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The Descendants : Critique

The DescendantsComme en témoignent les notes des films dont j’ai fait la critique précédemment, ceux méritant le détour (et les 10€) sont rares en ce moment. The Descendants est peut-être l’exception.

De prime abord, le scénario ne paraît pas très réjouissant. Matt King, avocat hawaïen héritier d’une princesse de l’archipel, est chargé de mettre en vente les terrains familiaux. Gérant avec difficultés les relations entre ses différents cousins, aussi bien que ses relations avec sa femme et ses deux filles, il va voir sa vie bousculée par un accident qui plonge sa femme dans le coma.

Rien ne sert de le cacher : l’histoire n’est effectivement pas très gaie. Par certains côtés, elle rappelle vaguement celle des Invasions Barbares. Même si le film n’arrive pas à égaler son excellent prédécesseur, il s’en tire finalement assez bien.

George Clooney est particulièrement émouvant, dans ce rôle ambiguë à plusieurs titres. Matt King est-il victime des événements et du cours des choses, ou est-il coupable de n’avoir pas agi pour les contrecarrer ? Est-il en train de construire de nouvelles fondations pour sa famille, ou de préparer le « départ » de sa femme ?

La plupart des autres personnages sont littéralement éclipsés par la performance de George « WhatElse » Clooney, hormis sa fille, interprétée par Shailene Woodley, qui apporte un peu d’équilibre au film. Il s’agit d’ailleurs de la grande révélation du film (elle n’a tourné pour le moment qu’à la télévision). Une actrice à surveiller, même si dans un premier temps elle risque d’être cantonnée à des rôles d’adolescentes pénibles-mais-pas-tant-que-ça.

Note du film :  ★★★★☆ 

Rating 3.00 out of 5
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La Taupe : Critique

La TaupeLes occasions sont rares de voir Gary Oldman occuper un premier rôle. Harry Potter (Sirius Black), Batman Begins et suites (James Gordon), ou encore Le Cinquième Élément (Zorg), autant de rôles marquants mais secondaires. C’est chose faite avec La Taupe, de Tomas Alfredson, qui sortira le 8 février en France.

Gary Oldman y incarne George Smiley, espion du MI6 et bras droit de son directeur, mis en retraite forcée lors du « remerciement » de celui-ci. Il n’y restera toutefois pas longtemps ; il se voit assigner la tâche officieuse de démasquer une taupe soviétique au sein du service.

Dès les premières images, cette adaptation du roman de John Le Carré affiche sa volonté de se démarquer des films d’espionnages traditionnels. Il n’y aura que très peu d’action, et encore moins de héros invincibles qui se sortent de toutes les situations possibles et imaginables. La Taupe est avant tout un film psychologique, sans doute beaucoup plus proche de la réalité qu’un James Bond ou Mission Impossible.

Dès lors, une question se pose : comment peut-on rendre ce genre de films captivants ? Hélas, Tomas Alfredson ne possède pas la réponse. Le film est ennuyeux à mourir. Plus que le manque d’action, c’est le manque de dialogues qui plombe le résultat. A aucun moment on n’entre véritablement dans l’histoire, et on passe cent vingt-sept minutes à regarder sa montre. Deux heures sept minutes interminables ; même bien traité, le sujet mériterait trente minutes de moins.

Comme si cela ne suffisait pas, Tomas Alfredson joue aussi à un jeu très risqué, l’utilisation massive des flashbacks et ellipses. A ce jeu-là, c’est quitte ou double : soit on obtient un petit joyau (cf. L’Affaire Rachel Singer), soit on perd complètement le spectateur. C’est malheureusement le cas dans La Taupe. En témoignent les commentaires des spectateurs à la sortie de la salle…

Et Gary Oldman, dans tout ça ? Sa prestation est très bonne, mais son rôle ne semble pas particulièrement compliqué à jouer. Pas suffisamment en tout cas pour mériter sa nomination aux Oscars ; cela étant, il ne devrait pas faire trop d’ombre à Jean Dujardin, c’est déjà ça de pris ! On est à cent lieues du personnage inoubliable qu’il jouait dans le Cinquième Élément…

Le casting laisse un goût amer de gâchis : il aurait mérité un film bien meilleur. Jugez plutôt : aux côtés de l’acteur principal, rien de moins que Colin Firth (Le discours d’un roi), Tom Hardy (Inception), Mark Strong (Sherlock Holmes), Benedict Cumberbatch (Sherlock), Ciaran Hinds (L’Affaire Rachel Singer), Stephen Graham (Snatch)… Beaucoup de talents pour un résultat bien décevant.

