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Happiness Therapy : Critique

Happiness TherapyAlors que nous sommes en pleine saison des cérémonies américaines, entre les Golden Globes et les Oscars, un film à récompenses sort la semaine prochaine dans les salles obscures : Happiness Therapy (Silver Linings Playbook en VO), de David O. Russell.

La vie n’a pas été facile pour Pat. Il a perdu son travail, sa maison, et, surtout, sa femme, Nikki. Un séjour en hôpital psychiatrique lui apprend néanmoins à prendre les choses du bon côté. Remonté à bloc, il va tout faire pour essayer de s’en sortir, et tenter de reconquérir Nikki. Ses aventures l’amènent à rencontrer Tiffany, une jeune femme au moins aussi paumée que lui.

Je n’ai jamais été fan des films mettant en scène des personnages complètement barrés, partant dans tous les sens. Hapiness Therapy a donc été une très bonne surprise ! Découvert lors d’une projection privée organisée par Allociné, ce film est une perle rafraîchissante. L’optimisme déterminé de Pat donne la pêche aux spectateurs, tandis que les répliques caustiques et teintées d’humour noir de Tiffany la rendent très attachante.

Les deux principaux acteurs sont très bons, à commencer par Bradley Cooper (mais on commence à avoir l’habitude), qui joue un rôle à l’opposé du beau gosse de Very Bad Trip qui l’ a fait connaître. Jennifer Lawrence, elle, fait oublier sa « performance » dans Hunger Games, et l’on découvre que, miracle, elle peut mettre de l’émotion dans son jeu ! Très bonne surprise ! Je dois également citer Robert de Niro, qui assume dans ce film son statut de papy un peu grognon (et surtout très superstitieux), et évidemment l’énorme Chris Tucker, LE Ruby Rhod du Cinquième élément (et accessoirement l’acolyte de Jackie Chan dans les Rush Hour). Avec deux films à sont actif en dix ans, il ne faut pas le rater, d’autant qu’il est encore une fois excellent.

Happiness Therapy est donc l’une des bonnes surprises de ce début 2013, qui commence sur les chapeaux de roue ! Et pour ceux que les récompenses intéressent, sachez que le film a déjà reçu un Golden Globes (Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie pour Jennifer Lawrence), et qu’il est nominé à huit reprises pour les Oscars (dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice… Excusez du peu !).

Rating 3.00 out of 5
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Taken 2 – Bourne Legacy 0 : Critiques

Affiches Bourne Legacy Taken 2En ce début d’automne froid et pluvieux, rien de tel que deux heures passées à la chaleur des salles obscures en regardant le dernier film d’action à la mode… Mais avant de profiter douillettement du confort recherché, une ultime épreuve attend le spectateur : Bourne Legacy ou Taken 2 ?

Le premier, Jason Bourne : L’Héritage en français, est le quatrième opus de la série des La *** dans la peau (remplacer *** par Mémoire, Mort ou Vengeance). Particularité du film : on ne retrouve pas ledit Jason Bourne (Matt Damon), mais Aaron Cross, incarné par Jeremy Renner. Ce dernier fait partie d’un programme équivalent à celui de Jason Bourne : des agents au physique surdéveloppés pour mener des missions très spéciales. Mais les fuites organisées par le précédent héros vont pousser la CIA à arrêter le programme en catastrophe, et à essayer de supprimer Cross.

Taken 2, lui, prend la suite d’un premier film dans lequel la fille de Bryan Mills (Liam Neeson), ancien agent secret, était enlevée à Paris. Son père se lançait alors à sa recherche, en détruisant tout ce qui se trouvait sur son passage. Dans ce nouveau film, les familles de ses anciens ennemis cherchent à venger leurs morts. Ils s’en prennent donc à Bryan, mais également à sa femme et à sa fille (encore !).

Originellement, ces films suivaient des chemins assez différents. La trilogie Bourne relevait plus du film d’espionnage (dans l’esprit de XIII), quand Taken assumait un côté action / violence omniprésent. Cette tendance s’efface dans les deux derniers films : Bourne Legacy tend vers plus d’action et moins de réflexion, Taken 2 poursuit sur sa lancée (mais peut-être de façon moins tranchée).

A ce jeu-là, comme le dit la sagesse populaire, l’original est toujours mieux que la copie. De fait, le résultat est bien meilleur dans le nouveau film de Besson/Megaton que dans dans celui de Gilroy.

