David Fincher Archive

The Social Network : Critique

The Social NetworkVoici un film que j’aurais dû voir 3 semaines avant sa sortie, et que j’ai finalement vu 2 semaines après (à lire avec un accent rageur). Et oui, The Social Network était LE film attendu de cette rentrée, peut-être même le plus attendu de l’année derrière Inception… Verdict ?

The Social Network raconte l’histoire de Mark Zuckerberg, jeune nerd sans doute puceau de Harvard, qui commence par se faire plaquer par sa copine, et… Ah mais attendez, vous la connaissez déjà cette histoire, c’est celle du fondateur de Facebook qui devient milliardaire en quelques années ! Donc je ne vais pas m’étendre sur le sujet, vous avez sans doute déjà tout lu dessus dans la presse, sur les blogs, ou tout vu dans la bande annonce.

Deux adjectifs me viennent à l’esprit lorsque je repense à la séance d’hier soir. Marketing, et moderne.

Marketing, le film l’est assurément. Depuis l’annonce de sa création jusqu’à la fin du générique, tout a été fait pour générer du profit, faire du blé. Sachant que Facebook a 500 millions de membres dans le monde, certains à Hollywood se sont dit « 500 millions d’entrées pour un film, ça serait quand même énorme ! ». Résultat, on devait s’y attendre, voici l’aventure Facebook adaptée au grand écran.

Et pourtant, l’histoire n’est pas si énorme que ça. Un nerd qui a un jour une bonne idée, et qui arnaque ses amis tout en devenant milliardaire, c’est un peu léger pour un scénario… Dans le même genre, pourquoi ne pas préférer un film sur Steve Jobs ? La création d’Apple, son licenciement, la création de Pixar, le rachat de sa nouvelle boîte par Apple, son accession, une nouvelle fois, au poste de PDG d’Apple, tout ça sur fond de meetings électriques qui ont révolutionné la vision du patron multimilliardaire… Ca au moins ça en jetterait ! Dans The Social Network, on est loin de tout ça. Mais, que voulez-vous, Facebook est à la mode, encore plus qu’Apple. Des ptits sous, des ptits sous, toujours des ptits sous…

Marketing toujours, comment faire en sorte que les djeuns de tous pays aient encore plus envie d’aller voir le film ? David Fincher a trouvé la réponse : on va mettre Justin Timberlake dedans ! On est sûr de pouvoir faire le plein d’adolescentes en chaleur avec ça ! Et qu’on n’aille pas me faire croire qu’il a été pris pour son expérience d’acteur… Dans Love Gourou, en 2008, il était loin d’être transcendant (le film lui-même était une grosse daube). Bon, il faut nuancer ce que je dis : certes le choix de Timberlake a été purement marketing, mais il est très bon dans le film. C’est peut-être même celui qui joue le mieux, sachant que le rôle de Jesse Eisenberg n’est pas non plus super compliqué…

Justin Timberlake, The Social Network

Justin Timberlake, dans The Social Network

Pourquoi moderne ? Tout dans ce film crie ce mot. Autant, dans Wall Street 2, le réalisateur a voulu donner une touche 80′s au film, autant dans The Social Network c’est l’inverse. La musique d’abord, que j’ai adorée. De l’électro à tendance techno, qui soutient le rythme du film (peut-être d’ailleurs l’histoire aurait-elle été un peu molle sans ça ?), et qui est quasi omniprésente… Les basses de la boîte de nuit font vibrer les sièges de la salle : voilà de la valeur ajoutée par rapport à la télé !

Modernes, les enchaînements également… Des coupes franches, sans fondus, que ce soit au niveau du fond ou de la forme. Le spectateur est jeté d’une scène vers l’autre, parfois violemment. Tout n’est pas expliqué, les ellipses sont nombreuses… Tout cela donne un film dans lequel on ne s’ennuie pas une seule seconde. J’ai eu du mal à croire que deux heures s’étaient écoulées lorsqu’est arrivé le générique de fin. On en reprendrait bien encore un peu !

Mon verdict est que The Social Network est un bon film, voire très bon, mais qui laisse un arrière goût d’ultracommercial mal assumé. Il est porté par son réalisateur, David Fincher, qui reste excellent malgré un passage à vide depuis Fight Club et The Game. Et puis, il faut le reconnaître, c’est aussi l’histoire d’une success story du 21ème siècle, le rêve de tout adolescent (ou non) qui passe son temps sur Internet… A bien des égards, Facebook est devenu le modèle du genre, le chef de file des succès de l’Internet 2.0. On peut donc vraisemblablement imaginer que ce film sera considéré plus tard comme un film historique, symbole d’un moment clé de l’histoire de l’humanité (n’ayons pas peur des mots !!! Et puis on ne peut pas être marqué que par les guerres non plus !).

