Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du monde : Critique

Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du mondeJe parlais des titres à rallonge du cinéma français. Avec Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du monde, même réparti sur plusieurs lignes sur l’affiche, on est pas loin d’un record !

Michel Ganiant, comme son nom l’indique, est un homme à qui tout réussit. Affaires, amours, familles, le milliardaire est le stéréotype du goldenboy à la française. Avec évidemment une bonne dose de requin caché derrière ce sourire affable. Joseph Klein, un journaliste gauchiste, sorte de copie Michael Moore, décide de consacrer son film au milliardaire, au moment où celui-ci décide de racheter la compagnie de son rival.

La crise, source inépuisable de scénarios en France. Erreur de la banque en votre faveur, Krach, j’en passe et des meilleurs, et maintenant Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du monde. Après « les banquiers sont tous des pourris », « les patrons sont tous des salauds ». Je ne dis pas que je suis pas d’accord, mais au cinéma ça peut donner des navets (kikoo Krach). Heureusement, ici on est plus près de Erreur de la banque en votre faveur.

MMMM (je vais abréger le nom du film comme ça, gain d’énergie et de place !) est vraiment amusant. Pas de fou rire au programme, mais une bonne humeur générale, quelques éclats de rire, un bon moment à passer. François-Xavier Demaison interprète le cliché du grand méchant patron de manière magistrale, illustrant à merveille le « bling-bling » qui était dans l’air du temps il y a 2 ou 3 ans. Impossible de ne pas penser à Jean-Marie Messier quand on voit le film (même si son histoire date d’un peu avant). Laurent Lafitte (Les petits mouchoirs) est quant à lui comme dans le dernier Guillaume Canet : médiocre. Heureusement, son personnage est très secondaire. Les autres personnages secondaires sont en revanche très bons : Xavier de Guillebon (le médecin de L’Auberge Espagnole), Guy Bedos, Patrick Bouchitey et Alain Doutey s’en sortent avec les honneurs.

Le seul côté décevant du film est donc l’acteur, le rôle et l’histoire de Joseph Klein. N’est pas Michael Moore qui veut, et le réalisateur n’arrive pas à la cheville de l’américain. Résultat, le reportage de Klein n’est pas aussi incisif qu’un Bowling for Columbia par exemple, et se contente de filmer le quotidien de Michel Ganiant. Alors certes cela met en valeur le rôle de FX Demaison, ce qui est une bonne chose, mais laisse toute une partie du scénario dans l’ombre.

Je m’attendais à bien pire pour MMMM. Est-ce une raison suffisante pour aller le voir, peut-être pas, mais si vous cherchez à passer un moment divertissant au cinéma, c’est la meilleure solution de la semaine !

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