent les spectateurs pour des pigeons (© Xavier Niel 2012), soit ils prennent Frédéric Beigbeder pour ce qu’il n’est pas, à savoir un auteur si talentueux que son parcours est connu dans chaque chaumière de France. Je ne trancherai pas ; le doute m’habite.

Le ton du film est donné d’entrée. Le réalisateur a décidé de s’affranchir du cadre cinématographique traditionnel : il fait communiquer ses personnages avec le public, de manière à ajouter un peu d’authenticité à cette histoire pourtant « presque » vraie. Ce sera d’ailleurs une constante : le film parle d’une histoire « normale », de personnages « normaux », et le spectateur a l’obligation de se retrouver dans l’un d’entre eux.

Malheureusement, la frontière entre normalité et banalité est mince, et le film la franchit allègrement. Le meilleur exemple est Gaspard Proust, campant le personnage principal. A force de se donner toute la peine du monde à mal jouer, il finit par nous faire douter. L’effet est-il vraiment voulu ? Je lui laisse le bénéfice du doute : de manière générale, Marc Marronnier est quelqu’un de tout à fait banal, pas du tout attirant, aux accents plutôt antipathiques, à tel point que l’on pourrait presque y déceler un problème de confiance en soi chez le réalisateur (pourtant connu pour, justement, ça trop grande estime de lui-même). Il ne sert au final qu’à mettre en valeur Louise Bourgoin, qui paraît de fait sublime malgré une superficialité certaine. Le reste du casting donne l’impression d’une bande de potes qui tournent ensemble.

Vous l’aurez compris, L’amour dure trois ans est un film relativement mauvais, qui ne restera absolument pas dans l’histoire. Et pourtant, et pourtant… Est-ce son envie de faire s’identifier les spectateurs aux personnages, ou mon côté fleur bleue sur-développé ? Mais il ne m’a pas laissé de marbre, et m’a laissé songeur dès la fin du générique. Peut-être n’était-ce qu’un moment d’égarement ; aussi je ne conseillerai à personne d’aller le voir, vu la mince probabilité d’en retirer un bon moment.

Note du film :  ★½☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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