Les scénarios, pourtant, laissent penser le contraire. Celui de Taken 2 est très simple (iste ?), et ressemble énormément à celui du premier (qui n’était déjà pas compliqué). Remplacez simplement Paris par Istanbul. Mais celui de Bourne Legacy est extrêmement mal traité (au niveau réalisation), ce qui le gâche complètement. Quand Taken est très efficace, Bourne patauge très longuement dans les méandres de son histoire. Un exemple : les 20 premières minutes sont absolument incompréhensibles, à cause de la volonté du réalisateur de ne pas dévoiler tous les éléments immédiatement.

Résultat, au bout de plus de 2h15 (ce qui est pourtant lonnnng !), l’histoire n’a quasiment pas avancée. Et, quand le générique arrive, les spectateurs se lancent des regards incrédules : entracte ? Episode « to be continued » ? Eh non ! Il s’agit simplement d’un scénario très mal traité ; les éléments importants du film sont bâclés, ce qui empêche le spectateur de comprendre la réelle quête du héros.

Taken 2, lui, reste efficace. Une grosse heure et demie, et toutes les promesses sont tenues. Certes, le spectateur n’a pas perdu de neurone, mais ce n’est pas ce qu’il venait chercher.

Les castings, quant à eux, sont bons dans les deux cas. D’un côté, Jeremy Renner donc, accompagné de Rachel Weisz et Oscar Isaac (qu’on n’avait plus vu ensemble depuis le pitoyable Agora), sans oublier Edward Norton. De l’autre, évidemment, Liam Neeson, marié à l’écran à Famke Janssen (mais siiii, Jean dans X-Men !) et papa de la jolie (mais potiche) Maggie Grace (Lost, Lock Out).

Bref, je l’annonçai dans le titre : Taken 2 – Bourne Legacy 0 !

Rating 3.00 out of 5
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Des hommes sans loi : Critique

Affiche Des Hommes Sans LoiLawless, de son titre original, ou Des hommes sans loi, en France, sort mercredi 12 dans les salles. Un film de gangster avec un si joli casting, cela donne envie, évidemment !

Des hommes sans loi, comme tout bon film de gangster, se déroule en pleine prohibition aux USA, époque à laquelle fleurissent les distilleurs illégaux. Dans le comté de Franklin, c’est en particulier la spécialité des frères Bondurant, qui mènent leur petit trafic plutôt tranquillement. Jusqu’au jour où un nouveau procureur corrompu vient perturber leurs habitudes…

Point trop de surprises avec Des hommes sans loi. Un film de gangster est pas essence violent et froid, deux ingrédients que l’on retrouve sans problème ici. Même si l’humour vient compléter le tableau, un humour léger, ponctuel, bref, très bien senti ; nous ne sommes pas dans une comédie ! Cet humour, justement, est peut-être salvateur : la violence du film est parfois insoutenable, et le spectateur est soulagé de pouvoir sourire, voire rire, par intermittence.

Car, oui, il s’agit bien là de la caractéristique principale du film : la violence est filmée de manière très crue. Pas question, comme c’est le cas bien souvent, de voir les gentils tirer échanger quelques sympathiques balles avec leurs ennemis, balles qui ne les atteignent (presque) pas. Non, ici, pas question d’atténuer la violence de … la violence. Une scène, notamment, est difficilement soutenable ; certains spectateurs en profitent d’ailleurs pour quitter la salle.

Hormis la violence, ce film bénéficie donc également d’un casting fort sympathique. Hormis Shia LaBeouf, qui joue (moyennement bien) le même rôle que dans ses dix films précédents, les quatre acteurs principaux sont en effet excellents. A commencer, bien sûr, par Tom Hardy et sa prestation hors norme, dans le rôle d’un rustre au coeur tendre. Il est bien loin ici de son rôle dans le dernier Batman (The Dark Knight Rises) ou dans Inception, mais son jeu est toujours aussi délectable. Il est épaulé par Jessica Chastain, qui était déjà formidable dans L’Affaire Rachel Singer, et Guy Pearce (Memento), qui campe l’un des meilleurs « grands méchants » de l’année, sous ses faux airs de Brad Pitt. Et en guest star, les apparitions de Gary Oldman (The Dark Knight, Le 5ème élément…) sont précieuses, d’une très grande classe.

