Charles Berling Archive

Le Prénom : Critique

Le Prénom : AfficheChaque année, on a le droit à notre quota de films français mettant en scène un dîner entre famille/amis qui tourne plus ou moins mal. Et depuis 2009 et Le code a changé, on a Patrick Bruel dedans. Cette fois, il s’agit du film Le Prénom, adaptation de la pièce de théâtre éponyme.

L’avantage de ces films est que le scénario est relativement simple. Trois amis, Vincent, Pierre et Claude, organisent un dîner avec leurs conjointes respectives (pour les deux premiers). Petit à petit, l’ambiance va se dégrader, et faire exploser ce groupe d’amis. Dans Le Prénom, l’élément pertubateur est le suivant : Vincent leur annonce que sa femme et lui ont trouvé un prénom pour leur enfant. Un prénom qui va changer le cours de la soirée.

Tout d’abord, première remarque, je tire mon chapeau à l’équipe du film et aux spectateurs, qui ont en grande partie respecté le secret entourant le prénom que Patriiiick envisage de donner à son fils. Bon évidemment je ne suis pas allé fouiller partout sur le net pour le connaître (je suis d’ailleurs allé voir le film un peu par hasard), mais rien n’avait filtré, en dépit du battage médiatique autour du film ces dernières semaines. Si vous êtes sages, je vous le donnerai à la fin !

Pour le reste, le film est assez classique, et porte à chaque instant son historique de pièce de théâtre. Peut-être un peu trop d’ailleurs, car certaines scènes passent beaucoup moins bien que sur… scène justement. D’ailleurs, je n’ai pas vu la pièce, mais il me semble qu’il y a un énorme pompage de Art, de Yasmina Reza. Hormis la présence des épouses, on retrouve les trois amis, qui ont d’ailleurs exactement les mêmes profils (l’hyper-rationnel, le sensible un peu naïf, et le « compromis mou »). L’élément perturbateur est du même ordre d’idée, l’achat d’un tableau blanc d’une part, et le choix d’un prénom absurde d’autre part.  Il faut en fait attendre environ une heure pour que l’histoire ne s’écarte de celle d’Art.

Pas de surprise pour le reste ; on rigole assez souvent, certains passages sont plus chargés émotionnellement, le spectateur peut s’identifier à l’un et/ou l’autre des personnages, etc. Du classique, du grand classique même.  Les acteurs ne sont pas mauvais (quatre sur cinq sont les mêmes que dans la pièce : Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Guillaume de Tonquédec et Judith El Zein) ; le meilleur est paradoxalement le seul à ne pas être issu du théâtre, Charles Berling.

Pas la peine de dépenser son argent de poche pour aller voir ce film donc. Certes, le film divertit, mais il divertira tout autant lorsqu’il passera à la télévision, d’ici quelques temps !

Note du film :  ★★★☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
[?]

Krach : Critique

KrachHier soir avait lieu l’avant-première de Krach, en présence de son réalisateur Fabrice Genestal, à l’UGC Ciné Cité de la Défense.

Je dis bien « en présence de son réalisateur », bien que ça ne soit pas le terme « officiel » d’UGC. Pour UGC, c’est « en présence de l’équipe du film ». Alors évidemment, naïfs que nous sommes, nous nous attendions à voir Gilles Lellouche, Vahina Giocante, Michael Madsen et Charles Berling… Mais au bout d’une demie-heure d’attente, point d’acteur à l’horizon. Enfin c’était déjà sympa de la part de Fabrice Genestal d’être là.

Le problème des interviews lors des avant-premières à la Défense, c’est que le présentateur n’est pas très bon. Il pose en tout et pour tout 3 questions à chaque fois, ne creuse aucune réponse, et il faut avouer que sa voix grave et monotone endort. Malgré tout, j’ai réussi à lutter contre le sommeil, et à entendre les réponses du réalisateur.

Fabrice Genestal

Fabrice Genestal (sisi !)

Genestal a commencé par préciser que son scénario date d’avant la crise, et d’avant Jérôme Kerviel. Il fait bien de préciser, car l’histoire (inventée, donc) du trader nommé Erwan Kermor pouvait laisser penser le contraire. Tous les éléments de l’histoire sont donc fictifs. Son souhait a été de retranscrire l’ambiance du poste de trader, afin « d’éclairer le public ». Voilà ce que l’on peut retenir de cette interview. Ah et puis qu’il a réussi à piquer Michael Madsen à Quentin Tarantino grâce à une connaissance, qui connaît quelqu’un qui… qui connaît le directeur de casting de l’Américain. Et que du coup il aurait pu avoir encore plus de stars américaines, mais que des problèmes de coproduction l’en ont empêché. Voilà.

Bon le coup du « je voulais présenter un peu le monde de la finance, les grandes banques, etc., et je me suis concentré sur les traders », ça fait un peu marketing. Quoi de plus vendeur aujourd’hui que taper sur les traders qui manipulent des gros chiffres ? Je suis loin d’être contre leur taper dessus, comprenez-moi bien, mais autant admettre que c’est pour faire du business !

Puis vint l’heure de la projection. Et du générique le plus long de l’histoire ! (ou peut-être était-ce une impression due à l’attente que l’on avait subi auparavant ?) Il annonce la couleur : le film manque de rythme. Les longueurs sont légion, sans doute parce que le réalisateur a voulu donner une dimension plus naturelle et moins spectacle. Mais résultat, on s’ennuie sur toute la première partie du film.

Point de vue dramatique, Krach a également quelques lacunes. Le suspens n’est pas entretenu, la tension est mal gérée : pas de « crescendo » les amenant petit à petit, pas de cohérence globale, etc. On a un peu l’impression d’un film de 6h qui aurait été tronqué à la hache pour ramener la durée à 1h30.

Bon Krach n’est pas non plus un navet. Les acteurs se débrouillent plutôt bien, le fond est plutôt bien traité. Je regrette néanmoins que le sujet soit si bateau, vu et revu. Trader, avec Ewan McGregor, était bien meilleur (et il s’agissant en plus d’une histoire vraie !). En tant que film français, dont le réalisateur veut faire un moment pédagogique autant que divertissant, il aurait été intéressant de s’attarder plus sur les conséquences d’une chute de la Bourse de 20% sur l’économie réelle. Là, le spectateur est trop limité à la vision du trader, et ne prend pas conscience des décisions qui sont prises (ce que l’on reproche d’ailleurs au trader).

Malgré tout, ce qui est plutôt bien décrit dans le film, c’est l’impact de la confiance sur les marchés. [Attention petit spoil ;) ]

Afficher »

Lorsque le marché fait confiance à Kermor, les valeurs montent, et quand ce n’est plus le cas, elles s’effondrent. L’effet aurait été encore plus saisissant si la rumeur à l’origine de cette perte de confiance avait été fausse.

Pas la peine de se ruer sur Krach à sa sortie (le 1er septembre). Il est tout à fait possible d’attendre de le voir passer sur Ciné-dimanche, ou, mieux, de piquer le DVD à un ami !

Rating 3.00 out of 5
[?]