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Last Night : Critique

Last NightCa faisait longtemps que je n’avais pas parlé comédie romantique… Ca tombe bien : je suis allé hier voir Last Night, premier film de Massy Tadjedin, scénariste (et maintenant réalisatrice) iranienne.

L’histoire : Joanna et Michael Reed vivent un mariage tranquille à New-York. Peut-être trop tranquille d’ailleurs. Un soir, Joanna découvre une collègue de Michael, Laura, avec qui il entretient des liens ambigües. Après avoir surmonté une mini-crise, le couple va être confronté à la tentation de l’adultère, chacun à sa façon, l’un avec sa collègue, l’autre avec Alex, son ancien amant.

Trompera, trompera pas ? C’est la grande question du film. Comme ça, ça peut paraître assez mince comme intrigue. Mais, peut-être est-ce mon côté fleur bleue, j’ai trouvé que la problématique de l’adultère était ici relativement bien traité. Certes, on n’est pas au niveau de Closer : Entre adultes consentants, mais ce qui nous intéressait alors était comment faire vivre un « vrai » quatuor amoureux. Ici, à travers les histoires parallèles de Joanna et Michael, M. Tadjedin traite la tentation sous deux angles différents. Et pose la question, finalement primordiale : jusqu’où peut-on aller dans ce schéma de séduction avant qu’il soit trop tard ? Quel est ce moment où il faut être suffisamment fort pour dire « non » ? A cette question, le film en ajoute après coup deux autres : qu’est-ce que « tromper » quelqu’un ? (non on est loin du « s…., c’est tromper ? » !) Et vaut-il mieux succomber à la tentation ou vivre sa vie avec le regret de ne pas l’avoir fait ?

Last Night : Sam Worthington et Eva MendesComme dans Closer, Last Night met en scène quatre acteurs de renom. Keira Knightley (Pirates des Caraïbes) et Sam Worthington (Avatar) dans les rôles principaux, Guillaume Canet (Joyeux Noël, Jeux d’enfants, Vidocq, etc.) et Eva Mendes (Hitch, La nuit nous appartient…) dans les rôles secondaires. J’ai bien dit « de renom », pas forcément « talentueux ». Certes, Guillaume Canet est bon, et je ne dis pas ça par chauvinisme, mais il faut avouer que ce garçon, du talent, il en a. Et pas seulement en tant qu’acteur ! Ensuite vient Keira Knightley. Si je n’aime pas la façon dont elle joue, il faut bien reconnaître qu’elle a dans ce film du courage : on voit ici que sans maquillage, elle est totalement quelconque, alors qu’elle rejoint le top de Maxim, FHM, etc. sinon. Eva Mendes, c’est un peu différent : c’est typiquement le cas de l’actrice qui subit son physique « hors norme ». Elle peut essayer n’importe quoi, au moment de tourner, elle est sûre que le réalisateur préfèrera nous montrer ses seins et ses fesses que ses états d’âme. Alors je lui accorde le bénéfice du doute : peut-être qu’en plus d’être une actrice « bonne », elle est une bonne actrice. Et pour finir, Sam Worthington. Lui, on repassera. Dans le genre « mono-expression », après Matt Damon et le Maître du genre Keanu Reeves, il vient compléter le podium à merveille. Encore quelques films avec cette tête-là et il pourra prétendre à la première place !

Last Night : Keira Knightley et Guillaume CanetAu niveau réalisation, il y a certaines choses que je n’ai pas comprises. J’ai eu l’impression qu’on passait à côté de quelque chose, qu’on voulait nous faire ressentir de l’empathie pour les deux personnages secondaires, mais c’est raté. Au début, le personnage de Guillaume Canet est touchant, et on se dit que ça a marché. Mais il devient rapidement antipathique. Pour Eva Mendes, c’est l’inverse. Je pense que M. Tadjedin aurait mieux atteint son but en nous faisant ressentir ce que ressentent les personnes principaux, à savoir une tentation permanente. Mais la vraie faute que la réalisatrice commet, c’est la toute fin du film. Je ne spoilerai pas, promis, mais la dernière demi-seconde du film est une grossière erreur je pense. Le premier devoir du scénariste, à mon sens, est de prendre ses responsabilités, et de faire des choix. A part dans certains cas très précis (comme dans Inception par exemple), il peut se permettre de laisser le spectateur le faire à sa place. Mais ici, il n’a juste pas fait son boulot. En ne choisissant pas ce que dit Joanna, il tue la fin du film. Alors qu’elle n’était même pas obligée de parler ! (oui ça commence à être technique, et il faut voir le film pour comprendre)

Last Night, un film à aller voir si vous aimez les films sentimentaux au premier sens du terme, c’est-à-dire non pas les films clichés à l’eau de rose, mais ceux qui réfléchissent vraiment aux sentiments des personnages.

Rating 4.33 out of 5
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Breaking Bad au Club de l’Etoile : Critique

Breanking BadJ’ai eu la chance, samedi dernier, de faire partie des invités à la première ouverture au public d’une salle mythique, le Club de l’Etoile à Paris.

