Adrien Brody Archive

Detachment : Critique

DetachmentAllociné organisait début janvier une projection privée de Detachment pour le club 300. Le film sortira le 1er février prochain dans les salles.

Synopsis : Henry Barthes, professeur remplaçant talentueux, débarque dans un lycée difficile pour trois semaines. Il va être confronté à l’instabilité de ses élèves, aux difficultés des professeurs, et à la fragilité d’une adolescente orpheline. Tout cela va lui permettre de se « détacher » de ses problèmes personnels, et de s’oublier en apportant son aide aux autres. A moins que ça ne soit le contraire…

Reprise des projections privées d’Allociné en janvier, avec le nouveau film de Tony Kaye (American History X), starring Adrien Brody (Le pianiste). En attendant le début du film, nous avons tous parcouru le dossier de presse reçu pour l’occasion, comprenant notamment l’interview du réalisateur :

« Pour moi, DETACHMENT est l’histoire d’un homme qui est perdu et qui souffre, qui essaie de fuir les vrais problèmes de son existence en se perdant dans la moralité des voix dans sa tête, des vraies, des voix de Dieu et des voix du diable. Il fuit constamment la vérité. Il est sous un immense rideau noir qu’il ne voit pas. Ce rideau est son ego. » – Tony Kaye, réalisateur.

Que dire… Soit je n’ai pas compris le film, soit c’est complètement raté. Pas le film, qui est assez émouvant et se laisse regarder avec plaisir jusqu’au générique de fin. Mais on passe totalement à côté de l’effet mentionné par Tony Kaye.

Au contraire, on retrouve un personnage principal qui n’a pas d’ego, en tout cas pas d’ego déplacé, qui ne se perd pas tant que ça, et qui ne fuit pas la vérité. Au contraire, il en a conscience du début à la fin, et reste très lucide face au monde réel ; que ce soit dans sa relation avec la jeune prostituée, qu’il va essayer d’aider et de faire redescendre sur terre (on pourrait presque dire « remonter »), ou dans celle avec ses élèves. Alors que de nombreux professeurs jetteraient l’éponge face à l’agressivité de ces derniers, il arrive à les prendre en main calmement, de manière très pragmatique.

Pour en revenir au film en lui-même, il est assez captivant une fois qu’on a réussi à rentrer dedans (ce qui prend environ 5 minutes) ; on ressent beaucoup de choses, grâce à un crescendo émotionnel tout au long de l’histoire. Malheureusement, alors qu’on s’attend à un grand final, digne justement de ce crescendo, la fin fait pschitt. Immense déception ! L’arrivée du générique de fin réussit à elle seule à gâcher le reste du film. De quasi chef-d’œuvre, on passe à un film sans grand intérêt.

C’est d’autant plus dommage qu’Adrien Brody est remarquable, et continue de nous prouver son talent (après sa performance magistrale dans Le Pianiste, et celle suprenante de Minuit à Paris). Et qu’il est secondé par de nombreux acteurs intéressants, au premier rang desquels Sami Gayle (dont c’était le 16ème anniversaire dimanche 22 janvier).

Note du film :  ★★☆☆☆ 

Vous trouverez ci-dessous la bande annonce disponible sur Allociné :

Rating 3.00 out of 5
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Midnight in Paris : Critique

Midnight in ParisIl avait provoqué le buzz il y a un an, avec l’annonce de la présence de Carla Bruni dans le casting : Midnight in Paris (Minuit à Paris en VF), le dernier Woody Allen, est sorti le 11 mai dernier.

L’histoire du film prend place à … Paris évidemment, où un couple de jeunes américains, Gil et Inez, vient préparer son mariage an compagnie des parents de la fiancée. Gil, incurable romantique, est un inconditionnel de la ville, ce qui ne manque pas d’irriter Inez, et ses parents. Alors que le fossé se creuse entre eux, notamment avec l’aide d’un ex d’Inez, Gil prend, aux 12 coups de minuit, un taxi qui va l’amener dans le Paris des années 20.

Un scénario original, voilà le principal trait caractéristique du nouveau Woody Allen. Je ne connaissais pas le thème du film avant de le voir, et, alors que le début du film laisse présager une nouvelle comédie romantique un peu plan-plan, le premier « voyage » de Gil m’a pris totalement à contrepied. La suite est également déroutante, puisqu’il se passe un moment avant que l’on sache si on est dans le rêve ou la réalité.

La deuxième force de Midnight in Paris est ses personnages. Du doux rêveur à ses différentes « rencontres », les personnages sont touchants, amusants, émouvants… Certes, les acteurs y sont pour beaucoup. Owen Wilson pour commencer, avec un rôle qui semble le suivre d’un film sur l’autre (grosso modo celui qu’il avait dans Marley & Moi). Rachel McAdams occupe quant à elle le rôle de la (très) jolie blonde, un incontournable des Woody Allen (hi Scarlett !). Quant aux personnages secondaires, ils sont bien souvent tordants, à l’image de Gad Elmaleh évidemment (facile pour lui, dès qu’on le voit à l’écran la salle est pliée en deux… Réflexe conditionné ?), d’Adrien Brody (Le Pianiste), ou Corey Stoll. Marion Cotillard quant à elle s’inscrit définitivement en « fantasme américain de la femme française ».

Midnight in Paris n’a malheureusement pas que des forces. A commencer par la carte postale de 5 minutes qui lui tient lieu de générique… J’ai hésité à quitter la salle à force d’attendre le début du film ; et encore, j’aime beaucoup Paris. Heureusement, on enchaîne directement avec une première scène à Giverny, ce qui rehausse le niveau ! Et qui nous montre d’ailleurs qu’Owen Wilson aime les excès de vitesse, puisqu’il se retrouve en plein coeur de Paris 30 minutes après !

Le plus gros défaut de ce film, selon moi, a un nom : Carla Bruni-Sarkozy ! Certes, elle est belle notre première dame, très belle même. Mais qu’elle joue mal ! J’en avais mal au ventre pour elle : c’est tout bonnement une catastrophe. C’est très décevant de la part de Woody Allen, qui a apparemment préféré faire le buzz plutôt que prendre une vraie actrice. Etait-ce une condition pour qu’il bénéficie du « crédit d’impôt international » du CNC ?

A part ces deux écueils, Midnight in Paris est un film mignon, à mi-chemin entre les deux définitions du terme « romantique ». Par contre, vu les réactions des spectateurs, le film a l’air assez clivant : de nombreuses personnes autour de moi n’ont pas accroché, et ont trouvé le film mauvais. Personnellement, j’ai trouvé Match Point mauvais, là ce n’était pas le cas !

Rating 3.67 out of 5
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