Note du film :  ¾☆☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Intouchables : Critique

IntouchablesC’était le carton de la fin d’année dernière, sorti d’on-ne-sait-z-ou : Intouchables, une histoire d’amitié entre un handicapé et un black*.

L’objectif de mes critiques étant de fournir aux éventuels lecteurs du blog des éléments pour juger s’il faut ou non aller voir tel ou tel film au cinéma, cette critique arrive un peu tard. Mais voilà, le succès énorme du film fait que je n’ai pas pu avoir de place pour le voir avant mi-janvier. Vu le retard, je vais faire court.

En lui-même, le film est relativement réussi ; l’histoire est touchante (surtout parce qu’elle est vraie), l’humour est bien senti (ce qui devrait rassurer les déçus des Ch’tis), les acteurs sont très bons (mention spéciale à François Cluzet, qui confirme son statut de légende du cinéma français)… Pour résumer, une bonne petite comédie bien de chez nous.

De là à rentrer dans le top 3 des films à succès de l’histoire du cinéma français, après Titanic et les Ch’tis justement, il y a un pas énorme qui n’aurait sans doute pas dû être franchi. Le cinéma français est capable de sortir de vrais chefs d’oeuvre, comme Je vais bien ne t’en fais pas par exemple, qui mériteraient cent fois plus qu’Intouchables de se retrouver à cette place.

Mais, comme en 2008, la crise laisse une morosité omniprésente dans le quotidien des Français. Et donc, comme en 2008, ils se réfugient dans les salles obscures, histoire de rire un bon coup et de souffler un peu. C’est peut-être une analyse sociologique de comptoir, mais je ne vois pas d’autre possibilité pour expliquer ce succès impressionnant.

Quoiqu’il en soit, comme je le disais, je vais faire court, et il y a donc deux critères à prendre en compte avant de décider d’aller, ou non, voir le film (pour les 45 millions de Français qui ne l’ont pas encore fait). Soit vous souhaitez briller en société, et avez donc besoin pour cela de savoir de quoi vos collègues parlent au coin de la machine à café, de manière à pouvoir les illuminer de vos avis éclairés. Vous irez donc voir Intouchables. Soit vous souhaitez briller en société, et avez besoin pour cela de vous différencier des masses grouillantes de petites-gens-fans-de-dany-boon-et-maintenant-omar-sy. Auquel cas, vous n’irez pas voir Intouchables, et vous conterez de sortir une analyse sociologique de comptoir vibrante qui vous permettra de placer vos collègues au même niveau qu’un bovidé producteur de laine (cf. ci-dessus). Soit vous ne souhaitez pas briller en société, et dans ce cas-là, faites ce que vous voulez !

*L’utilisation du terme « black » n’est pas dépourvue de signification, puisque les jeunes de banlieue (qui sont assimilés ici à des personnes au teint bronzé) sont au moins autant un sujet du film que les handicapés (et soumis à des clichés au moins aussi nombreux).

Note du film :  ★★★½☆ 

Rating 3.00 out of 5
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L’amour dure trois ans : Critique

L'amour dure trois ansFrédéric Beigbeder est de retour, pour ce qui est annoncé comme « son meilleur film » : L’amour dure trois ans, adaptation au cinéma de son roman du même nom.

