Benoît Poelvoorde Archive

Mon pire cauchemar : Critique

Mon pire cauchemarDans la famille d’acteurs imprévisibles, je demande Benoît Poelvoorde. De manière générale, je le trouve très bon. Mais il est aussi capable de certaines « performances » insupportables, en en faisant beaucoup beaucoup trop (hi Franck Dubosc !). C’est donc prudemment que je suis allé voir son dernier film : Mon pire cauchemar.

Il y joue le rôle d’un père un peu simple, qui se démène pour réussir à donner à son fils (très doué) l’éducation qu’il mérite. Chômeur mais débrouillard, doté d’un humour gras, il fait irruption chez les parents d’un ami de son fils, qui sont eux extrêmement riches (mais dont le fils n’est pas brillant). Et joue chez eux le rôle d’une tornade qui va tout bousculer sur son passage.

Vous l’aurez compris, le scénario est un cliché, cousu de fil blanc ; on sait évidemment ce qu’il va se passer à la fin du film. Mais ce n’est pas forcément pour cela qu’on va voir Mon pire cauchemar. On y va avant tout pour s’amuser. Et ça marche ! Certes, l’humour ne vole pas toujours très haut, mais j’ai souvent ri de bon coeur. Poelvoorde n’en fait pas trop, et c’est tant mieux.

Il faut dire aussi que ses deux partenaires à l’écran sont Isabelle Huppert et Andé Dussollier, excusez du peu. La première reste très belle – à presque 60 ans quand même, mais n’est pas à son meilleur niveau. Son sourire reste figé tout le long du film, dans une position très « botoxienne »… Mais on lui pardonne, son talent faisant le reste. Dussollier quant à lui joue très bien son rôle, celui d’un mari faible et transparent.

Une bonne comédie donc, qui fait passer le temps en attendant d’aller voir Intouchables (que je n’ai toujours pas vu, honte sur mon dos, c’est apparemment le film « must see » de cette année, un peu à la manière de Les Petits Mouchoirs l’an dernier… »).

Rating 3.00 out of 5
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Rien à déclarer : Critique

Rien à déclarerIl y a des soirs comme ça… On se motive pour aller voir Tron en 3D, en se disant qu’on va en prendre plein les yeux, et, une fois arrivé devant l’UGC La Défense, on voit qu’il ne reste que 25 places dans la salle 16. Inenvisageable ! Et on se retrouve donc à devoir choisir entre Au-delà, ou Rien à déclarer. Un film pas terrible amusant ou un film pas terrible tout court ? Nous avons donc choisi le nouveau Dany Boon.

Deux ans après Bienvenue chez les Ch’tis, Dany Boon nous livre un autre film bâti sur le même modèle : un choc des cultures entre les deux personnages principaux. Ruben Vandervoorde (Benoît Poelvoorde) est un douanier belge profondément francophobe. De l’autre côté de la frontière, son homologue français et ennemi de toujours, Mathias Ducatel (Dany Boon), subit ses frasques quotidiennes. Deux facteurs (pas les postiers) viennent compliquer le tout : Mathias sort en cachette avec la sœur de Ruben, et le traité de Maastricht va les obliger à former une unité de « douane volante » franco-belge.

Dany Boon reprend ici les principes qui ont fait le succès des Ch’tis : les clichés qu’ont les uns des autres et réciproquement, le comique de situation, l’accent grotesque, l’histoire d’amour, et évidemment les fonctionnaires. A partir de là, il y avait peu de chance d’obtenir un chef d’œuvre : on rigole rarement deux fois de suite des mêmes choses. D’autant que les sketchs sont beaucoup moins bons que dans « le premier ». Résultat : Rien à déclarer n’est pas bon. Je ne dis pas « mauvais », parce qu’on rigole quand même. Ca vaut largement un « Camping » par exemple, avec le côté beauf en moins. Mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. On s’y attendait.

Et contrairement à dans Bienvenue chez les Ch’tis, les acteurs sont moyens. Dany Boon reste fidèle à lui-même, mais son personnage est moins attachant. Et on finit par se lasser.  Benoît Poelvoorde, lui, c’est un cas à part. C’est typiquement le genre d’acteur que j’ai envie d’aimer. Ce boulimique de tournages (plus de 28 films en 10 ans) a un positionnement décalé : il apparaît dans les « suites » de cartons phénoménaux (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Bienvenue chez les Ch’tis), qui se révèlent être des navets, et dans lesquels il est le seul à tirer son épingle du jeu.  Deux possibilités : soit c’est un opportuniste talentueux, soit il choisit ses films pour pouvoir se faire mousser ! Les seconds rôles sont mitigés… François Damiens, fidèle à lui-même, est excellent. Un plaisir à chaque fois ! Bruno Lochet est lui méconnaissable, une vraie bonne surprise. Pour les autres, on repassera. Karin Viard d’abord, dont je n’aime pas particulièrement le jeu, Julie Bernard, très jolie mais qui hélas joue très mal, Laurent Gamelon, Bouli Lanners, personne de bien fameux.

Que dire de plus ? Le contexte est intéressant, mais l’histoire beaucoup moins. La mise en scène totalement transparente, et la musique pas top. Une comédie française ratable (pour ne pas dire ratée), rien de plus.

Rating 3.00 out of 5
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