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Avengers : Critique

Avengers : l'afficheDans la famille des blockbusters, je voudrais le petit dernier… Le voilà ! Avengers, le dernier film de superhéros qui tâche, est sorti le 25 avril dernier. Attendu comme le messie par les fans des comics Marvel, il a d’ores et déjà battu le record du meilleur démarrage aux USA.

Avengers est l’occasion de retrouver tous les différents superhéros de Marvel dans un seul film : que ce soient ceux qui ont eu le droit à leur propre film (Iron Man, Thor, Captain America, Hulk) ou les autres (La veuve noire, Oeil-de-faucon…). Rassemblés par Nick Fury, le directeur du SHIELD, ils vont devoir lutter contre Loki, qui souhaite livrer la Terre à des aliens sans scrupules, les Chitauri. La tâche pourrait être facile au vu des talents qui composent les Avengers… Mais leurs égos vont venir compliquer les choses.

Le film ressemble un peu à l’histoire qu’il raconte, avec des « superacteurs » à la place des superhéros : Samuel L. Jackson, Robert Downey Jr, Chris Evans, Gwyneth Paltrow, Scarlett Johansson, etc. Inutile de nier que le film sent très fort l’argent… Mais c’est quelque chose qu’on sait avant même d’acheter sa place, il n’y a donc pas tromperie sur la marchandise !

Pour le reste, on retrouve les ingrédients des différents films de l’univers Marvel, et en particulier l’humour très iron-manesque… Lui-même n’étant pas sans rappeler les petites phrases ironiques d’un certain John McClane d’ailleurs ! Quoiqu’il en soit, c’est très réussi, et la salle (comble) a beaucoup ri tout au long du film.

Pour ce qui est du spectacle, évidemment nous sommes servis. Des effets spéciaux par millier, des scènes très impressionnante (comme l’envol d’un porte-avion par exemple), le cahier des charges est respecté !

Vous l’aurez compris, Avengers est un bon film de superhéros, qui manque peut-être d’un peu de surprise, mais qui fait très bien du boulot. Il y a beaucoup de films à l’affiche en ce moment, mais celui-là est définitivement à ne pas rater !

Note du film :  ★★★★½ 

Rating 3.00 out of 5
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Hunger Games : Critique

Hunger GamesDans le métro, sur Internet, au cinéma : impossible de passer à côté de la campagne marketing XXL du film Hunger Games. Cette adaptation du livre à succès de Suzanne Collins s’inscrit comme l’un des plus gros blockbusters de ce début d’année ; mais que vaut-il réellement ?

Film d’anticipation, Hunger Games se déroule dans l’Amérique du futur, renommée Panem. Le Capitole dirige le pays d’une main de fer, écrasant les rébellions et maintenant les « districts » dans la terreur. Afin de s’assurer leur docilité, un tournoi a lieu chaque année, réunissant 2 jeunes de chaque district, désignés par lotterie, en un combat à mort retransmis en direct à la télévision, et suivi par des millions de téléspectateurs. Katniss Everdeen, adolescente de 16 ans du district 12, se porte volontaire afin de remplacer sa soeur, 12 ans, désignée par le tirage au sort.

Hunger Games a un gros avantage par rapport aux blockbusters pour teenagers traditionnels : il s’appuie sur une saga littéraire assez fournie. Ce qui implique une différence de profondeur avec des films comme Time Out, par exemple. Ici, même si tout n’est pas développé dans le film, on sent que l’univers est plus recherché, plus travaillé. Il ne s’agit pas d’un simple concept, construit sur pilotis. Certes, on reste dans le film pour adolescent (des héros de 12 à 18 ans, des joli-e-s filles/garçons, le tout saupoudré de diverses histoires d’amour…), et donc le film n’est pas à placer sur le même plan que Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux. Néanmoins, il vaut largement un Harry Potter.