Sous ce titre qui fleure bon le cinéma français se cache l’histoire d’amour entre Marc Marronnier, écrivain en herbe (comprendre « Frédéric Beigbeder jeune »), et Alice, la femme d’Antoine Marronnier (cousin du premier). Et, entre eux deux, un livre : « L’amour dure trois ans », qui va tout compliquer.

L’affiche l’annonce en toutes lettres : « le meilleur film de Frédéric Beigbeder ». Note à l’usage des non-connaisseurs : L’amour dure trois ans est le seul et unique film de l’auteur mondain. Deux interprétations s’imposent : soit les producteurs ont tenté le coup de bluff, et prennent les spectateurs pour des pigeons (© Xavier Niel 2012), soit ils prennent Frédéric Beigbeder pour ce qu’il n’est pas, à savoir un auteur si talentueux que son parcours est connu dans chaque chaumière de France. Je ne trancherai pas ; le doute m’habite.

Le ton du film est donné d’entrée. Le réalisateur a décidé de s’affranchir du cadre cinématographique traditionnel : il fait communiquer ses personnages avec le public, de manière à ajouter un peu d’authenticité à cette histoire pourtant « presque » vraie. Ce sera d’ailleurs une constante : le film parle d’une histoire « normale », de personnages « normaux », et le spectateur a l’obligation de se retrouver dans l’un d’entre eux.

Malheureusement, la frontière entre normalité et banalité est mince, et le film la franchit allègrement. Le meilleur exemple est Gaspard Proust, campant le personnage principal. A force de se donner toute la peine du monde à mal jouer, il finit par nous faire douter. L’effet est-il vraiment voulu ? Je lui laisse le bénéfice du doute : de manière générale, Marc Marronnier est quelqu’un de tout à fait banal, pas du tout attirant, aux accents plutôt antipathiques, à tel point que l’on pourrait presque y déceler un problème de confiance en soi chez le réalisateur (pourtant connu pour, justement, ça trop grande estime de lui-même). Il ne sert au final qu’à mettre en valeur Louise Bourgoin, qui paraît de fait sublime malgré une superficialité certaine. Le reste du casting donne l’impression d’une bande de potes qui tournent ensemble.

Vous l’aurez compris, L’amour dure trois ans est un film relativement mauvais, qui ne restera absolument pas dans l’histoire. Et pourtant, et pourtant… Est-ce son envie de faire s’identifier les spectateurs aux personnages, ou mon côté fleur bleue sur-développé ? Mais il ne m’a pas laissé de marbre, et m’a laissé songeur dès la fin du générique. Peut-être n’était-ce qu’un moment d’égarement ; aussi je ne conseillerai à personne d’aller le voir, vu la mince probabilité d’en retirer un bon moment.

Note du film :  ★½☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Detachment : Critique

DetachmentAllociné organisait début janvier une projection privée de Detachment pour le club 300. Le film sortira le 1er février prochain dans les salles.

Synopsis : Henry Barthes, professeur remplaçant talentueux, débarque dans un lycée difficile pour trois semaines. Il va être confronté à l’instabilité de ses élèves, aux difficultés des professeurs, et à la fragilité d’une adolescente orpheline. Tout cela va lui permettre de se « détacher » de ses problèmes personnels, et de s’oublier en apportant son aide aux autres. A moins que ça ne soit le contraire…

Reprise des projections privées d’Allociné en janvier, avec le nouveau film de Tony Kaye (American History X), starring Adrien Brody (Le pianiste). En attendant le début du film, nous avons tous parcouru le dossier de presse reçu pour l’occasion, comprenant notamment l’interview du réalisateur :

« Pour moi, DETACHMENT est l’histoire d’un homme qui est perdu et qui souffre, qui essaie de fuir les vrais problèmes de son existence en se perdant dans la moralité des voix dans sa tête, des vraies, des voix de Dieu et des voix du diable. Il fuit constamment la vérité. Il est sous un immense rideau noir qu’il ne voit pas. Ce rideau est son ego. » – Tony Kaye, réalisateur.

Que dire… Soit je n’ai pas compris le film, soit c’est complètement raté. Pas le film, qui est assez émouvant et se laisse regarder avec plaisir jusqu’au générique de fin. Mais on passe totalement à côté de l’effet mentionné par Tony Kaye.

