Gilles Lellouche Archive

Ma part du gâteau : Critique

Ma part du gâteauOn ne peut pas aller au cinéma uniquement pour les films américains… Et les films cocoricos alors ? Bon je ne suis pas encore allé voir le dernier Dany Boon, alors que reste-t-il côté français ? Ah oui tiens, le prochain Klapisch, Ma part du gâteau, dont la sortie est prévue pour le 16 mars prochaine. Allez c’est parti !

Commençons comme d’habitude par le scénario. Ma part du gâteau, c’est l’histoire de… Attendez, je respire… l’histoire d’une ouvrière dont l’usine se fait couler par un trader, qui le rencontre sans le savoir, et qui finit par en tomber plus ou moins amoureuse. Berk, rien à faire ! Rien que d’y penser, j’ai la nausée. J’en vois qui sourient derrière leur écran : oui l’histoire est ridicule, mais ça vous ferait moins rire si vous aviez perdu 3h au cinéma pour ça !

Faut-y pas que Klapisch soit désespéré pour signer un navet pareil ? On sait que la crise fait vendre, c’est dans l’air du temps. Mais alors en tirer cette pseudo-comédie romantique… Bon j’ai un peu abrégé l’histoire, alors je vous la détaille un peu, en me bouchant le nez. Steve (Gilles Lellouche) est un trader à qui tout réussit, et dont le passe-temps favori est de couler les boîtes pour se faire de l’argent sur leur dos. France (Karin Viard), elle, est une ancienne ouvrière dont l’usine à fermer à cause justement dudit Steve. Après une tentative de suicide, elle décide de quitter Dunkerque pour Paris, où elle se retrouve femme de ménage de… Steve évidemment ! Une certaine intimité naît entre eux, jusqu’au jour où elle apprend qui il est vraiment.

Heureusement pour le producteur, malheureusement pour nous, il n’y a pas de taxe sur le cliché en France. Parce que Ma part du gâteau bat tous les records à ce niveau-là (et pourtant, j’ai vu Comment savoir il n’y a pas si longtemps !). Le trader fou, sadique, qui n’a aucune perception de la réalité, qui s’envoie en l’air avec des mannequins, et qui fait des « mégateufs » dans son appartement avec des « amis » qu’il ne connaît pas. L’ouvrière méritante, mère de trois enfants divorcée, qui doit choisir entre son boulot bien payé et revoir ses enfants les week-ends. Les femmes immigrées anti-françaises. Les deux clics suivis de la traditionnelle phrase « hop, je viens de gagner 65 000 euros ». Et j’en passe, et des meilleurs. Entre guillemets. Je ne parle même pas des dialogues. L’inratable « Ma vie est merdique », du trader. Le couru d’avance « votre fils vaut plus que tout cet argent » de la femme de ménage. Etc. etc.

Ma part du gâteau

Steve-le-trader est censé habiter dans la tour "Coeur Défense"... Si vous connaissez un peu, vous saurez qu'on nous prend vraiment pour des saucisses !

La seule chose qu’ait réussi Klapisch dans ce film, c’est le choix des acteurs. Gilles Lellouche est une nouvelle fois très bon dans le rôle, qu’il connaissait d’ailleurs déjà (cf. Krach, sorti l’été dernier). Il joue parfaitement le connard fini, tout en sachant être touchant lorsqu’il le faut. Karin Viard, je ne suis pas fan d’habitude (non seulement de l’actrice, mais de ses rôles qui sont tous des copiers-collers), mais là force est de constater qu’elle tire son épingle du jeu. A moins que ça soit le niveau catastrophique du reste du film qui la mette en avant… Et enfin, dans la catégorie « des fois on aimerait bien que les larmes viennent, mais on n’y arrive pas » (catégorie sur laquelle Megan Fox règne sans partage), je nomme la fille de Karin Viard, dont j’ignore le nom et c’est mieux que ça reste comme ça !

Bref le mercredi 16 mars, vous savez ce qu’il vous reste à ne pas faire !

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Les petits mouchoirs : critiques

Les Petits MouchoirsTempus fugit ! Je prends du retard dans les films que je vois au cinéma ! Je vous livre donc aujourd’hui mon avis sur Les petits mouchoirs, de Guillaume Canet, sorti le 20 octobre dernier…

Encore un film qui pourrait être sorti d’un générateur de film français. J’envisage d’ailleurs de le coder un jour ou l’autre, ça pourrait être amusant. L’idée globale : on prend des amis, des familles, on les met ensemble, et tout dégénère. Combien de films avons-nous vu sur ce thème ? Pas tous mauvais d’ailleurs, Le code a changé est amusant, Embrassez qui vous voudrez aussi… Mais ça ne casse jamais trois pattes à un canard. Et Les petits mouchoirs ne déroge pas à la règle.

Le synopsis est donc vu et revu : un groupe d’amis se retrouve chaque année dans la maison de vacances de l’un d’entre eux, au bord de l’océan. Mais cette année, Ludo (Jean Dujardin) est victime d’un grave accident de moto juste avant le départ. De quoi mettre un peu de tension dans les vacances de chacun… Comme d’habitude, les couples vont se faire, se défaire, on va rigoler, pleurer, etc. On aura le droit à une « belle leçon d’amitié », etc. Rien que de très classique.

Alors effectivement, on rigole. Parfois grâce aux vannes du film (notamment au comportement grossier de François Cluzet, et son « Un, deux, trois… Soleil ! » extraordinaire), mais aussi et surtout par gêne. La plupart des rires que j’ai entendus dans la salle ont éclaté alors qu’un silence assourdissant pesait sur les spectateurs. La violence de l’accident, la violence des images de la victime, la gêne prépubère lorsque la question de l’homosexualité est abordée, etc. Le rire vient souvent pour libérer les spectateurs.