Le scénario est donc l’un des points forts du film. A côté de cela, le casting est intéressant, sans plus ; les seuls « véritables » acteurs sont les seconds rôles, au premier rang desquels Stanley Tucci et Woody Harrelson, deux incontournables du cinéma de ces dernières années. Les adolescent(e)s sont quant à eux vraisemblablement plutôt choisis sur leur physique que sur leurs talent, dommage. Enfin, comment ne pas noterla très bonne apparition de Lenny Kravitz, dans un rôle à cent mille lieues de ce qu’on aurait pu attendre de lui ?

Le film dure deux heure vingt, ce qui est déjà assez long ; néanmoins, et c’est le risque pour une adaptation d’un livre, certains points auraient mérité d’être développés plus en profondeur. De fait, l’histoire n’est pas si prenante qu’elle aurait pu l’être, et le spectateur a du mal à ressentir toutes les émotions que le réalisateur (Steven Soderbergh, quand même !) cherche pourtant à faire naître en lui. Mais à côté des blockbusters plus classiques, qui sont souvent lobotomisants, Hunger Games tire son épingle du jeu. Un film à regarder entre deux giboulées !

Note du film :  ★★★★☆ 

 

Rating 3.00 out of 5
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Radiostars : Critique

RadiostarsAprès Good Morning Vietnam, puis Good Morning England, c’est au tour de Romain Lévy de sortir son « Good Morning France » : Radiostars, avec Manu Payet et Clovis Cornillac. Dans les salles le 11 avril.

Blast.Fm est la première radio de France, grâce à son « morning » incontournable : le Breakfast-club. A tel point que ses animateurs, Arnold, Alex et Cyril, peuvent tout se permettre à l’antenne. Jusqu’au jour où, évidemment, ils perdent leur place de leader. Ils sont alors envoyés en tournée dans toute la France, accompagnés par Ben, un comique qui ne parvient pas à percer, et qui est embauché comme nouvel auteur de l’émission.

« Vous savez que vous allez voir une comédie française, donc vous vous attendez à voir une grosse daube ! », déclare le réalisateur du film, Romain Lévy, avant la séance. Pour être plus exact, nous savons tous que les comédies françaises sont quitte ou double : soit elles sont effectivement drôles, et on passe un très bon moment (Le dîner de cons, Bienvenue chez les Ch’tis, Intouchables…), soit au contraire on ne sourit pas (si ce n’est jaune) pendant 90 minutes (et là, les exemples sont trop nombreux pour que je puisse les citer). Que vaut alors Radiostars ?

Sans être au niveau des trois films que j’ai cités, Radiostars tire son épingle du jeu. Le scénario est amusant, bien que peu crédible. Les ficelles liant le film de bande et le road movie à l’univers de la radio sont un peu trop grosses. Las ! On se laisse volontiers entraîner sur les routes de France, pour une raison toute simple : les acteurs. Hormis Douglas Attal (qui interprète Ben, censé être le personnage principal du film), le casting est excellent. Le duo Manu Payet / Clovis Cornillac fonctionne à merveille. Le premier réussi à éviter d’en faire trop, ce qui a pu être son défaut dans ses précédents films, et interprète un Alex très touchant. Le second endosse le rôle de vieux baroudeur qui lui va comme un gant. Il l’interprète avec classe, ce qui n’est pas forcément évident pour un personnage qui est censé être relativement passé de mode. Les deux révélations du film sont Benjamin Lavern et Pascal Demolon, qui dans la peau de deux personnages complètement barré mais irrésistibles.

Qui dit film sur la radio dit Bande Originale recherchée. J’ai été assez déçu par celle de Radiostars… Certes, elle n’est pas vraiment mauvaise, mais comparée à celle de Good Morning England ou même plus récemment Drive et Café de Flore, elle n’a rien d’exceptionnel.