Au contraire, on retrouve un personnage principal qui n’a pas d’ego, en tout cas pas d’ego déplacé, qui ne se perd pas tant que ça, et qui ne fuit pas la vérité. Au contraire, il en a conscience du début à la fin, et reste très lucide face au monde réel ; que ce soit dans sa relation avec la jeune prostituée, qu’il va essayer d’aider et de faire redescendre sur terre (on pourrait presque dire « remonter »), ou dans celle avec ses élèves. Alors que de nombreux professeurs jetteraient l’éponge face à l’agressivité de ces derniers, il arrive à les prendre en main calmement, de manière très pragmatique.

Pour en revenir au film en lui-même, il est assez captivant une fois qu’on a réussi à rentrer dedans (ce qui prend environ 5 minutes) ; on ressent beaucoup de choses, grâce à un crescendo émotionnel tout au long de l’histoire. Malheureusement, alors qu’on s’attend à un grand final, digne justement de ce crescendo, la fin fait pschitt. Immense déception ! L’arrivée du générique de fin réussit à elle seule à gâcher le reste du film. De quasi chef-d’œuvre, on passe à un film sans grand intérêt.

C’est d’autant plus dommage qu’Adrien Brody est remarquable, et continue de nous prouver son talent (après sa performance magistrale dans Le Pianiste, et celle suprenante de Minuit à Paris). Et qu’il est secondé par de nombreux acteurs intéressants, au premier rang desquels Sami Gayle (dont c’était le 16ème anniversaire dimanche 22 janvier).

Note du film :  ★★☆☆☆ 

Vous trouverez ci-dessous la bande annonce disponible sur Allociné :

Rating 3.00 out of 5
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Killing Fields : Critique

Killing FieldsMa première séance de cinéma de 2012 a été choisie un peu par hasard. Et c’est un film policier aux forts accents de thriller qui a été l’heureux élu : Killing Fields.

Killing Fields sont des bayous du Texas dans lesquels les femmes disparaissent, et sont retrouvées assassinées. Deux policiers, Mike et Brian, enquêtent dans le district voisin sur une enquête qui va les mener au cœur de cette série de meurtre.

On peut résumer le film assez facilement : il s’agit d’un Seven en moins bien. On y retrouve à peu près tous les éléments du film culte, hormis les péchés capitaux (faut pas pousser quand même) : le tueur en série évidemment, le flic qui débarque tout juste dans les parages vs. son partenaire désabusé, l’environnement glauque où la loi n’existe pas, etc. Malheureusement, tout est beaucoup moins bien mené que dans Seven, et on a l’impression de n’en voir qu’une pâle copie. L’histoire est brouillonne, et assez difficile à suivre.

Le casting est en revanche intéressant, et rappelle un peu celui de L’Affaire Rachel Singer. On retrouve en effet le duo Sam Worthington / Jessica Chastain, cette fois-ci épaulé par Jeffrey Dean Morgan (le Javier Bardem qui ne s’est pas pris de mur quand il était petit, et que l’on a pu apercevoir dans P.S. I Love You ou Grey’s Anatomy).  Ils développent un jeu profond auquel on adhère rapidement, mais qui, à l’image du reste du film, n’est pas au niveau de celui de leurs illustres prédécesseurs (Brad Pitt, Morgan Freeman, Kevin Spacey, Gwyneth Paltrow…). Petite mention concernant la présence de Chloe Grace Moretz, la petite fille irrésistible de Kick-Ass : son jeu est toujours assez impressionnant pour son âge, mais moins tout de même que précédemment. A noter les premiers signes d’un potentiel futur « too ugly to be in a movie » ; rendez-vous d’ici cinq ans pour voir ce qu’il en est !

Si vous n’avez pas encore vu votre premier film de l’année, vous le savez désormais : évitez Killing Fields ! Et si vous êtes en manque de suspens, de meurtres et de psychopathes, préférez Seven !

