Jean Dujardin Archive

Mes critiques : Février-Mars 2012

Les mois de février et mars de cette année sont riches en films intéressants… Ajoutez à cela un contexte chargé d’obligations en tous genres, et vous obtenez le retard considérable que j’accumule sur ce blog ! Ce sont pas moins de 7 films vus en deux mois que je n’ai pas eu le temps de critiquer. Plutôt que repousser chaque article ad vitam eternam, je vous en livre une version short aujourd’hui.

Mission Impossible 4Mission : Impossible 4

Le retour de Tom Cruise a.k.a. Ethan Hunt. Le film fait son job, sans aller beaucoup plus loin. Tout commence à Budapest, par une mission qui tourne mal (cela vous rappelle-t-il quelque chose ? C’était le premier opus, à Prague). La suite va toujours plus loin, toujours plus fort, avec la dissolution de l’agence IMF, la destruction du Kremlin, l’escalade de la plus grande tour du monde à Dubaï, etc. Vous voulez du spectacle ? Vous en aurez. Sans faire surchauffer vos neurones ! Mention spéciale pour Léa Seydoux, qui joue un rôle non négligeable dans le film (c’était les 2 minutes cocoricos de l’article).

Note du film :  ★★½☆☆ 

Café de FloreCafé de Flore

En parlant de surchauffe de neurones… Voici un drame prise de tête, histoire croisée de Vanessa Paradis et son fils trisomique d’une part, et d’un DJ montréalais divorcé d’autre part. Hélas, le film tourne court ; façon de parler, car avec une durée de deux heures, le film est extrêmement long. Mais hormis la bande originale, qui est extrêmement puissante, rien n’est à sauver. A l’image de la prestation de Vanessa Paradis, qui confirme ici son manque de talent d’actrice (à part dans La fille sur le pont et L’Arnacoeur, les exceptions qui confirment la règle).

Note du film :  ¾☆☆☆☆ 

Sherlock Holmes 2Sherlock Holmes 2

Guy Ritchie avait revisité en 2009 l’oeuvre de Conan Doyle, façon blockbuster. Le tout était drôle, rafraîchissant, avec du suspens et de l’action… Une réussite, en somme. La barre était donc placée haut pour ce deuxième opus, et, effectivement, c’est raté. C’est le piège lorsqu’un concept particulier fonctionne bien : forcer le trait jusqu’au ridicule (spéciale dédicasse au Capitaine Jack Sparrow !). Le film est trop long, sans relief, et galvaude totalement le dernier problème, qui est pourtant un des livres majeurs de l’histoire.

Note du film :  ★★☆☆☆ 

Dos au murDos au mur

Rien n’arrête Sam Worthington, qui est à l’affiche de son 4ème film en un an (et qui apparaîtra bientôt dans la Colère des Titans)… Dans Dos au mur, il incarne un ancien policier accusé du vol d’un diamant à 40 millions de dollars, qui tente de prouver son innocence en menaçant de se jeter dans le vide. La mécanique rappelle très fortement Phone Game, et Dos au mur ne pâlit pas face à son illustre aîné. Le rythme est excellent, les acteurs relativement bons, l’intrigue absorbante… Et le tout est éclairé par le sourire de la magnifique Elizabeth Banks. A voir !

Note du film :  ★★★★☆ 

Les InfidèlesLes Infidèles

Jean Dujardin et Michel Hazanavicius. Voilà deux noms à la mode en ce moment, synonyme de bons résultats au box office. Nous les retrouvons avec Les Infidèles, un ensemble de courts métrages dans la lignée de I Love Paris et autres. Après avoir provoqué le buzz avec la censure de ses affiches (censure totalement injustifiée d’ailleurs), le film avait soulevé une attente forte. Il commence très fort, avec un court hilarant, mais retombe très vite dans le pathétique. On imagine que c’était voulu, les différents réalisateurs ayant sans doute voulu condamner l’infidélité, mais ils le font très mal, et on s’ennuie pendant une bonne partie du film. Heureusement, le court sur les Sex Addict Anonymes est très drôle, avec notamment un Guillaume Canet à mourir de rire. Mais cela fait un peu juste pour sauver le reste.

Note du film :  ★★¼☆☆ 

Nos plus belles vacancesNos plus belles vacances

Depuis les Bronzés, les films de vacances entre amis sont devenus un genre bien spécifique du cinéma français. Au fil des années, ils ont quitté leurs habits de film comique pour se tourner vers la comédie dramatique. Cela a pu donner des petits chefs d’oeuvre tels que Le Coeur des Hommes, ou, dans une bien moindre mesure, Les Petits Mouchoirs. Nos plus belles vacances s’inscrit dans cette lignée, en bien moins réussi. Aucun relief, on a l’impression d’avoir vu et revu chaque rebondissement dans les téléfilms du samedi.