Quoiqu’il en soit, Radiostars dégage une atmosphère très conviviale, et une énergie communicative, conformes à l’esprit « bande de potes » qui semble animer l’équipe du film. Ce que nous confirment les acteurs, qui sont venus débattre avec le club 300 d’Allociné après la séance. On en retiendra que le film n’est pas censé être un biopic de Manu Payet (ce dont on doute néanmoins !), que Romain Lévy n’avait pas vu Good Morning England avant de réaliser le film (ce qui est étonnant, vu à quel point les personnages de Clovis Cornillac et surtout Pascal Demolon ressemblent à ceux de son prédécesseur), et que Romain Lévy n’aime pas Franck Dubosc.

Il paraît que le budget pub du film est très limité (il paraît), donc je vous le dis sans détour : Radiostars est un film qui vaut les 10€ de la place de cinéma !

Note du film :  ★★★★☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Mes critiques : Février-Mars 2012

Les mois de février et mars de cette année sont riches en films intéressants… Ajoutez à cela un contexte chargé d’obligations en tous genres, et vous obtenez le retard considérable que j’accumule sur ce blog ! Ce sont pas moins de 7 films vus en deux mois que je n’ai pas eu le temps de critiquer. Plutôt que repousser chaque article ad vitam eternam, je vous en livre une version short aujourd’hui.

Mission Impossible 4Mission : Impossible 4

Le retour de Tom Cruise a.k.a. Ethan Hunt. Le film fait son job, sans aller beaucoup plus loin. Tout commence à Budapest, par une mission qui tourne mal (cela vous rappelle-t-il quelque chose ? C’était le premier opus, à Prague). La suite va toujours plus loin, toujours plus fort, avec la dissolution de l’agence IMF, la destruction du Kremlin, l’escalade de la plus grande tour du monde à Dubaï, etc. Vous voulez du spectacle ? Vous en aurez. Sans faire surchauffer vos neurones ! Mention spéciale pour Léa Seydoux, qui joue un rôle non négligeable dans le film (c’était les 2 minutes cocoricos de l’article).

Note du film :  ★★½☆☆ 

Café de FloreCafé de Flore

En parlant de surchauffe de neurones… Voici un drame prise de tête, histoire croisée de Vanessa Paradis et son fils trisomique d’une part, et d’un DJ montréalais divorcé d’autre part. Hélas, le film tourne court ; façon de parler, car avec une durée de deux heures, le film est extrêmement long. Mais hormis la bande originale, qui est extrêmement puissante, rien n’est à sauver. A l’image de la prestation de Vanessa Paradis, qui confirme ici son manque de talent d’actrice (à part dans La fille sur le pont et L’Arnacoeur, les exceptions qui confirment la règle).

Note du film :  ¾☆☆☆☆ 

Sherlock Holmes 2Sherlock Holmes 2

Guy Ritchie avait revisité en 2009 l’oeuvre de Conan Doyle, façon blockbuster. Le tout était drôle, rafraîchissant, avec du suspens et de l’action… Une réussite, en somme. La barre était donc placée haut pour ce deuxième opus, et, effectivement, c’est raté. C’est le piège lorsqu’un concept particulier fonctionne bien : forcer le trait jusqu’au ridicule (spéciale dédicasse au Capitaine Jack Sparrow !). Le film est trop long, sans relief, et galvaude totalement le dernier problème, qui est pourtant un des livres majeurs de l’histoire.

Note du film :  ★★☆☆☆ 

Dos au murDos au mur

Rien n’arrête Sam Worthington, qui est à l’affiche de son 4ème film en un an (et qui apparaîtra bientôt dans la Colère des Titans)… Dans Dos au mur, il incarne un ancien policier accusé du vol d’un diamant à 40 millions de dollars, qui tente de prouver son innocence en menaçant de se jeter dans le vide. La mécanique rappelle très fortement Phone Game, et Dos au mur ne pâlit pas face à son illustre aîné. Le rythme est excellent, les acteurs relativement bons, l’intrigue absorbante… Et le tout est éclairé par le sourire de la magnifique Elizabeth Banks. A voir !