Nous avons été accueillis par Philippe Paquot, le gérant de la salle, qui a retracé pour nous l’historique du Club. Salle centenaire, elle est pourtant depuis plusieurs années à la pointe de la technologie. Jusqu’à la semaine dernière, elle était exclusivement occupée par des professionnels, et notamment par les projections des premières images de nombreux films. Philippe Paquot citera l’exemple d’Avatar, dont les premières images en 3D furent présentés en France dans sa salle.

Et effectivement, la salle sort de l’ordinaire. Un mélange ancien / high-tech inédit : le lieu est intime, et donne une saveur particulière au film projeté (rien à voir avec les salles gigantesques des multiplexes, dont je suis par ailleurs très friand !). Pour vous donner un petit aperçu de la salle, c’est ci-dessous, et sur le site officiel :

Club de l'Etoile

Nous y étions invités pour assister à la projection des deux premiers épisodes de Breaking Bad, série diffusée sur Arte à partir du 09 octobre si mes souvenirs sont exacts. L’idée est excellente : le Club de l’Etoile a choisi de se différencier en proposant des séries, des concerts en direct, etc. En résumé, tout ce que j’ai toujours rêvé pour mon futur hypothétique cinéma ! J’en profite pour vous donner le planning des futures séances publiques pour octobre :

Jeudi 07 et vendredi 08 : projection du concert mythique des Rolling Stones « Ladies & Gentlemen… The Rolling Stones ! »

Samedi 09 : Opéra en direct du Metropolitan Opera à New York « L’Or du Rhin »

Vendredi 15 : Ecoute d’une fiction radio « Comme un pied »

Samedi 16 : Projection de courts métrages

Samedi 23 : Opéra en direct du Metropolitan Opera à New York « Boris Godounov »

Plus d’infos sur cette salle : http://www.clubdeletoile.fr

Parlons maintenant de la série… Breaking Bad est l’histoire d’un prix Nobel de chimie. L’originalité réside dans le fait que l’histoire racontée n’a pas lieu avant le prix, mais quelques années après. On retrouve donc le chimiste en galère, qui peine à boucler ses fins de mois, confronté à la « vraie vie ». Et qui décide de « devenir mauvais » (d’où le titre), à savoir de se mettre à fabriquer des méthamphétamines. Evidemment, ne s’improvise pas baron de la drogue qui veut, et tout commence à partir de travers.

Les deux premiers épisodes sont prometteurs. De l’humour corrosif, quelques scènes trashs, le tout saupoudré d’un peu de jargon scientifico-scientifique à la Big Bang Theory (mais la comparaison s’arrêtera là !)… J’en suis personnellement ressorti avec le sourire aux lèvres ! Attention, âmes très sensibles s’abstenir, puisqu’on y voit des scènes relativement gores (à coups de restes humains et de sang partout !). Mais même sans être amateur de ce genre de scène (Dieu sait que je ne le suis pas), la série reste sympathique !

A découvrir d’urgence donc, sur Arte de préférence (ben oui quand même, c’est eux qui nous ont invités :D ) !

Rating 3.00 out of 5
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La 3D-mania : pourquoi ?!?

La 3D3D par ci, 3D par là, tout le monde n’a plus que ce « mot » à la bouche… Mais, au fait, ça apporte quoi, la 3D au cinéma ?

Petit historique [mode papy : ON]

Souvenez-vous les enfants… A la fin du XXè siècle, tous les cinémas passaient des films plats, en 2D. Les films d’animation émergeaient tous juste, et on se contentait de « dessins animés ». Pas d’effet de volume.

Et puis, de temps en temps, on allait au Futuroscope ou à Eurodisney (et non Disneyland Paris). Là, on faisait la queue pendant des heures pour pouvoir profiter d’un film en 3D qui durait une poignée de minutes. Rappelez-vous la magie de ces instants, les étincelles dans les yeux des enfants, l’excitation croissante au fur et à mesure que l’on avançait dans les serpentins… C’était avant le drame.

Avec l’arrivée du XXIème siècle, les salles de cinéma se modernisent. En s’équipant en matériel numérique, les complexes ouvrent leurs portes à la 3D. Les premiers films ne connaissent pas un succès fou. C’est alors que sort Avatar. C’est la révolution, tout le monde redécouvre la 3D. Les lunettes de trois kilos cinq deviennent hyper tendance. En 2010, pas un mercredi ne se passe sans qu’il y ait une sortie 3D (ou presque). Pour quoi ?

L’immersion du spectateur

Le plus grand argument des industriels de la 3D est qu’elle permet une meilleure immersion du spectateur. Certes. Mais ne s’agit-il pas plutôt d’une facilité donnée au réalisateur pour faire entrer le spectateur dans le film physiquement lorsqu’il n’y arrive pas mentalement ?