Note du film :  ★¼☆☆☆ 

ClocloCloclo

Last but not least, le biopic de Claude François éclaire – sans vilain jeu de mot – le spectateur sur la vie de l’autre idole des jeunes. On y découvre le chanteur énervé en psychopathe talentueux ; espérons qu’au paradis des chanteurs morts ils n’aient pas d’UGC, sinon certains vont prendre très cher ! Le film est intéressant, souvent émouvant (mention spéciale à la scène durant laquelle Cloclo découvre la version de Comme d’habitude par Sinatra, qui prend aux tripes), mais très/trop long. 2h30, c’est à la fois court pour reprendre toute la vie de notre superstar franco-française, et extrêmement long pour un film de ce genre. Pourtant, il était assez facile de couper un peu plus court ; certaines scènes, telles que l’écriture de Comme d’habitude (avec Claude François cherchant les paroles : « hmm ça pourrait faire… hmmm… Comme tous les jours » – sic), frisent le ridicule. Résultat, le spectateur se met à attendre assez impatiemment l’arrivée de L’Ampoule – ce qui, vous en conviendrez, est assez morbide. Mention spéciale aux acteurs, qui sont vraiment très ressemblants aux personnages originaux. Impressionnant !

Note du film :  ★★★¾☆ 

 

Rating 3.00 out of 5
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The Artist : Critique

The ArtistUn film muet, en noir et blanc, en 2011. The Artist était un pari, assez osé qui plus est ! Et pourtant, il s’agit sans doute d’un des tous meilleurs films français de l’année. Pourquoi ? Jean Dujardin bien sûr. Mais pas que.

Retour à la fin des années 20. Georges Valentin est une superstar du cinéma muet. Riche, dragueur, mégalo, et propriétaire d’un petit chien qui ne le quitte jamais. Seulement voilà : l’arrivée du cinéma parlant va bouleverser son monde. Et celui de Peppy Miller, simple figurante, qui va être propulsée sur le devant de la scène, prenant ainsi la place de son idole.

Sur le papier, le film n’inspire pas forcément confiance. Le duo Michel Hazanavicius / Jean Dujardin nous a plutôt habitués aux parodies (OSS 117) ; réussiront-ils à sortir de ce cadre pour un exercice aussi compliqué ? Le prix d’interprétation du Festival de Cannes 2011 semble l’affirmer. De même que les rumeurs persistantes sur un possible Oscar dans quelques mois…

Et il faut bien le reconnaître : Jean Dujardin est magistral dans ce film. On le savait déjà capable de jouer aussi bien du comique grotesque (Brice de Nice, OSS 117) que des rôles plus graves (Contre-enquête, Les petits mouchoirs). En passant par des prestations sortant du commun, comme dans Le bruit des glaçons. Dans The Artist, on le découvre en acteur des années 20 plus vrai que nature. Son sourire préfabriqué, ses mimiques forcées devant les caméras sont impressionnants. D’autant qu’ils ne sont appuyés par (presque) aucun texte. Une jolie leçon d’acting, à la manière de Marion Cotillard dans La Môme (Oscar en vue, je vous dis !). Sans parler de sa prestation finale, que je ne spoilerai pas mais qui est bluffante.

L’humour est évidemment présent tout au long du film, tout comme l’émotion. The Artist nous donne l’impression d’être dans une publicité pour la rentrée du cinéma : toutes les émotions peuvent se lire sur les visages des spectateurs. Du rire, des (presque) larmes, de la tension, de l’étonnement… J’ai été très impressionné par le panel de sentiments que le film fait naître avec un peu de noir, de blanc, et de piano.

Tout cela ferait presque oublier le casting surréaliste du film. Outre Dujardin, et Bérénice Bejo (qu’on avait aussi pu voir dans OSS 117), on retrouve de grands acteurs américains dont les noms ne sont peut être pas très connus du néophyte, mais dont les visages sont ancrés dans l’inconscient collectif. James Cromwell est le stéréotype même de ces géants du second rôle, lui qu’on a pu voir dans Clones, Spider Man 3, I Robot, La Ligne Verte, etc. De même pour John Goodman, qui jouait dans les incontournables O’Brother et The Big Lebowski (ainsi que dans plusieurs « contournables » d’ailleurs). Ajoutez Malcolm McDowell (Orange Mécanique) et Missi Pyle (Charlie et la Chocolaterie), et vous obtenez une ambiance forcément très hollywoodienne.

Mon conseil : allez le voir au cinéma dès maintenant. Et le 27 février 2012, à la pause café du matin, lorsque tout le monde commentera l’Oscar reçu par le film, vous pourrez lâcher un nonchalant « Moi je l’avais vu il y a longtemps déjà… J’étais sûr qu’il allait l’avoir. » Classe.

Rating 3.00 out of 5
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Les petits mouchoirs : critiques

Les Petits MouchoirsTempus fugit ! Je prends du retard dans les films que je vois au cinéma ! Je vous livre donc aujourd’hui mon avis sur Les petits mouchoirs, de Guillaume Canet, sorti le 20 octobre dernier…

Encore un film qui pourrait être sorti d’un générateur de film français. J’envisage d’ailleurs de le coder un jour ou l’autre, ça pourrait être amusant. L’idée globale : on prend des amis, des familles, on les met ensemble, et tout dégénère. Combien de films avons-nous vu sur ce thème ? Pas tous mauvais d’ailleurs, Le code a changé est amusant, Embrassez qui vous voudrez aussi… Mais ça ne casse jamais trois pattes à un canard. Et Les petits mouchoirs ne déroge pas à la règle.