Note du film :  ★★★★☆ 

Les InfidèlesLes Infidèles

Jean Dujardin et Michel Hazanavicius. Voilà deux noms à la mode en ce moment, synonyme de bons résultats au box office. Nous les retrouvons avec Les Infidèles, un ensemble de courts métrages dans la lignée de I Love Paris et autres. Après avoir provoqué le buzz avec la censure de ses affiches (censure totalement injustifiée d’ailleurs), le film avait soulevé une attente forte. Il commence très fort, avec un court hilarant, mais retombe très vite dans le pathétique. On imagine que c’était voulu, les différents réalisateurs ayant sans doute voulu condamner l’infidélité, mais ils le font très mal, et on s’ennuie pendant une bonne partie du film. Heureusement, le court sur les Sex Addict Anonymes est très drôle, avec notamment un Guillaume Canet à mourir de rire. Mais cela fait un peu juste pour sauver le reste.

Note du film :  ★★¼☆☆ 

Nos plus belles vacancesNos plus belles vacances

Depuis les Bronzés, les films de vacances entre amis sont devenus un genre bien spécifique du cinéma français. Au fil des années, ils ont quitté leurs habits de film comique pour se tourner vers la comédie dramatique. Cela a pu donner des petits chefs d’oeuvre tels que Le Coeur des Hommes, ou, dans une bien moindre mesure, Les Petits Mouchoirs. Nos plus belles vacances s’inscrit dans cette lignée, en bien moins réussi. Aucun relief, on a l’impression d’avoir vu et revu chaque rebondissement dans les téléfilms du samedi.

Note du film :  ★¼☆☆☆ 

ClocloCloclo

Last but not least, le biopic de Claude François éclaire – sans vilain jeu de mot – le spectateur sur la vie de l’autre idole des jeunes. On y découvre le chanteur énervé en psychopathe talentueux ; espérons qu’au paradis des chanteurs morts ils n’aient pas d’UGC, sinon certains vont prendre très cher ! Le film est intéressant, souvent émouvant (mention spéciale à la scène durant laquelle Cloclo découvre la version de Comme d’habitude par Sinatra, qui prend aux tripes), mais très/trop long. 2h30, c’est à la fois court pour reprendre toute la vie de notre superstar franco-française, et extrêmement long pour un film de ce genre. Pourtant, il était assez facile de couper un peu plus court ; certaines scènes, telles que l’écriture de Comme d’habitude (avec Claude François cherchant les paroles : « hmm ça pourrait faire… hmmm… Comme tous les jours » – sic), frisent le ridicule. Résultat, le spectateur se met à attendre assez impatiemment l’arrivée de L’Ampoule – ce qui, vous en conviendrez, est assez morbide. Mention spéciale aux acteurs, qui sont vraiment très ressemblants aux personnages originaux. Impressionnant !

Note du film :  ★★★¾☆ 

 

Rating 3.00 out of 5
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Chronicle : Critique

ChronicleLa planète du cinéma semble s’être arrêtée au triomphe de The Artist aux Oscars. Et pourtant, si vous vous rendez au cinéma le plus proche de chez vous, vous le constaterez par vous-même : oui, de nouveaux films continuent à sortir ! Incroyable non ? Parmi eux, Chronicle, que les Parisiens ont eu l’occasion de découvrir sur les murs de leur métro.

Chronicle est la chronique (ah ! c’est ça le titre !) de trois adolescents américains, qui tombent un jour sur un phénomène non identifié au milieu d’une forêt. Cette découverte va changer leur vie, puisqu’ils vont se réveiller dotés d’un pouvoir de télékinésie. Pouvoir qui va changer leur vie, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Je suis allé voir Chronicle un peu par hasard. Initialement, il était prévu que j’assiste à l’avant-première des Infidèles, mais étant arrivé trop tard, je me retrouve dans une salle à moitié vide, à regarder un film dont je n’ai absolument pas entendu parler. Et le synopsis laissait penser à une énième super-production, sans doute kitsch et ridicule.