Note du film :  ★¾☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Sucker Punch : la signification du film

Sucker PunchJ’ai trois critiques de retard (dans l’ordre : Killing Fields, Detachment et Intouchables), mais je vais commencer l’année par revenir sur un film que j’avais vu (et critiqué) l’année dernière, à savoir Sucker Punch. Je l’ai revu aujourd’hui, et, si à l’époque j’avais eu du mal à en trouver le sens (mon explication était confuse), cette fois-ci il m’est apparu assez clairement.

Attention ! La suite de l’article va évidemment spoiler le film, donc inutile de continuer si vous ne l’avez pas vu… Commencez par vous faire votre propre idée, et revenez ensuite ;)

La signification de Sucker Punch est en fait décrite au début du film. Nous possédons chacun en nous des « gardiens » intérieurs, qui nous permettent de surmonter toutes les situations, même les plus désespérées. Il ne faut donc jamais baisser les bras, puisque « nous avons déjà toutes les armes ». Il suffit de se battre.

Concrètement, comment cela s’applique-t-il à nos héroïnes ?

Afin de comprendre Sucker Punch, il faut se rendre compte d’une chose : Sweat Pea existe, alors que Baby Doll et Rocket sont imaginaires (pour Blondie et Amber, la question n’est pas très intéressante). Sweat Pea est une orpheline, dont nous voyons l’histoire au début du film : la mort de sa mère, l’homicide involontaire sur sa soeur, l’entrée dans l’asile, etc. Afin de se protéger de son environnement, elle s’invente un « gardien » : Baby Doll. Celle-ci va l’aider à se « libérer » (« be free » revient plusieurs fois dans le film).

D’où l’existence des trois niveaux de réalité. Le premier, celle de l’asile, où Sweat Pea est la seule existante. Le second, celui du bordel, où Sweat Pea coexiste avec sa soeur défunte Rocket et son « gardien » Baby Doll, qui la guide dans sa tentative de fuite. Et le troisième, qui est celui des combats, représentant en fait la fuite intérieure de Sweat Pea lors des passages les plus difficiles (viols, violences, etc.).

Jusqu’ici tout le monde suit ?

Cette interprétation répond à presque toutes les questions soulevées au long du film :

  • Pourquoi Sweat Pea et Baby Doll sont confondues lors de la première apparition du niveau « bordel » ==> Il s’agit d’un dédoublement de personnalité.
  • Pourquoi les black out lorsque Baby Doll danse ==> elle joue ainsi son rôle de « gardien », en permettant à Sweat Pea d’échapper aux viols (par Blue, par le Maire, par le cuisinier…).
  • Pourquoi Baby Doll se sacrifie (« ça a toujours été ton histoire », dit-elle à Sweat Pea) ==> Le « gardien » permet à Sweat Pea de s’échapper.

Pour les points qui restent en suspend, je vous les livre tels quels :

  • C’est bien Sweat Pea qui se fait lobotomiser à la fin (et c’est pour cela que son visage tarde à nous être montré). Mais elle part « heureuse » (d’où le regard jeté au « médecin »), sachant que sa partie saine est libérée (lorsqu’elle monte dans le bus). Elle laisse donc uniquement son gardien Baby Doll dans l’univers réel (et horrible). Voilà pourquoi on retrouve le « guide spirituel » au volant du bus. Et c’est pour cela qu’en dernier lieu, c’est le visage de Baby Doll qu’on voit apparaître sur la lobotomisée.
  • Sweat Pea a bien aidé une fille à s’enfuir de l’asile (comme le dit Gugino à la fin). Cela lui permet sans doute de se pardonner la mort de sa soeur plus facilement.
  • Pourquoi est-ce le visage de Baby Doll lorsque l’on nous raconte l’histoire au tout début alors ? Si vous vous souvenez bien, elle essaye d’échapper à son beau-père, et d’aider sa soeur. Et pour cela, Sweat Pea ne peut y arriver seule. C’est la première fois qu’intervient son gardien, qui lui permet justement de trouver le courage pour affronter la situation.
  • On pourrait même aller jusqu’à penser que cette aptitude à revivre les événements d’une manière fantasmée est inspirée par la méthode de la doctoresse. Mais ça n’a pas exagérément d’intérêt d’aller jusque-là ;)
  • Je pense que j’ai fait le tour des points problématiques ? Si vous avez des questions ou contradictions supplémentaires, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

