Martha Marcy May Marlene : Critique

Martha Marcy May MarleneDes soeurs Olsen, elle est la moins connue. Elizabeth (Olsen, donc) a choisi de suivre un chemin aux antipodes de ses deux soeurs (les jumelles Mary-Kate et Ashley). Alors que les premières enchaîn(ai)ent les performances lobotomisantes, leur benjamine est à l’affiche de Martha Marcy May Marlene, un thriller psychologique.

Le film aux quatre M retrace l’histoire de Martha, une jeune femme qui s’échappe d’une communauté aux forts accents sectaires, pour retourner dans sa famille (qui se résume à sa soeur et son beau-frère). Son retour à la réalité sera semé d’embûches : son expérience l’a profondément choquée, la plongeant dans une incessante paranoïa, et l’amène à placer des barrières entre elle et ceux qui cherchent à l’aider.

Tout comme Shame, le mérite principal de Martha Marcy May Marlene est de nous faire ressentir et comprendre l’état d’esprit d’une personne souffrant d’un trouble psychologique que le spectateur moyen a la chance de ne pas connaître. Si dans le premier, nous pénétrions dans la tête d’un addict sexuel, nous découvrons ici l’emprise que peut avoir un leader charismatique de secte sur une âme plus faible.

Sans bon sentiment, apitoiement ou fausse pudeur, le réalisateur nous montre le cheminement de Martha : comment l’ambiance de la communauté la met à l’aise et la rassure, comment elle est amenée à accepter une soumission totale au leader, comment elle se retrouve petit à petit piégée, et amenée à piéger à son tour d’autres nouvelles recrues. Jusqu’à sa fuite.

Malheureusement, le film s’arrête là. Le spectateur a l’impression d’assister à la projection d’un reportage ou documentaire. On est bien loin d’un véritable thriller psychologique. La plus grosse déception vient en particulier de Patrick, le leader de la secte, qu’on nous annonçait sombre et terrifiant. Au final, nous ne savons même pas s’il est vraiment conscient de manipuler les autres, ou s’il est juste un peu simplet (et très dangereux !).

Côté acteur, je ne reviendrai donc que sur Elizabeth Olsen, puisqu’elle est quasiment personnage unique du film (vu la transparence des autres). L’actrice principale réussit parfaitement à faire oublier son patronyme encombrant. Certes, elle en garde par moment un côté tête-à-claque, mais c’est le personnage plus que l’actrice qui donne ce sentiment. Elizabeth est au final très rafraîchissante (ce qui allège d’ailleurs peut-être l’atmosphère du film), et ce d’autant plus qu’elle n’est pas une bimbo au corps de rêve comme on a l’habitude d’en voir à chaque coin d’écran de cinéma. Le fait de ne pas avoir une femme d’une beauté exceptionnelle en face de soi humanise l’histoire, et la rend à la fois plus réaliste et (donc) marquante.

En conclusion, Martha Marcy May Marlene est un bon documentaire, qui a l’avantage de faire pénétrer le spectateur dans la tête d’une victime de secte. Mais cela reste un peu juste pour en faire un bon film ; gageons qu’Elizabeth Olsen fera mieux à l’avenir.

Merci à Allociné et au club 300 pour cette avant-première !

Note du film :  ★★½☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
[?]