Les premières images infirment cette hypothèse. Il s’agit en réalité d’un film tourné en caméra subjective, procédé que vous avez notamment pu apprécier (ou pas) dans Cloverfield ou le projet Blairwitch. Deux possibilités s’offrent alors au spectateur : d’un côté, le mal de crâne et la nausée, de l’autre une sensation de réalisme exacerbée par une qualité de l’image inférieure. Par chance, je me retrouve plutôt dans le second cas. Et, de fait, j’ai trouvé Chronicle très intéressant.

Inutile de le cacher : la manière très particulière de filmer fait quasiment tout le film. Le scénario est assez basique, les acteurs pas forcément hors du commun… Mais le choix de la caméra subjective nous donne l’impression d’assister réellement à ces évènements, et force le spectateur à s’interroger sur ce qu’il ferait si, effectivement, ça lui arrivait.

Et le profil des personnages va en ce sens : quand ils découvrent qu’ils ont des pouvoirs quasi sans limite, les trois adolescents ne revêtent pas un costume moulant et une cape, pour aller défendre la veuve et l’orphelin. Au contraire, ils en ont un usage très égoïste : ils commencent par s’amuser, voyager, gagner en notoriété au lycée, etc., avant de les mettre à contribution pour se venger d’un monde qu’ils trouvent trop injuste.

Certes, Chronicle n’est pas le film de l’année, mais il est tout de même suffisamment marquant pour se prétendre descendant de Cloverfield. Si vous avez aimé celui-ci, vous aimerez le nouveau, même s’il est parfois moins « breathtaking ».

Note du film :  ★★★¾☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Martha Marcy May Marlene : Critique

Martha Marcy May MarleneDes soeurs Olsen, elle est la moins connue. Elizabeth (Olsen, donc) a choisi de suivre un chemin aux antipodes de ses deux soeurs (les jumelles Mary-Kate et Ashley). Alors que les premières enchaîn(ai)ent les performances lobotomisantes, leur benjamine est à l’affiche de Martha Marcy May Marlene, un thriller psychologique.

Le film aux quatre M retrace l’histoire de Martha, une jeune femme qui s’échappe d’une communauté aux forts accents sectaires, pour retourner dans sa famille (qui se résume à sa soeur et son beau-frère). Son retour à la réalité sera semé d’embûches : son expérience l’a profondément choquée, la plongeant dans une incessante paranoïa, et l’amène à placer des barrières entre elle et ceux qui cherchent à l’aider.

Tout comme Shame, le mérite principal de Martha Marcy May Marlene est de nous faire ressentir et comprendre l’état d’esprit d’une personne souffrant d’un trouble psychologique que le spectateur moyen a la chance de ne pas connaître. Si dans le premier, nous pénétrions dans la tête d’un addict sexuel, nous découvrons ici l’emprise que peut avoir un leader charismatique de secte sur une âme plus faible.

Sans bon sentiment, apitoiement ou fausse pudeur, le réalisateur nous montre le cheminement de Martha : comment l’ambiance de la communauté la met à l’aise et la rassure, comment elle est amenée à accepter une soumission totale au leader, comment elle se retrouve petit à petit piégée, et amenée à piéger à son tour d’autres nouvelles recrues. Jusqu’à sa fuite.

Malheureusement, le film s’arrête là. Le spectateur a l’impression d’assister à la projection d’un reportage ou documentaire. On est bien loin d’un véritable thriller psychologique. La plus grosse déception vient en particulier de Patrick, le leader de la secte, qu’on nous annonçait sombre et terrifiant. Au final, nous ne savons même pas s’il est vraiment conscient de manipuler les autres, ou s’il est juste un peu simplet (et très dangereux !).

