Starbuck : Critique

StarbuckLe cinéma québécois a une saveur que le cinéma US ou français n’a pas. Est-ce le côté sirop d’érable, ou caribou ? (bouuuuh les clichés !) Toujours est-il que les films qui ont le privilège de traverser l’Atlantique sont souvent très bien, voire excellents. Je pense évidemment à Le Déclin de l’Empire Américain, et surtout, surtout, sa suite excellentissime Les Invasions Barbares. Même dans Café de Flore, film franco-québécois, la partie québécoise est très bonne (contrairement à la partie française, extrêmement mauvaise). Malheureusement, le problème est que ces films sont assez rares (même si j’imagine qu’il doit y avoir des salles spécialisées).

Or, il se trouve que le film Starbuck est actuellement dans les salles – non spécialisées (comprendre : l’UGC la Défense notamment !). Profitons-en ! D’autant qu’il est encore assez réussi, même s’il n’atteint pas le niveau du chef d’oeuvre précédemment cité.

Starbuck retrace l’histoire de David Wosniak, un loser (avé l’accent) au grand coeur. Toujours en galère, il trimballe sa vie entre la boucherie de son père et chez lui, où des mafiosos l’attendent une fois sur deux, recouvrement de dettes oblige. Attend-il de toucher le fond pour donner une talonnade et remonter à la surface ? Quoi qu’il en soit, le fond va justement être atteint lorsque la banque de sperme dont il est client régulier lui indique qu’ils ont distribué par erreur sa « production » à très grande échelle. Et qu’il est donc le géniteur de 533 enfants, dont une grande partie souhaitent connaître son identité.

Dire que le scénario est original est un euphémisme. Il s’agit de la grande force du film, d’autant que le sujet n’est pas traité à l’américaine. Comprendre : à travers une comédie-road-movie grasse à tendance beauf. Starbuck jongle avec les situations embarrassantes, amusantes, émouvantes. Certes, les situations des différents enfants sont relativement clichés (la junkie, l’handicapé, le gay, etc.). Mais ces clichés ne sont pas insistants, et pris avec légèreté.

Les acteurs sont évidemment inconnus de ce côté-ci de l’océan, mais sont de manière générale assez bons. Et, surtout, surtout – et c’est peut-être ça qui fait le principal charme des films québécois, ils ont … l’accent  ! A tel point que certaines répliques doivent être sous-titrées. Mais l’accent québécois est chantant et sympathique, ce qui donne une saveur particulière au film. Certes, ils n’y sont pour rien. Certes, c’est – encore – cliché. Mais impossible de ne pas le mentionner tant ça ajoute à l’ambiance.

La seule question est : vaut-il la peine d’aller voir Starbuck au cinéma ? La réponse est sans doute non. Sous réserve d’avoir une carte illimitée, autant attendre de le voir sur son petit écran. En mettant le son à fond évidemment !

Note du film :  ★★★½☆ 

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