On connaît tous les films desquels on ressort un peu perdus… Personnellement je citerais Gladiator, qui m’avait marqué, ou la saga du Seigneur des Anneaux. Il s’agit de films dans lesquels on entre entièrement, dans lesquels on perd totalement la notion du temps et de l’espace. A tel point que, lorsque la lumière se rallume, on hésite : « où est le réel ? ». Et ce, sans 3D. En essayant de troubler le sens de la vue, les réalisateurs oublient que, ce qui importe avant tout, c’est de troubler notre imagination, notre esprit.

La perte de convivialité

L’intérêt du cinéma, selon moi, par rapport à la télé (hormis la taille de l’écran et des enceintes), c’est le « regarder ensemble ». A travers les rires, les sursauts, etc., le spectateur partage le film avec ceux qui l’entourent. En imposant des lunettes massives à tout le monde, la 3D casse cette dimension, et met physiquement des barrières entre les personnes.

On imagine facilement la suite de l’histoire. On commence par des lunettes 3D, et on enchaîne avec des lunettes qui permettent de passer le film en version panoramique pour encore mieux immerger (cf. ci-dessus !) le spectateur, puis on finit par des lunettes personnalisées qui passent le film que choisit le spectateur. Disconnecting people.

Soirée privée 3DEt je ne parle même pas des écrans 3D et des soirées télé… Faudra-t-il que chacun vienne avec ses lunettes lorsqu’est organisée une soirée DVD entre amis ? Ou alors que chacun achète une douzaine de paires ? Voir l’illustration du JournalDuGeek ci-contre.

Les vraies raisons

(NdA : J’aime bien ce titre, très presse à scandale)

Ceci nous amène à considérer les véritables raisons de l’intronisation massive de la 3D au cinéma : les sous.

On ne change pas un monde qui perd, les sous sont au cœur de toute l’histoire. Même si le marché du cinéma n’est pas en crise (contrairement à ce que tout le monde essaie de nous faire croire), pas plus que l’industrie des concerts, les industriels sont toujours à la recherche du profit maximum. Comment relancer massivement les investissements dans le secteur ? En changeant de technologie bien sûr !

Ils avaient bien joué le coup avec l’histoire de la TNT, permettant à chaque famille de remplacer son poste de télévision trois fois, puis avec le 16/9è. On remet ça avec la 3D ! Dépensez, consommez…

La 3D du futur

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, la 3D en elle-même n’est pas forcément une mauvaise chose. Une œuvre peut être créée spécialement pour la 3D, et en tirer vraiment avantage. Je dis pas. Mais pas cette année ! Il faudra de nombreux progrès techniques avant qu’elle ne réponde à nos attentes. A savoir : que les écrans 3D soient autonomes bon sang !

Article librement inspiré de la critique de la 3D du blog JournalDuGeek

Rating 3.50 out of 5
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Toy Story 3 : Critique

Toy Story 3Le film qui a l’honneur d’étrenner mon blog est tout simplement le dernier que j’ai vu : il s’agit du troisième long métrage de Woody et Buzz, Toy Story 3.

Toy Story fait partie des films qui ont marqué la « Génération Minikeums« . En plus d’être techniquement impressionnant et scénaristiquement impeccable, le film a laissé derrière lui des répliques ancrées profondément dans la culture collective (même mon prof de physique lançait un « vers l’infini et l’au-delà ! » de temps en temps). Son seul défaut est d’être sorti un an après Le Roi Lion, qui éclipse dans l’affectif de ma génération l’immense majorité des dessins animés / films d’animations qui l’ont suivi.

Marketing et profit oblige, un deuxième épisode a suivi quelques années après (en 1999 précisément). Je ne vais pas m’étendre sur Toy Story 2, disons simplement que je l’ai trouvé très très moyen.

Petit saut dans le temps : nous voici en 2010, quinze ans après le premier volet. Et alors, finalement, ce Toy Story 3, il vaut quoi ? Et bien il vaut son pesant de cacahuètes ! Oui Madame ! Pixar nous signe-là un excellent film d’animation, mieux que le deuxième, voire peut-être même mieux que le premier.

Techniquement, la différence avec ses prédécesseurs vient évidemment principalement de la 3D. Avatar est passé par là ! Contrairement à un certain nombre de films (hi Alice in Wonderland), la 3D s’intègre parfaitement dans l’histoire ; on l’oublie. Et c’est bien ce qu’on lui demande, à la 3D ! Plus de poids des lunettes, plus de « tiens qu’est-ce que ça donne si je les enlève ? », plus rien, on entre totalement dans le film.

Côté sentiments, Pixar a respecté la recette : neuf dixièmes de rires, un dixième de larmes. L’humour était une marque de fabrique de Toy Story, on le retrouve, renouvelé. Et, sans vouloir spoiler, l’émotion est là également ; difficile d’être discret à la fin de la séance, en essayant de s’essuyer les yeux sous les lunettes 3D !

Et puis bon, il faut bien avouer que les acteurs sont excellents !

Rating 3.50 out of 5
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