On pleure également. Ou au moins, on a les larmes aux yeux. Je ne spoilerai pas en racontant les différents rebondissements de l’histoire, mais la violence de plusieurs d’entre eux ne laissent personne indifférent.

Les acteurs sont évidemment très bons… Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle affiche : François Cluzet, Jean Dujardin, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, et même… Mathieu Chédid ! Rien à redire donc sur le jeu.

Mais alors, que reprocher au film ? Et bien tout simplement de n’être qu’un film « ordinaire ». Une histoire bateau, bien mise en scène, bien jouée, mais qui reste une histoire bateau. Elle ne laisse pas un souvenir impérissable, on passe un moment divertissant (à défaut d’être déstressant), mais rien de plus. Si vous aimez le thème des Petits Mouchoirs, achetez plutôt le DVD Les Invasions Barbares… Là c’est du grand Cinéma ! Là c’est inoubliable !

P.S. : ne trouvez-vous pas qu’il faut un petit côte pervers pour filmer sa copine en train d’embrasser et faire des cochonneries avec d’autres hommes ?

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Krach : Critique

KrachHier soir avait lieu l’avant-première de Krach, en présence de son réalisateur Fabrice Genestal, à l’UGC Ciné Cité de la Défense.

Je dis bien « en présence de son réalisateur », bien que ça ne soit pas le terme « officiel » d’UGC. Pour UGC, c’est « en présence de l’équipe du film ». Alors évidemment, naïfs que nous sommes, nous nous attendions à voir Gilles Lellouche, Vahina Giocante, Michael Madsen et Charles Berling… Mais au bout d’une demie-heure d’attente, point d’acteur à l’horizon. Enfin c’était déjà sympa de la part de Fabrice Genestal d’être là.

Le problème des interviews lors des avant-premières à la Défense, c’est que le présentateur n’est pas très bon. Il pose en tout et pour tout 3 questions à chaque fois, ne creuse aucune réponse, et il faut avouer que sa voix grave et monotone endort. Malgré tout, j’ai réussi à lutter contre le sommeil, et à entendre les réponses du réalisateur.

Fabrice Genestal

Fabrice Genestal (sisi !)

Genestal a commencé par préciser que son scénario date d’avant la crise, et d’avant Jérôme Kerviel. Il fait bien de préciser, car l’histoire (inventée, donc) du trader nommé Erwan Kermor pouvait laisser penser le contraire. Tous les éléments de l’histoire sont donc fictifs. Son souhait a été de retranscrire l’ambiance du poste de trader, afin « d’éclairer le public ». Voilà ce que l’on peut retenir de cette interview. Ah et puis qu’il a réussi à piquer Michael Madsen à Quentin Tarantino grâce à une connaissance, qui connaît quelqu’un qui… qui connaît le directeur de casting de l’Américain. Et que du coup il aurait pu avoir encore plus de stars américaines, mais que des problèmes de coproduction l’en ont empêché. Voilà.

Bon le coup du « je voulais présenter un peu le monde de la finance, les grandes banques, etc., et je me suis concentré sur les traders », ça fait un peu marketing. Quoi de plus vendeur aujourd’hui que taper sur les traders qui manipulent des gros chiffres ? Je suis loin d’être contre leur taper dessus, comprenez-moi bien, mais autant admettre que c’est pour faire du business !

Puis vint l’heure de la projection. Et du générique le plus long de l’histoire ! (ou peut-être était-ce une impression due à l’attente que l’on avait subi auparavant ?) Il annonce la couleur : le film manque de rythme. Les longueurs sont légion, sans doute parce que le réalisateur a voulu donner une dimension plus naturelle et moins spectacle. Mais résultat, on s’ennuie sur toute la première partie du film.

Point de vue dramatique, Krach a également quelques lacunes. Le suspens n’est pas entretenu, la tension est mal gérée : pas de « crescendo » les amenant petit à petit, pas de cohérence globale, etc. On a un peu l’impression d’un film de 6h qui aurait été tronqué à la hache pour ramener la durée à 1h30.

Bon Krach n’est pas non plus un navet. Les acteurs se débrouillent plutôt bien, le fond est plutôt bien traité. Je regrette néanmoins que le sujet soit si bateau, vu et revu. Trader, avec Ewan McGregor, était bien meilleur (et il s’agissant en plus d’une histoire vraie !). En tant que film français, dont le réalisateur veut faire un moment pédagogique autant que divertissant, il aurait été intéressant de s’attarder plus sur les conséquences d’une chute de la Bourse de 20% sur l’économie réelle. Là, le spectateur est trop limité à la vision du trader, et ne prend pas conscience des décisions qui sont prises (ce que l’on reproche d’ailleurs au trader).

Malgré tout, ce qui est plutôt bien décrit dans le film, c’est l’impact de la confiance sur les marchés. [Attention petit spoil ;) ]

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Lorsque le marché fait confiance à Kermor, les valeurs montent, et quand ce n’est plus le cas, elles s’effondrent. L’effet aurait été encore plus saisissant si la rumeur à l’origine de cette perte de confiance avait été fausse.

Pas la peine de se ruer sur Krach à sa sortie (le 1er septembre). Il est tout à fait possible d’attendre de le voir passer sur Ciné-dimanche, ou, mieux, de piquer le DVD à un ami !

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