En conclusion, Des hommes sans loi est un petit bijou du genre, même s’il n’est pas recommandé pour quiconque ne supporte pas la vue du sang ou de la violence…

Note du film :

Note du film :  ★★★★☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Lady Vegas, les Mémoires d’une joueuse : Critique

Affiche Lady VegasPrenez Bruce Willis, Catherine Zeta-Jones, Rebecca Hall et Vince Vaughn, mettez-les dans une boîte de pellicule, secouez-le tout, et vous obtenez… Un blockbuster ? Un énorme succès au box office ? La comédie de l’année ? Rien de tout ça. Un film qui, avec 73 copies en France (moins que Starbuck, par exemple), réalise péniblement 16 000 entrées lors de sa première semaine, à la 19ème place du box office. Et qui en disparaît totalement la semaine suivante. Pourquoi ?!

Lady Vegas (pour simplifier) est l’adaptation d’une nouvelle autobiographique de Beth Raymer, une stripteaseuse qui se recycle chez un bookmaker, Dink, à Las Vegas. Alors qu’elle a enfin trouvé un travail qui la passionne, elle va faire les frais de la jalousie de la femme de Dink, et va être obligée de rebondir à New York puis à Curaçao…

Je ne suis pas assez spécialiste pour pouvoir dire pourquoi le film a fait un flop total… Mais j’avancerai tout de même une piste : parce qu’il est nul. Dur ! On voit à peu près ce qu’ont cherché à faire les auteurs/réalisateurs ici, une sorte de Las Vegas 21 en plus amusant. Et bien, c’est raté !

Pour commencer, l’histoire est particulièrement annuyeuse, avec des rebondissements inintéressants et néanmoins incessants… Impossible d’accrocher. C’est vraiment dommage, parce que l’univers des bookmakers que l’on entrevoit ici semble captivant. Mais il est mis au second plan, le scénario préférant s’apesantir sur les relations de Beth avec les différents hommes qu’elle croise. Vous me direz, c’est tiré d’une autobiographie, donc c’est normal. Peut-être, mais ce n’est pas une raison ni une excuse pour pondre un film poussif !

Et les acteurs alors ? Parce que c’est tout de même le gros point fort du film : l’affiche ! Et il faut bien le reconnaître, les prestations de Bruce Willis et Catherine Zeta-Jones sont loin d’être mauvaises. Même s’ils ne m’ont pas fait sourire, ils ont visiblement fait des efforts pour relever la sauce. Vince Vaughn est quant à lui égal à lui-même, ni plus, ni moins. Mais Rebecca Hall… La révélation de Vicky Cristina Barcelona, dans lequel elle réussissait à voler la vedette à Penelope Cruz et Scarlette Johansson (!), est ici… pire que médiocre. Dans un rôle d’adolescente attardée, elle développe un jeu de clichés, transformant la grande majorité de ses scènes en calvaire pour le spectateur.

Je ne vois au final qu’une seule explication à ce film. Les acteurs et le réalisateur ont décidé de tourner pour s’amuser, sans aucune prétention. Juste histoire de passer du temps ensemble sur le plateau, sans se soucier du résultat final. Cette version pourrait rattraper les choses ; après tout, s’ils se sont fait plaisir. Espérons juste qu’il ne s’agisse pas d’une énième tentative de boîte à fric ratée…

Note du film :  ★☆☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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The Dark Knight Rises : Critique

The Dark Knight RisesC’est peu dire qu’il s’agit du film le plus attendu de l’été. De l’année, en fait. Le Batman de Nolan est donc de retour, pour un troisième et ultime épisode. Après l’inoubliable The Dark Knight, l’homme chauve-souris sera-t-il à la hauteur ?

Gotham City, 8 ans après les faits du précédent opus. Alors que la criminalité est en chute libre depuis la mort de Harvey Dent, une nouvelle ombre menace la ville. Celle de Bane, un mercenaire violent et masqué, qui menace de replonger la mégapole dans le chaos dont elle vient de s’extirper. Il est temps pour Bruce Wayne de remettre ses bottes et sa cape…

Avec The Dark Knight Rises, la question était simple : « s’élèvera »-t-il aussi haut que son illustre prédécesseur ? Christopher Nolan, l’homme à la caméra d’or, nous a habitués aux chefs d’oeuvre. Memento, Le Prestige, Batman Begins, The Dark Knight, Inception… What else ? L’attente était donc énorme, avec ce dernier film de la trilogie. Avec une quasi-certitude : il semblait difficile de faire mieux. Et effectivement, The Dark Knight Rises est un peu en dedans.