Et pour finir, vous pourrez ici ou là lire d’autres explications sur le film, certaines proches de celle-ci, d’autres beaucoup moins. Vous verrez néanmoins que c’est la seule interprétation qui donne un sens à tous les éléments du film sans partir dans les délires les plus extravagants.  J’espère que cela vous aidera à apprécier ce film, qui est finalement beaucoup plus qu’un film pour ado boutonneux !

Rating 3.00 out of 5
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Shame : Critique

ShameL’heure est aux films avec Carey Mulligan. Après Drive il y a quelques semaines, place à Shame, de Steve McQueen, avec Michael Fassbender dans le rôle principal.

Shame retrace l’histoire de Brandon, un businessman accro au sexe, qui voit débarquer chez lui Sissy, sa soeur paumée. Et qui va donc devoir essayer de changer ses habitudes.

Dès les premières minutes, on s’aperçoit que Steve McQueen a choisi le trash pour nous parler de cette addiction un peu particulière. Cela va se confirmer tout le long du film ; on a d’ailleurs parfois l’impression de regarder un porno soft. Cette manière crue de filmer les scènes de sexe est censée nous faire partager la honte (d’où le titre) que ressent après coup le protagoniste.

Je le dis tout net : ça ne fonctionne pas. Attention, je ne dis pas que le film est mauvais, ni qu’on ne ressent rien ou qu’on n’entre pas dans l’histoire. Mais je trouve qu’il ne fait pas passer le côté « honteux » (hormis peut-être les 4 dernières secondes ?). En revanche, il nous fait découvrir cette « maladie », en nous la faisant vivre de l’intérieur. Plus que la honte, on ressent surtout la perte de repères du personnage principal, de plus en plus forte au fur et à mesure de l’avancée du film.

La scène la plus forte du film est d’ailleurs selon moi symptomatique de cette perte de repère. Il s’agit du moment où Sissy surprend Brandon en train de se masturber, et qu’il devient violent. Cette scène est évidemment pleine d’ambiguïtés. La première étant évidemment de savoir s’il rigole ou pas (le jeu de Carey Mulligan est d’ailleurs exceptionnel). La seconde est sa relation avec sa soeur : va-t-il la violer ? La battre ? S’effondrer ? Réponse dans le film.

Du côté « technique », les deux acteurs principaux sont très bons, et font une grande partie du film. Le scénario quant à lui est relativement pauvre ; mais on imagine que le but du film était plutôt de laisser une empreinte dans l’esprit du spectateur que le tenir en haleine, accroché à l’histoire. Enfin, point commun avec Drive, le film possède relativement peu de dialogues. Mais c’est moins marqué, et cela passe beaucoup mieux.

Shame, un film à ne pas mettre entre tous les yeux, mais à voir si on aime les drames psychologiques – ou qu’on veut comprendre l’affaire DSK !

Note du film :  ★½☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Rhum Express : Critique

Rhum ExpressVoilà un film qui fleure bon le Las Vegas Parano… Adapté d’un livre du même auteur (Hunter S. Thompson), avec le même acteur principal (Johnny Depp) et les mêmes acteurs secondaires (MM. Alcools & drogues), Rhum Express s’inscrit dans sa lignée. Je n’irais pas jusqu’à dire « directe », mais pas loin.

Pas loin, parce qu’il y a une véritable histoire derrière. Celle de Paul Kemp, écrivain (raté, ou incompris ?) qui débarque à Porto Rico en postulant pour un poste de journaliste dans la feuille de chou locale. Il va y découvrir un univers noyé sous le rhum, où les hommes d’affaires véreux font la loi. Et, au passage, la femme d’une de ces crapules, dont il va tomber amoureux.