Côté acteur, je ne reviendrai donc que sur Elizabeth Olsen, puisqu’elle est quasiment personnage unique du film (vu la transparence des autres). L’actrice principale réussit parfaitement à faire oublier son patronyme encombrant. Certes, elle en garde par moment un côté tête-à-claque, mais c’est le personnage plus que l’actrice qui donne ce sentiment. Elizabeth est au final très rafraîchissante (ce qui allège d’ailleurs peut-être l’atmosphère du film), et ce d’autant plus qu’elle n’est pas une bimbo au corps de rêve comme on a l’habitude d’en voir à chaque coin d’écran de cinéma. Le fait de ne pas avoir une femme d’une beauté exceptionnelle en face de soi humanise l’histoire, et la rend à la fois plus réaliste et (donc) marquante.

En conclusion, Martha Marcy May Marlene est un bon documentaire, qui a l’avantage de faire pénétrer le spectateur dans la tête d’une victime de secte. Mais cela reste un peu juste pour en faire un bon film ; gageons qu’Elizabeth Olsen fera mieux à l’avenir.

Merci à Allociné et au club 300 pour cette avant-première !

Note du film :  ★★½☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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The Descendants : Critique

The DescendantsComme en témoignent les notes des films dont j’ai fait la critique précédemment, ceux méritant le détour (et les 10€) sont rares en ce moment. The Descendants est peut-être l’exception.

De prime abord, le scénario ne paraît pas très réjouissant. Matt King, avocat hawaïen héritier d’une princesse de l’archipel, est chargé de mettre en vente les terrains familiaux. Gérant avec difficultés les relations entre ses différents cousins, aussi bien que ses relations avec sa femme et ses deux filles, il va voir sa vie bousculée par un accident qui plonge sa femme dans le coma.

Rien ne sert de le cacher : l’histoire n’est effectivement pas très gaie. Par certains côtés, elle rappelle vaguement celle des Invasions Barbares. Même si le film n’arrive pas à égaler son excellent prédécesseur, il s’en tire finalement assez bien.

George Clooney est particulièrement émouvant, dans ce rôle ambiguë à plusieurs titres. Matt King est-il victime des événements et du cours des choses, ou est-il coupable de n’avoir pas agi pour les contrecarrer ? Est-il en train de construire de nouvelles fondations pour sa famille, ou de préparer le « départ » de sa femme ?

La plupart des autres personnages sont littéralement éclipsés par la performance de George « WhatElse » Clooney, hormis sa fille, interprétée par Shailene Woodley, qui apporte un peu d’équilibre au film. Il s’agit d’ailleurs de la grande révélation du film (elle n’a tourné pour le moment qu’à la télévision). Une actrice à surveiller, même si dans un premier temps elle risque d’être cantonnée à des rôles d’adolescentes pénibles-mais-pas-tant-que-ça.

Note du film :  ★★★★☆ 

Rating 3.00 out of 5
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La Taupe : Critique

La TaupeLes occasions sont rares de voir Gary Oldman occuper un premier rôle. Harry Potter (Sirius Black), Batman Begins et suites (James Gordon), ou encore Le Cinquième Élément (Zorg), autant de rôles marquants mais secondaires. C’est chose faite avec La Taupe, de Tomas Alfredson, qui sortira le 8 février en France.

Gary Oldman y incarne George Smiley, espion du MI6 et bras droit de son directeur, mis en retraite forcée lors du « remerciement » de celui-ci. Il n’y restera toutefois pas longtemps ; il se voit assigner la tâche officieuse de démasquer une taupe soviétique au sein du service.

Dès les premières images, cette adaptation du roman de John Le Carré affiche sa volonté de se démarquer des films d’espionnages traditionnels. Il n’y aura que très peu d’action, et encore moins de héros invincibles qui se sortent de toutes les situations possibles et imaginables. La Taupe est avant tout un film psychologique, sans doute beaucoup plus proche de la réalité qu’un James Bond ou Mission Impossible.