Un peu seulement, car la patte Nolan est bien là. Le personnage est toujours aussi noir (au sens propre comme figuré), la violence toujours omniprésente… Sans oublier les scènes à couper le souffle : que ce soit la scène d’exposition avec une cascade aérienne que James Bond n’a jamais osée, l’effondrement du stade, etc. Le spectacle est largement assuré.

Les acteurs, quant à eux, sont toujours aussi bons, et sont, pour la plupart, les mêmes que dans les premiers épisodes (Christian Bale, Gary Oldman, Michael Caine, Morgan Freeman…), ou que dans Inception (Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt), ou encore que dans les deux (Cillian Murphy). Cela change en fait uniquement au niveau féminin (et pour cause !), puisque The Dark Knight Rises met en scène Marion Cotillard et Anne Hataway. La plus-si-petite frenchie est donc devenue l’égérie du réalisateur, et joue parfaitement son rôle (sauf lors de la dernière scène, petit raté qui fait rire – jaune – le public). Mais la vraie surprise vient d’Anne Hataway, qui n’est pas la meilleure actrice d’Hollywood, mais qui joue une Catwoman plus vraie que nature, bimbo facilement lisible… quoi que !

Vous l’aurez compris, face à ces deux femmes, Bruce Wayne n’a pas le choix… Et il va y avoir du sexe dans The Dark Knight Rises ! Scène qui, d’ailleurs, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, mais symbolise (un peu grossièrement) le retour de l’homme à son activité la plus virile, je veux bien évidemment parler de la conduite à moto habillé en costume noir à oreilles de chauve-souris.

Malheureusement, tout cela ne suffit pas à atteindre le niveau de The Dark Knight. Pour deux raisons essentiellement. La première est, évidemment, l’absence du regretté Heath Ledger (le joker). Ou d’un acteur capable de lui arriver à la cheville. Ce n’est pas peu dire qu’il faisait tout l’intérêt du précédent opus ; il incarnait à merveille la violence à l’état pur, violence sournoise, insidieuse… Ici, avec Bane, rien de tout cela. On a plutôt l’impression de voir l’un des héros d’Expendables : un tas de muscle, et pas grand-chose d’autre. Ah, si, une voix qui, en V.O., rend exceptionnellement bien.

Le deuxième point mitigé est le nombre de clichés distillés tout au long du film. Du rapport de Bruce aux femmes à la vision des gentils policiers qui vont sauver le monde, en passant par la vision d’un super-méchant qui s’en prend à la Bourse avec cet échange ridicule avec un broker : « Il n’y a pas d’argent à voler ici » « Et vous faites quoi ici alors ? », ou même la fin du film (pas de spoil !)… C’est dommage et cela empêche le film de passer à la vitesse supérieure.

Mais loin de moi toute ingratitude. The Dark Knight Rises est encore un très bon film, et il faut évidemment courir le voir au cinéma. Et enchaîner avec un Art & Essai pour se donner bonne conscience !

Note du film :  ★★★★¼ 

Rating 3.00 out of 5
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Starbuck : Critique

StarbuckLe cinéma québécois a une saveur que le cinéma US ou français n’a pas. Est-ce le côté sirop d’érable, ou caribou ? (bouuuuh les clichés !) Toujours est-il que les films qui ont le privilège de traverser l’Atlantique sont souvent très bien, voire excellents. Je pense évidemment à Le Déclin de l’Empire Américain, et surtout, surtout, sa suite excellentissime Les Invasions Barbares. Même dans Café de Flore, film franco-québécois, la partie québécoise est très bonne (contrairement à la partie française, extrêmement mauvaise). Malheureusement, le problème est que ces films sont assez rares (même si j’imagine qu’il doit y avoir des salles spécialisées).

Or, il se trouve que le film Starbuck est actuellement dans les salles – non spécialisées (comprendre : l’UGC la Défense notamment !). Profitons-en ! D’autant qu’il est encore assez réussi, même s’il n’atteint pas le niveau du chef d’oeuvre précédemment cité.