Le synopsis est donc vu et revu : un groupe d’amis se retrouve chaque année dans la maison de vacances de l’un d’entre eux, au bord de l’océan. Mais cette année, Ludo (Jean Dujardin) est victime d’un grave accident de moto juste avant le départ. De quoi mettre un peu de tension dans les vacances de chacun… Comme d’habitude, les couples vont se faire, se défaire, on va rigoler, pleurer, etc. On aura le droit à une « belle leçon d’amitié », etc. Rien que de très classique.

Alors effectivement, on rigole. Parfois grâce aux vannes du film (notamment au comportement grossier de François Cluzet, et son « Un, deux, trois… Soleil ! » extraordinaire), mais aussi et surtout par gêne. La plupart des rires que j’ai entendus dans la salle ont éclaté alors qu’un silence assourdissant pesait sur les spectateurs. La violence de l’accident, la violence des images de la victime, la gêne prépubère lorsque la question de l’homosexualité est abordée, etc. Le rire vient souvent pour libérer les spectateurs.

On pleure également. Ou au moins, on a les larmes aux yeux. Je ne spoilerai pas en racontant les différents rebondissements de l’histoire, mais la violence de plusieurs d’entre eux ne laissent personne indifférent.

Les acteurs sont évidemment très bons… Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle affiche : François Cluzet, Jean Dujardin, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, et même… Mathieu Chédid ! Rien à redire donc sur le jeu.

Mais alors, que reprocher au film ? Et bien tout simplement de n’être qu’un film « ordinaire ». Une histoire bateau, bien mise en scène, bien jouée, mais qui reste une histoire bateau. Elle ne laisse pas un souvenir impérissable, on passe un moment divertissant (à défaut d’être déstressant), mais rien de plus. Si vous aimez le thème des Petits Mouchoirs, achetez plutôt le DVD Les Invasions Barbares… Là c’est du grand Cinéma ! Là c’est inoubliable !

P.S. : ne trouvez-vous pas qu’il faut un petit côte pervers pour filmer sa copine en train d’embrasser et faire des cochonneries avec d’autres hommes ?

Rating 4.00 out of 5
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Le bruit des glaçons : Critique

Le bruit des glaçonsEn voici un drôle de film pour terminer le mois d’août… Je parle bien sûr de Le bruit des glaçons, de Bertrand Blier, avec Jean Dujardin et Albert Dupontel.

Je dois avouer que je ne savais pas où je mettais les pieds en m’asseyant dans la salle. J’avais simplement été attiré par les deux têtes d’affiche, deux acteurs à la pointe de l’humour en France. Et je m’imaginais donc (quoi de plus normal) voir un film comique distrayant, qui fasse un peu souffler après une journée de boulot intense. Erreur ! Pour décrire ce film, trois G : glacial, gênant, grinçant.

Glacial, par son thème d’abord. La lutte d’un homme – alcoolique – contre son cancer. Evidemment, on fait plus joyeux. Gênant, par sa musique : des mélodies très brutes, martelées au piano le plus souvent. Elles portent l’essentiel du sentiment dramatique. Gênant également par les images. Vous me direz, c’est peut-être de la morale mal placée, mais voir Dujardin barbu, alcoolique, bedonnant, presque vieux, manger la poitrine d’une fille tout juste majeure (Christa Teret - de LOL)… Grinçant enfin, par son humour. Noir évidemment, plus noir que noir d’ailleurs !

Alors oui, on rigole, bien sûr. Dupontel joue son rôle traditionnel, celui du méchant cynique, pervers, mauvais. On est loin du « bête et méchant » made in USA. Dupontel nous fait rire, mais nous fait rire jaune. Et ce n’est absolument pas « de bon coeur » ! On rigole, parce que ça nous soulage, parce que ça libère la tension. Et parce que les dialogues sont ciselés, affutés comme des lames de rasoir. Dujardin quant à lui sort une nouvelle carte de son jeu, et inspire tour à tour la pitié, le mépris, et l’empathie.

La mise en scène est très simple ; on dirait presque du théâtre. Les dialogues sont déclamés, les acteurs font quelques apartés vers le public, et les lieux changent peu.

On regrettera simplement la fin, qui, sans spoiler, est une queue de poisson en bonne et due forme ! Tout le reste du film est tellement travaillé, tellement recherché, qu’elle choque (dans le mauvais sens du terme).

Ai-je aimé ce film ? Difficile à dire ! Au fond de moi, je pense qu’il s’agit d’un très bon film, qui prend le spectateur à contrepied, et propose une vision originale de la lutte contre la maladie. Mais c’était un peu trop de tension pour un vendredi soir !

Rating 3.00 out of 5
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