Dès lors, une question se pose : comment peut-on rendre ce genre de films captivants ? Hélas, Tomas Alfredson ne possède pas la réponse. Le film est ennuyeux à mourir. Plus que le manque d’action, c’est le manque de dialogues qui plombe le résultat. A aucun moment on n’entre véritablement dans l’histoire, et on passe cent vingt-sept minutes à regarder sa montre. Deux heures sept minutes interminables ; même bien traité, le sujet mériterait trente minutes de moins.

Comme si cela ne suffisait pas, Tomas Alfredson joue aussi à un jeu très risqué, l’utilisation massive des flashbacks et ellipses. A ce jeu-là, c’est quitte ou double : soit on obtient un petit joyau (cf. L’Affaire Rachel Singer), soit on perd complètement le spectateur. C’est malheureusement le cas dans La Taupe. En témoignent les commentaires des spectateurs à la sortie de la salle…

Et Gary Oldman, dans tout ça ? Sa prestation est très bonne, mais son rôle ne semble pas particulièrement compliqué à jouer. Pas suffisamment en tout cas pour mériter sa nomination aux Oscars ; cela étant, il ne devrait pas faire trop d’ombre à Jean Dujardin, c’est déjà ça de pris ! On est à cent lieues du personnage inoubliable qu’il jouait dans le Cinquième Élément…

Le casting laisse un goût amer de gâchis : il aurait mérité un film bien meilleur. Jugez plutôt : aux côtés de l’acteur principal, rien de moins que Colin Firth (Le discours d’un roi), Tom Hardy (Inception), Mark Strong (Sherlock Holmes), Benedict Cumberbatch (Sherlock), Ciaran Hinds (L’Affaire Rachel Singer), Stephen Graham (Snatch)… Beaucoup de talents pour un résultat bien décevant.

Note du film :  ¾☆☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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Intouchables : Critique

IntouchablesC’était le carton de la fin d’année dernière, sorti d’on-ne-sait-z-ou : Intouchables, une histoire d’amitié entre un handicapé et un black*.

L’objectif de mes critiques étant de fournir aux éventuels lecteurs du blog des éléments pour juger s’il faut ou non aller voir tel ou tel film au cinéma, cette critique arrive un peu tard. Mais voilà, le succès énorme du film fait que je n’ai pas pu avoir de place pour le voir avant mi-janvier. Vu le retard, je vais faire court.

En lui-même, le film est relativement réussi ; l’histoire est touchante (surtout parce qu’elle est vraie), l’humour est bien senti (ce qui devrait rassurer les déçus des Ch’tis), les acteurs sont très bons (mention spéciale à François Cluzet, qui confirme son statut de légende du cinéma français)… Pour résumer, une bonne petite comédie bien de chez nous.

De là à rentrer dans le top 3 des films à succès de l’histoire du cinéma français, après Titanic et les Ch’tis justement, il y a un pas énorme qui n’aurait sans doute pas dû être franchi. Le cinéma français est capable de sortir de vrais chefs d’oeuvre, comme Je vais bien ne t’en fais pas par exemple, qui mériteraient cent fois plus qu’Intouchables de se retrouver à cette place.

Mais, comme en 2008, la crise laisse une morosité omniprésente dans le quotidien des Français. Et donc, comme en 2008, ils se réfugient dans les salles obscures, histoire de rire un bon coup et de souffler un peu. C’est peut-être une analyse sociologique de comptoir, mais je ne vois pas d’autre possibilité pour expliquer ce succès impressionnant.