Starbuck retrace l’histoire de David Wosniak, un loser (avé l’accent) au grand coeur. Toujours en galère, il trimballe sa vie entre la boucherie de son père et chez lui, où des mafiosos l’attendent une fois sur deux, recouvrement de dettes oblige. Attend-il de toucher le fond pour donner une talonnade et remonter à la surface ? Quoi qu’il en soit, le fond va justement être atteint lorsque la banque de sperme dont il est client régulier lui indique qu’ils ont distribué par erreur sa « production » à très grande échelle. Et qu’il est donc le géniteur de 533 enfants, dont une grande partie souhaitent connaître son identité.

Dire que le scénario est original est un euphémisme. Il s’agit de la grande force du film, d’autant que le sujet n’est pas traité à l’américaine. Comprendre : à travers une comédie-road-movie grasse à tendance beauf. Starbuck jongle avec les situations embarrassantes, amusantes, émouvantes. Certes, les situations des différents enfants sont relativement clichés (la junkie, l’handicapé, le gay, etc.). Mais ces clichés ne sont pas insistants, et pris avec légèreté.

Les acteurs sont évidemment inconnus de ce côté-ci de l’océan, mais sont de manière générale assez bons. Et, surtout, surtout – et c’est peut-être ça qui fait le principal charme des films québécois, ils ont … l’accent  ! A tel point que certaines répliques doivent être sous-titrées. Mais l’accent québécois est chantant et sympathique, ce qui donne une saveur particulière au film. Certes, ils n’y sont pour rien. Certes, c’est – encore – cliché. Mais impossible de ne pas le mentionner tant ça ajoute à l’ambiance.

La seule question est : vaut-il la peine d’aller voir Starbuck au cinéma ? La réponse est sans doute non. Sous réserve d’avoir une carte illimitée, autant attendre de le voir sur son petit écran. En mettant le son à fond évidemment !

Note du film :  ★★★½☆ 

Rating 3.00 out of 5
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L’Âge de Glace 4, La dérive des continents : Critique

L'Âge de Glace 4 - AfficheDix ans après le film d’animation le plus désopilant de sa génération, Scrat, Manny et les autres sont de retour pour un quatrième opus de l’Âge de Glace. Poilade ou pas poilade ?

Scrat est encore et toujours à la recherche d’un endroit pour planter son gland, qui, encore et toujours, finit par lui échapper. Cette course poursuite va avoir des conséquences énormes sur la planète, puisqu’elle va mener à la dérive des continents, forçant Manny, Diego, Sid, Ellie et Peaches à fuir leur environnement menacé. Suite à un énième tremblement de terre, les trois héros sont séparés des deux mammouthEs, et se retrouvent à errer sur l’océan, entourés de pirates et autres créatures marines.

Si, quoi qu’il arrive, la série Ice Age finit toujours par arracher un éclat de rire au spectateur, tous les films ne se valent pas. Et malheureusement, il semble que les numéros pairs soient moins amusants que les impairs… C’était en tout cas le cas avec le numéro deux, et confirmé avec le dernier.

Peut-être est-ce l’usure ? Même les meilleurs ont parfois du mal à se renouveler, et les gags de l’Âge de Glace 4 donnent le sentiment d’avoir déjà été vus dans les précédents épisodes. Seule nouveauté, le rapport parent/enfant, entre Manny, Ellie et Peaches. Mais il tombe dans la facilité et le cliché. Rien de bien neuf ni original sous le soleil préhistorique, donc.

Cela étant, c’est peut être le moins bon opus, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un très bon film d’animation. Mais l’attente était forte, et, de fait, difficile de ne pas décevoir.

Il est intéressant de le comparer avec Rebelle, dont j’écrivai la critique précédemment : les points forts de l’un sont les manques de l’autre. L’univers de La Dérive Des Continents est très décevant, alors que celui du dernier Pixar est à couper le souffle. A l’inverse, le scénario de Rebelle est relativement pauvre, quand celui de son concurrent est, sinon très recherché, au moins assez fourni. Reste l’utilisation de la 3D : avantage Rebelle, sachant que de toute façon la 3D s’applique très bien à ce genre de films.

Difficile de trancher entre les deux ; je recommanderais aux (plus ou moins grands) enfants le Pixar, qui est de manière globale plus joli, et aux (plus ou moins jeunes) adultes l’Âge de Glace, qui est (un peu) plus intéressant/amusant.