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Mon top 3 des meilleurs films soporifiques

Hollywood me fait dormir !On voit toujours partout mon top 10, mon flop 10, et d’ailleurs je ne manquerai pas de publier des articles dans le même genre d’ici peu, mais en attendant je vous propose un classement un peu plus original : le top 3 des films qui m’ont le plus vite endormi.

A savoir avant toute chose, je m’endors extrêmement rarement devant un film, encore plus lorsque je suis au cinéma. Alors que j’en connais qui piquent du nez avant la fin du générique (de début, évidemment – suivez mon regard), même un mauvais film peut foirer ma nuit. Voilà pourquoi je ne fais qu’un top 3  (ce n’eût été qu’une bête liste sinon !).

#3 : L’Amant (Jean-Jacques Annaud)

L'Amant

La médaille de bronze revient au délire porno-asiatique de Jean-Jacques Annaud « L’Amant ». Je pense que ce film était avant tout un pari, fait lors d’une soirée dans un bar entre le réalisateur est une bande de potes célibataires.

Marcel : « Boaah Jiji, tu vieillis ! Autant je tripais ya dix ans quand tu nous montrais des Néandertaliens qui s’enc******* au coin du feu, autant maintenant tes histoires d’ours et de chiens euthanasiés, c’est pour les gonzesses ! »
- L’assemblée confirme dans un brouhaha éthylique -
Jean-Jacques : « Naaaah mais nawak ! Je vous parie que je peux faire un film de cul, et tout le monde prendra ça pour un super film intello ! »
Marcel : « T’es pas chiche ! IL A PAS D’ORGA-NEUH ! IL A PAS D’ORGA-NEUH »
- Et l’assemblée de reprendre en coeur avec lui -

Résultat, le jour où il est tombé sur le roman de Marguerite Duras « L’amant », son sang ne fit qu’un tour : « Eurêka », s’écria-t-il.

Si vous vous posiez encore la question, non je n’ai pas aimé L’Amant ! Et je ne suis pas le seul, Marguerite Duras ayant elle-même déclaré « Rien ne m’attache au film, c’est un fantasme d’un nommé Annaud » avant de renier l’oeuvre cinémato-soporifique.

#2 : Marie-Antoinette (Sofia Coppola)

Marie-Antoinette

Autre réalisateur presque inconnu, Sofia Coppola est celui qui a réussi à m’envoyer dans les bras de Morphée le plus vite. J’aurais pu le mettre en #1, j’ai hésité.

Non mais sincèrement, Marie-Antoinette, c’est nul ! Bon ok, pour celles qui fantasment encore sur la vie des princesses (wouhouh nous traversons une forêt, quelle aventure !), je peux comprendre que le film soit un rêve (pas forcément très joyeux d’ailleurs).

J’ai dû m’endormir après environ 20 minutes. De toute façon, et je mets pas spoiler parce que tout le monde est allé en histoire au collège, et que si ça se trouve le film s’arrête avant (puisque je vous dis que je me suis endormi avant !), à la fin, elle meurt. Guillotinée. Pas si cool la vie de reine !

#1 L’Etrange Histoire de Benjamin Button (David Fincher)

L'Etrange Histoire de Benjamin Button

Ah oui, vous ne vous y attendiez pas à celle-là !!! Certes, les effets spéciaux sont bien faits (Brad jeune fait vraiment gamin), le scénario est original (merci F. Scott Fitzgerald), c’est une histoire d’Amour (avec plein de violons). Et puis quand même, Brad Pitt et Cate Blanchett !

Mais que c’est long ! Que ça manque de rythme ! C’est le deuxième effet Kiss-Cool : Brad Pitt rajeunit, et nous on prend des rides d’ennui. A moins que vous n’optiez pour ma solution : au bout d’un heure (pour permettre à l’histoire de se mettre en place), fermez les yeux. Respirez tranquillement. Laissez vous bercer par la voix de Cate. Votre corps s’enfonce dans le fauteuil, vos jambes sont lourdes, si lourdes ! Je compte jusqu’à trois, et à trois vous dormez.

Un…

Deux…

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