Frank Langella Archive

Sans Identité : Critique

Sans IdentitéVoici un film dont j’ai oublié de vous parler ; il n’est jamais trop tard pour bien faire, voici donc ma critique de Sans Identité, actuellement dans les salles.

Sans Identité (Unknown en VO) est adapté du livre de Didier Van Cauwelaert Hors de Moi. Il nous raconte l’histoire du Dr Martin Harris, un botaniste américain qui assiste à une conférence en Allemagne avec sa femme. Après un accident de voiture, il se retrouve « sans identité » : sa femme ne le reconnaît plus, il n’a plus de papiers, et va devoir lutter pour récupérer sa vie.

Il me semble avoir lu le roman de Didier Van Cauwelaert, mais je ne me souvenais pas du tout que ça se passait comme ça. Bon. Tant mieux dans un sens, car ça me permet de découvrir le film comme une oeuvre neuve plutôt qu’avoir plein d’a priori sur l’adaptation cinématographique, et en ressortir au final déçu. Et ça a marché : j’ai trouvé Sans Identité relativement bien.

Je dis relativement, parce qu’il ne casse pas trois pattes à un canard… L’histoire est assez basique : le héros qui perd la mémoire et qui doit retrouver qui il est est un thème souvent revisité, sur différents supports : la BD avec XIII, le cinéma avec La mémoire dans la peau, les livres avec Code to Zero de Ken Follett… Résultat, même sans avoir lu Hors de moi, la fin du film est prévisible. Tant pis, le reste rattrape ce défaut !

Le rythme est haletant, et le spectateur est accroché à l’action pendant tout le film. Haletant, mais pas asphyxiant : il ne s’agit pas que d’un film d’action. Contrairement à ce qu’on a l’habitude de voir, le héros n’est pas une grosse brute qui explose les méchants qui se dressent sur son chemin. On a donc le temps de reprendre son souffle entre deux cascades.

Les acteurs s’en sortent également avec les honneurs. Contrairement à ce qui était annoncé sur l’affiche, Liam Neeson s’éloigne du rôle qu’il avait dans Taken, et paraît plus humain, moins indestructible. January Jones (Mad Men) joue parfaitement la poupée-mais-pas-trop-quand-même, cette femme qui cache de lourds secrets derrière un masque de poupée de porcelaine. Frank Langella retrouve un rôle de grand méchant (cf. The Box), et prouve une nouvelle fois qu’il est l’un des rares à pouvoir enchaîner les rôles de gentil papy fatigué (Wallstreet 2) et les assassins sans pitié. Mais surtout, surtout… Dans Sans Identité, on retrouve la principale raison pour laquelle il est physiquement impossible que la France et l’Allemagne soient un jour opposées à nouveau. Je parle évidemment de Diane Kruger, qui n’en finit plus de nous éblouir ! Juste pour elle (sans jeu de mot), Sans Identité est un film à ne pas manquer !

Bon évidemment, le titre est pourri, on est d’accord. « Unknown » ou même « Hors de moi » auraient été beaucoup mieux que « Sans identité »… A croire qu’ils ont utilisé Google traduction pour l’inventer. Mais que voulez-vous, on ne peut pas être constamment inspiré  !

Rating 3.00 out of 5
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Wall Street, l’argent ne dort jamais : Critique

Wall Street : L'argent ne dort jamaisEnviron un mois après Krach, nous revoici plongés au cœur de la Bourse avec la suite de Wall Street. Le même sujet, traité par Fabrice Genestal d’un côté, et Oliver Stone de l’autre.

Les deux films partagent quelques points communs, notamment scénaristiques. Dans les deux, le personnage principal est un trader, brillant qui plus est. Dans les deux, il sort avec une femme d’un profil totalement opposé (une scientifique dans Krach, une « gauchiste » dans Wall Street 2). Dans les deux, il y est question de suicide.

Les similitudes s’arrêtent néanmoins là. Le film américain donne en effet une grande claque à son homologue français, qui a tout à apprendre.

D’un point de vue mise en scène d’abord. Wall Street 2 s’assume en héritier des années 80 (ses enchaînements fondus ou ses effets de transition nous ramènent 20 ans en arrière). Et on se prend au jeu, puisque le nostalgique ne cède jamais le pas au kitsch.

Les acteurs sont évidemment bien meilleurs dans Wall Street 2. Evidemment, Shia LaBeouf n’est pas forcément réputé pour bien jouer, mais il s’en sort plutôt bien. Michael Douglas est fidèle à lui même, classe sans avoir besoin de se la jouer. On notera simplement qu’à 66 ans, il a pris un sacré coup de vieux, et fait petit papy. Carey Mulligan apporte une touche de fraîcheur : on est loin des sex bombs traditionnelles des productions américaines. Sans être à tomber, elle est jolie, et sait jouer de mimiques pour faire craquer les spectateurs. Josh Brolin nous sort une version méchante de Pierce Brosnan, et Frank Langella continue de nous prouver que, depuis Superman Returns en 2006, il fait partie des acteurs avec lesquels il faut compter à Hollywood.

Sur le fond, les deux films s’opposent encore. Les scénaristes américains ont définitivement mieux compris la crise et le fonctionnement de la finance que les scénaristes français. Les subprimes y sont très bien traitées, et vulgarisées afin d’être comprises par le public non averti. Le lien avec l’économie réelle est illustré par la relation qu’a Jake (Shia LaBeouf) avec sa mère, opportuniste agent immobilier. On pourra juste regretter la traduction française parfois hasardeuse (non Jake n’aurait pas pu tomber pour « délit d’initié »).

Alors bien sûr, tout n’est pas rose non plus. Il y a plusieurs séquences peu crédibles, notamment (attention, spoiler alert !)

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lorsque Winnie Gekko (la fille de Gordon) laisse une 100è chance à son père, simplement parce qu’elle est enceinte).

Ou alors, comme la séquence de course de motos, qui tombent comme un cheveu (voire une perruque) sur la soupe. Mais Wall Street : L’argent ne dort jamais reste un bon film, qu’il faut aller voir autant pour approfondir sa culture financière que pour passer un bon moment au cinéma.

Rating 3.00 out of 5
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