Note du film :  ★★★☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Rebelle : Critique

RebelleComme chaque été depuis maintenant six ans, le meilleur studio d’animation du monde nous propose son film annuel. Je veux bien évidemment parler de Pixar (what else ?), et de sa nouvelle oeuvre Rebelle (Brave, en V.O.). Dans les salles le 1er août.

Rebelle, c’est l’histoire de Mérida, fille du roi d’Ecosse, qui est donc une princesse… rebelle. Loin des clichés de la jeune fille se languissant dans son donjon de son prince charmant, Mérida préfère escalader les falaises ou s’entraîner au tir à l’arc, au grand dam de sa royale maman. Mais sa situation se complique lorsque ses parents décident de la marier. Mérida va alors faire une bêtise qu’il lui faudra réparer au plus vite, sous peine de mettre en danger sa famille et le royaume.

Voir un nouveau Pixar est toujours un moment intense. S’agit-il d’un « simple » bon film d’animation, comme Cars, Monstres et Cie, etc., ou un chef d’oeuvre vite devenu culte (à l’instar de Toy Story, Wall-E) ? Malheureusement, Rebelle s’inscrit plutôt dans la première catégorie. Point de chef d’oeuvre donc, mais un film sympathique pour les enfants. Le niveau est toujours bien meilleur que celui des derniers Disney-tout-court.

Pas de petits animaux qui parlent – c’eeeest miiiignooonn ! – donc, mais un univers très intéressant et extrêmement bien traité, celui de l’Ecosse médiévale. Mark Andrews, le réalisateur, explique ce choix par le fait que l’Ecosse est une région très dense, avec une juxtaposition de paysages très différents, chargés d’histoire. Et l’ambiance générale est très bien rendue. En particulier, la B.O. est excellente, avec des sonorités de grande cornemuse écossaise – et non de simples binious, comme le précise Mark Andrews – très entraînantes.

Mais la grande originalité de Rebelle tient surtout en son héroïne. Certes, ce n’est pas la première fois qu’un film pour enfant met en scène un protagoniste féminin. Tous les grands classiques le faisaient déjà : Blanche Neige, La Belle au bois dormant, Cendrillon, etc. Mais, pour la première fois, la vision de la femme évolue. Il ne s’agit plus d’une grande bécasse qui attend patiemment son prince, pour pouvoir enfin vivre happily ever after, et surtout, avoir plein d’enfants.

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Dans Rebelle, Mérida lutte justement contre ces préjugés, et, à la fin, ne se marie pas ! Cela surprend, tant nous sommes habitués aux schémas classiques des scénarios de Disney.

Petite déception néanmoins : le scénario est dans l’ensemble relativement faible. Il manque légèrement de profondeur ; on aurait aimé qu’il y ait une véritable malédiction jetée sur le royaume, de vraies forces dans l’ombre qui se liguent contre lui, bref, un dépassement de l’échelle de la simple famille. En se contentant de traiter la relation mère-fille, Mark Andrews limite le public aux seuls enfants. Dommage !

Note du film :  ★★★¼☆ 

Rating 3.00 out of 5
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On The Road : Critique

Affiche On The RoadAu menu du festival de Cannes cette année, un président du jury excentrique, des grands du cinéma – évidemment, mais aussi des ex-teenagers américains au talent plus… modeste dira-t-on. Venus tout droit d’High School Musical (Zac Efron) et Twilight (Kristen Stewart, Robert Pattinson), ils représentent la nouvelle génération de star du grand écran. Kristen Stewart est notamment à l’affiche de On The Road, l’adaptation du roman éponyme de Jack Kerouac.

On The Road est inspiré directement de la vie de l’auteur du livre. On y retrouve Sal Paradise, jeune écrivain en mal d’inspiration, qui est entraîné sur la route (d’où le titre) par Dean Moriarty, un jeune repris de justice épris de liberté (entre autres). Au programme : des voyages à travers l’Amérique, agrémentés de beaucoup d’alcool, de sexe, et de drogue. Et souvent tout en même temps.

On The Road invite définitivement le spectateur au voyage. Ce qui est sans doute l’effet recherché. Le seul problème étant que, plus qu’un voyage à la découverte des sens, des autres et de soi-même, il s’agit d’un long voyage de vacances, lorsque le soleil transforme la voiture en autocuiseur et que les enfants s’énervent à l’arrière. « Quand est-ce qu’on arrive ? ». C’est effectivement ce qu’on se demande toutes les deux minutes, soit pas moins de 70 fois au total (oui, le film dure 2h20). Cela étant, 2h20, cela peut paraître long. Mais j’aurais juré qu’il en durait bien le double.

