François Cluzet Archive

Intouchables : Critique

IntouchablesC’était le carton de la fin d’année dernière, sorti d’on-ne-sait-z-ou : Intouchables, une histoire d’amitié entre un handicapé et un black*.

L’objectif de mes critiques étant de fournir aux éventuels lecteurs du blog des éléments pour juger s’il faut ou non aller voir tel ou tel film au cinéma, cette critique arrive un peu tard. Mais voilà, le succès énorme du film fait que je n’ai pas pu avoir de place pour le voir avant mi-janvier. Vu le retard, je vais faire court.

En lui-même, le film est relativement réussi ; l’histoire est touchante (surtout parce qu’elle est vraie), l’humour est bien senti (ce qui devrait rassurer les déçus des Ch’tis), les acteurs sont très bons (mention spéciale à François Cluzet, qui confirme son statut de légende du cinéma français)… Pour résumer, une bonne petite comédie bien de chez nous.

De là à rentrer dans le top 3 des films à succès de l’histoire du cinéma français, après Titanic et les Ch’tis justement, il y a un pas énorme qui n’aurait sans doute pas dû être franchi. Le cinéma français est capable de sortir de vrais chefs d’oeuvre, comme Je vais bien ne t’en fais pas par exemple, qui mériteraient cent fois plus qu’Intouchables de se retrouver à cette place.

Mais, comme en 2008, la crise laisse une morosité omniprésente dans le quotidien des Français. Et donc, comme en 2008, ils se réfugient dans les salles obscures, histoire de rire un bon coup et de souffler un peu. C’est peut-être une analyse sociologique de comptoir, mais je ne vois pas d’autre possibilité pour expliquer ce succès impressionnant.

Quoiqu’il en soit, comme je le disais, je vais faire court, et il y a donc deux critères à prendre en compte avant de décider d’aller, ou non, voir le film (pour les 45 millions de Français qui ne l’ont pas encore fait). Soit vous souhaitez briller en société, et avez donc besoin pour cela de savoir de quoi vos collègues parlent au coin de la machine à café, de manière à pouvoir les illuminer de vos avis éclairés. Vous irez donc voir Intouchables. Soit vous souhaitez briller en société, et avez besoin pour cela de vous différencier des masses grouillantes de petites-gens-fans-de-dany-boon-et-maintenant-omar-sy. Auquel cas, vous n’irez pas voir Intouchables, et vous conterez de sortir une analyse sociologique de comptoir vibrante qui vous permettra de placer vos collègues au même niveau qu’un bovidé producteur de laine (cf. ci-dessus). Soit vous ne souhaitez pas briller en société, et dans ce cas-là, faites ce que vous voulez !

*L’utilisation du terme « black » n’est pas dépourvue de signification, puisque les jeunes de banlieue (qui sont assimilés ici à des personnes au teint bronzé) sont au moins autant un sujet du film que les handicapés (et soumis à des clichés au moins aussi nombreux).

Note du film :  ★★★½☆ 

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Les petits mouchoirs : critiques

Les Petits MouchoirsTempus fugit ! Je prends du retard dans les films que je vois au cinéma ! Je vous livre donc aujourd’hui mon avis sur Les petits mouchoirs, de Guillaume Canet, sorti le 20 octobre dernier…

Encore un film qui pourrait être sorti d’un générateur de film français. J’envisage d’ailleurs de le coder un jour ou l’autre, ça pourrait être amusant. L’idée globale : on prend des amis, des familles, on les met ensemble, et tout dégénère. Combien de films avons-nous vu sur ce thème ? Pas tous mauvais d’ailleurs, Le code a changé est amusant, Embrassez qui vous voudrez aussi… Mais ça ne casse jamais trois pattes à un canard. Et Les petits mouchoirs ne déroge pas à la règle.

Le synopsis est donc vu et revu : un groupe d’amis se retrouve chaque année dans la maison de vacances de l’un d’entre eux, au bord de l’océan. Mais cette année, Ludo (Jean Dujardin) est victime d’un grave accident de moto juste avant le départ. De quoi mettre un peu de tension dans les vacances de chacun… Comme d’habitude, les couples vont se faire, se défaire, on va rigoler, pleurer, etc. On aura le droit à une « belle leçon d’amitié », etc. Rien que de très classique.

Alors effectivement, on rigole. Parfois grâce aux vannes du film (notamment au comportement grossier de François Cluzet, et son « Un, deux, trois… Soleil ! » extraordinaire), mais aussi et surtout par gêne. La plupart des rires que j’ai entendus dans la salle ont éclaté alors qu’un silence assourdissant pesait sur les spectateurs. La violence de l’accident, la violence des images de la victime, la gêne prépubère lorsque la question de l’homosexualité est abordée, etc. Le rire vient souvent pour libérer les spectateurs.

On pleure également. Ou au moins, on a les larmes aux yeux. Je ne spoilerai pas en racontant les différents rebondissements de l’histoire, mais la violence de plusieurs d’entre eux ne laissent personne indifférent.

Les acteurs sont évidemment très bons… Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle affiche : François Cluzet, Jean Dujardin, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, et même… Mathieu Chédid ! Rien à redire donc sur le jeu.

Mais alors, que reprocher au film ? Et bien tout simplement de n’être qu’un film « ordinaire ». Une histoire bateau, bien mise en scène, bien jouée, mais qui reste une histoire bateau. Elle ne laisse pas un souvenir impérissable, on passe un moment divertissant (à défaut d’être déstressant), mais rien de plus. Si vous aimez le thème des Petits Mouchoirs, achetez plutôt le DVD Les Invasions Barbares… Là c’est du grand Cinéma ! Là c’est inoubliable !

P.S. : ne trouvez-vous pas qu’il faut un petit côte pervers pour filmer sa copine en train d’embrasser et faire des cochonneries avec d’autres hommes ?

Rating 4.00 out of 5
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