Je n’avais pas aimé Las Vegas Parano. Pas plus que 99F d’ailleurs ; j’ai du mal avec les délires cinémato-psychotropes. Mais comme je le disais ici, on ajoute à cela un véritable scénario, certes toujours entrecoupé de scènes absurdes et de situations complètement barrées, mais qui permettent de – vraiment – suivre le film. Sans en faire un film excellent toutefois.

Niveau acteurs, on retrouve donc un Johnny Depp très loin de Jack Sparrow (et donc supportable !), aux côtés d’Amber Heard (La Famille Jones) qui fait uniquement la bimbo (aucun intérêt si ce n’est celui des yeux), d’Aaron Eckhart a.k.a. Double-Face bon sans plus, et Giovanni Ribsi (Avatar, Friends…) en nazi alcoolo qui relève un peu le niveau. Du solide, mais pas transcendant.

Ce sera d’ailleurs mon appréciation finale. Rhum Express, un film qui se regarde. Rien de moins, mais pas grand chose de plus.

Note du film :  ★★½☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Time Out : Critique

Time OutIl y a des boulots sympas. « Traducteur de titre de films » est définitivement l’un d’entre eux. Jugez-en plutôt par leur traduction ô combien magique du nouveau Andrew Niccol (Bienvenue A Gattaca, Lord Of War…) : de « In Time« , on arrive à « Time Out« . Superbe non ? On est presque au niveau de (K)Night and Day…

Time Out, donc, est un film d’anticipation dystopique (pour les fans de mots savants, ressortez-le en dîner ! Et signifie utopie du mal grosso modo), dans lequel l’homme a été génétiquement modifié pour garder son corps de 25 ans. L’argent est remplacé par le temps, et chacun doit en gagner pour survivre. Certains plus facilement que d’autres évidemment. Jusqu’au jour où un jeune défavorisé croise le chemin d’un ultra-riche, et va tenter de renverser le système.

Time Out, c’est avant tout une bande-annonce qui promet. En la voyant la première fois, je suis resté scotché à mon siège, tant grâce aux images qu’à la BO. Il se plaçait d’emblée dans la lignée des grands films d’anticipation, tels Matrix, Inception, j’en passe (beaucoup) et des meilleurs. Le challenge était lourd à relever, mais j’y ai cru !

J’y ai cru, oui, mais à tort. Certes, Time Out se laisse regarder. Justin Timberlake (The Social Network…) est toujours très bon (quoi que l’on pense de lui par ailleurs), Amanda Seyfried (Mamma Mia, Le Chaperon Rouge…) également (en plus d’être vraiment mignonne), et surtout Cillian Murphy (The Dark Knight, Inception…) est encore une fois excellent.

Mais le reste est relativement bâclé, à commencer par l’univers du film. L’idée de remplacer l’argent par le temps est originale, et plein de promesses (« - Un café svp » « - Ca fera 5 minutes » est quand même génial). Mais rien n’est construit autour ! Les banques sont toujours des banques, les gadgets sont extrêmement sous-développés : le seul objet réellement inventé par les scénaristes est le boîtier qui permet de se « recharger » en temps. Et on le retrouve partout (de l’usine dans laquelle travaille le héros aux salles des coffres, en passant par les voitures, etc.). A part ça, rien, le vide. Ce qui fait qu’on ne croit pas vraiment à cet univers pourtant extraordinaire.

De même, on a énormément de mal à rentrer dans l’histoire. Alors que ce genre de films a toujours des débuts haletants, qui nous aspirent dès la première image, on garde ici sa « conscience de spectateur » pendant au moins la première demi-heure. Et même par la suite, on ressort régulièrement du film, en souriant (jaune).

C’est d’autant plus regrettable qu’il s’agit d’un genre que j’apprécie tout particulièrement ; la déception a été grande à la fin du film. Conclusion : il va falloir que je revoie Inception !!!

Note du film :  ★★½☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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