Vous l’aurez compris, le film n’a absolument aucun intérêt. Vu le nombre de personnes étant sorties de la salle en cours de projection, j’imagine que je ne suis pas le seul à le penser. En bref, il ne se passe absolument rien, il n’y a pas d’histoire, de rebondissements, ni même de sentiments. Quel dommage pour une adaptation de roman !

Seule consolation, les acteurs jouent leurs rôles à merveille, que ce soit Sam Riley dans la peau du personnage principal, Garrett Hedlund dans celle du beau gosse défoncé sans limite, ou les deux actrices ultra-sexy Kristen Stewart (qui est donc devenue une spécialiste des scènes de sexe bruyantes, cf. la polémique liée au dernier Twilight) et Kirsten Dunst. Sans oublier l’étonnante apparition d’Aragon de Viggo Mortensen, qui démontre toujours plus qu’il ne s’est pas laissé enfermé dans la peau de son personnage du Seigneur des Anneaux.

Ca ne suffit évidemment pas à rattraper la nullité du reste du film. Mon conseil sera donc : fuyez ses séances, malheureux ! Et si jamais par malheur vous tombiez dessus à la télévision, changez de chaîne.

Note du film :  ¾☆☆☆☆ 

Rating 3.50 out of 5
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Le Prénom : Critique

Le Prénom : AfficheChaque année, on a le droit à notre quota de films français mettant en scène un dîner entre famille/amis qui tourne plus ou moins mal. Et depuis 2009 et Le code a changé, on a Patrick Bruel dedans. Cette fois, il s’agit du film Le Prénom, adaptation de la pièce de théâtre éponyme.

L’avantage de ces films est que le scénario est relativement simple. Trois amis, Vincent, Pierre et Claude, organisent un dîner avec leurs conjointes respectives (pour les deux premiers). Petit à petit, l’ambiance va se dégrader, et faire exploser ce groupe d’amis. Dans Le Prénom, l’élément pertubateur est le suivant : Vincent leur annonce que sa femme et lui ont trouvé un prénom pour leur enfant. Un prénom qui va changer le cours de la soirée.

Tout d’abord, première remarque, je tire mon chapeau à l’équipe du film et aux spectateurs, qui ont en grande partie respecté le secret entourant le prénom que Patriiiick envisage de donner à son fils. Bon évidemment je ne suis pas allé fouiller partout sur le net pour le connaître (je suis d’ailleurs allé voir le film un peu par hasard), mais rien n’avait filtré, en dépit du battage médiatique autour du film ces dernières semaines. Si vous êtes sages, je vous le donnerai à la fin !

Pour le reste, le film est assez classique, et porte à chaque instant son historique de pièce de théâtre. Peut-être un peu trop d’ailleurs, car certaines scènes passent beaucoup moins bien que sur… scène justement. D’ailleurs, je n’ai pas vu la pièce, mais il me semble qu’il y a un énorme pompage de Art, de Yasmina Reza. Hormis la présence des épouses, on retrouve les trois amis, qui ont d’ailleurs exactement les mêmes profils (l’hyper-rationnel, le sensible un peu naïf, et le « compromis mou »). L’élément perturbateur est du même ordre d’idée, l’achat d’un tableau blanc d’une part, et le choix d’un prénom absurde d’autre part.  Il faut en fait attendre environ une heure pour que l’histoire ne s’écarte de celle d’Art.

Pas de surprise pour le reste ; on rigole assez souvent, certains passages sont plus chargés émotionnellement, le spectateur peut s’identifier à l’un et/ou l’autre des personnages, etc. Du classique, du grand classique même.  Les acteurs ne sont pas mauvais (quatre sur cinq sont les mêmes que dans la pièce : Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Guillaume de Tonquédec et Judith El Zein) ; le meilleur est paradoxalement le seul à ne pas être issu du théâtre, Charles Berling.

Pas la peine de dépenser son argent de poche pour aller voir ce film donc. Certes, le film divertit, mais il divertira tout autant lorsqu’il passera à la télévision, d’ici quelques temps !

Note du film :  ★★★☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
[?]