Quoiqu’il en soit, comme je le disais, je vais faire court, et il y a donc deux critères à prendre en compte avant de décider d’aller, ou non, voir le film (pour les 45 millions de Français qui ne l’ont pas encore fait). Soit vous souhaitez briller en société, et avez donc besoin pour cela de savoir de quoi vos collègues parlent au coin de la machine à café, de manière à pouvoir les illuminer de vos avis éclairés. Vous irez donc voir Intouchables. Soit vous souhaitez briller en société, et avez besoin pour cela de vous différencier des masses grouillantes de petites-gens-fans-de-dany-boon-et-maintenant-omar-sy. Auquel cas, vous n’irez pas voir Intouchables, et vous conterez de sortir une analyse sociologique de comptoir vibrante qui vous permettra de placer vos collègues au même niveau qu’un bovidé producteur de laine (cf. ci-dessus). Soit vous ne souhaitez pas briller en société, et dans ce cas-là, faites ce que vous voulez !

*L’utilisation du terme « black » n’est pas dépourvue de signification, puisque les jeunes de banlieue (qui sont assimilés ici à des personnes au teint bronzé) sont au moins autant un sujet du film que les handicapés (et soumis à des clichés au moins aussi nombreux).

Note du film :  ★★★½☆ 

Rating 3.00 out of 5
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L’amour dure trois ans : Critique

L'amour dure trois ansFrédéric Beigbeder est de retour, pour ce qui est annoncé comme « son meilleur film » : L’amour dure trois ans, adaptation au cinéma de son roman du même nom.

Sous ce titre qui fleure bon le cinéma français se cache l’histoire d’amour entre Marc Marronnier, écrivain en herbe (comprendre « Frédéric Beigbeder jeune »), et Alice, la femme d’Antoine Marronnier (cousin du premier). Et, entre eux deux, un livre : « L’amour dure trois ans », qui va tout compliquer.

L’affiche l’annonce en toutes lettres : « le meilleur film de Frédéric Beigbeder ». Note à l’usage des non-connaisseurs : L’amour dure trois ans est le seul et unique film de l’auteur mondain. Deux interprétations s’imposent : soit les producteurs ont tenté le coup de bluff, et prennent les spectateurs pour des pigeons (© Xavier Niel 2012), soit ils prennent Frédéric Beigbeder pour ce qu’il n’est pas, à savoir un auteur si talentueux que son parcours est connu dans chaque chaumière de France. Je ne trancherai pas ; le doute m’habite.

Le ton du film est donné d’entrée. Le réalisateur a décidé de s’affranchir du cadre cinématographique traditionnel : il fait communiquer ses personnages avec le public, de manière à ajouter un peu d’authenticité à cette histoire pourtant « presque » vraie. Ce sera d’ailleurs une constante : le film parle d’une histoire « normale », de personnages « normaux », et le spectateur a l’obligation de se retrouver dans l’un d’entre eux.

Malheureusement, la frontière entre normalité et banalité est mince, et le film la franchit allègrement. Le meilleur exemple est Gaspard Proust, campant le personnage principal. A force de se donner toute la peine du monde à mal jouer, il finit par nous faire douter. L’effet est-il vraiment voulu ? Je lui laisse le bénéfice du doute : de manière générale, Marc Marronnier est quelqu’un de tout à fait banal, pas du tout attirant, aux accents plutôt antipathiques, à tel point que l’on pourrait presque y déceler un problème de confiance en soi chez le réalisateur (pourtant connu pour, justement, ça trop grande estime de lui-même). Il ne sert au final qu’à mettre en valeur Louise Bourgoin, qui paraît de fait sublime malgré une superficialité certaine. Le reste du casting donne l’impression d’une bande de potes qui tournent ensemble.

Vous l’aurez compris, L’amour dure trois ans est un film relativement mauvais, qui ne restera absolument pas dans l’histoire. Et pourtant, et pourtant… Est-ce son envie de faire s’identifier les spectateurs aux personnages, ou mon côté fleur bleue sur-développé ? Mais il ne m’a pas laissé de marbre, et m’a laissé songeur dès la fin du générique. Peut-être n’était-ce qu’un moment d’égarement ; aussi je ne conseillerai à personne d’aller le voir, vu la mince probabilité d’en retirer un bon moment.

Note du film :  ★½☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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