Jeff Bridges Archive

True Grit : Critique

True GritLes frères Coen nous ont livré il y a deux semaines leur nouveau film : True Grit, un western avec Jeff Bridges. Personnellement, j’y suis allé à reculons. Je ne sais pas si on a encore le droit de dire ça en 2011, mais je n’aime pas les films des frères Coen. A l’exception de O’Brother et Burn After Reading peut-être. Mais The Big Lebowski ou No Country For Old Man m’avaient complètement endormi. Et True Grit alors ?

Commençons par le commencement : l’histoire. True Grit est l’histoire d’une fille de 14 ans, bien décidée à venger la mort de son père. Elle fait pour cela appel à un Marshal, avec qui elle part en territoire indien rechercher l’assassin en fuite. Leur périple les amènera à croiser un Texas Ranger, qui traque également le criminel depuis plusieurs mois, et un hors-la-loi sanguinaire.

Bonne nouvelle : je ne me suis pas endormi ! C’est un bon signe… Certes, le fait que je l’ai vu un midi n’y est sans doute pas étranger, mais je peux dire également que True Grit n’est pas un film soporifique. Il s’agit en fait d’un western assez basique, avec ses cow-boys machos, ses fusillades, ses grands espaces. Quelques excès de sadisme nous maintiennent de toute façon éveillés (cf. la tentative d’arrachage de langue, le charognard qui grignote un cadavre, etc.).

Le scénario est lui aussi assez basique. La course poursuite « à distance » dans les déserts américains a été traitée des dizaines de fois. Seule, l’introduction d’une petite fille dans l’histoire donne un peu d’originalité. Pour le reste, c’est cousu de fil blanc, et on n’est surpris à aucun moment. Je ne sais pas comment était le livre dont le film est tiré, mais l’œuvre cinématographique est relativement plate.

Consolation, comme souvent dans les films des frères Coen : les acteurs sont bons. Jeff Bridges évidemment, en vieux Marshal ivrogne. Matt Damon aussi, qui prouve qu’il a plus d’une expression à son jeu ; c’est juste qu’il ne les sort pas souvent. Et la jeune Hailee Steinfeld est elle aussi surprenante : on a souvent l’occasion de voir des enfants relativement mauvais (souvenez-vous de Star Wars I !) au cinéma. Ici, elle s’en tire très bien, et ce malgré le niveau de ses partenaires !

Je ne m’étendrai pas plus sur ce film, tout simplement pour la raison sus-citée : True Grit n’est ni très bon, ni mauvais… Il se laisse regarder, ce qui n’est déjà pas si mal !

Rating 3.50 out of 5
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Tron Legacy : Critique

Tron L'HéritageOn ne peut pas échouer à tous les coups : cette fois il restait de la place dans la fameuse salle 16, et j’ai donc pu assister à la projection de Tron : L’Héritage en 3D. Je n’avais pas vu le premier du nom, donc il me manque certainement des éléments, mais ma première impression est mitigée.

Sam Flynn est l’héritier de la firme ENCOM, géant informatique mondial, créé par son père Kevin Flynn quelques dizaines d’années avant. Depuis la disparition de ce dernier, la firme est laissée aux mains de dirigeants sans pitié, et Sam ne trouve pas la motivation pour reprendre ce qui lui appartient. Un jour, l’ancien associé de Kevin reçoit un message émanant de leur ancien bureau. Ni une, ni deux, Sam s’y rend et se fait « téléporter » dans le coeur du système inventé par son père, « La Grille ».

L’impression « mitigée » vient du fait qu’il y a à la fois d’excellents éléments dans Tron: Legacy, mais qu’il y a également une bonne dose de gâchis ridicule… Je commence par le bon ou le mauvais ? Allez, le mauvais.

Evidemment, le film partait mal, parce que le scénario est terriblement mauvais. Une histoire qui se passe au coeur d’un ordinateur, cela faisait peut-être rêver en 1980, mais aujourd’hui ce n’est que ridicule. Tous les personnages sont archi-stéréotypés, du DG sans coeur de la multinationale au fils abandonné qui a mal tourné, en passant par le grand-méchant-qui-en-fait-n’est-pas-si-méchant-il-fait-juste-ce-que-le-gentil-lui-a-ordonné-de-faire. La fin est ultra-prévisible, puisqu’on nous l’explique dès le départ :

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Kevin : « je ne peux faire disparaître Clu qu’en disparaissant moi-même »

. On n’est surpris à aucun moment, Steven Lisberger a utilisé du bon gros fil blanc !

Il y aurait eu de bons dialogues, peut-être qu’on aurait oublié le scénario bidon. Mais encore une fois, on enchaîne les répliques kitsch, qui arrivent comme autant de cheveux sur la soupe scénaristique qu’est Tron. J’aimerais pouvoir vous en citer quelques-unes, juste pour le plaisir, mais j’ai dû les refouler immédiatement dans mon inconscient… Bref c’est de toute façon au mieux amusant, au pire désolant.

Et Jeff Bridges alors ? Et bien c’est moche à dire, mais il livre une prestation tout à fait décevante ici. Certes, il est toujours mieux que les autres acteurs, et arrive de temps en temps à donner un peu de charisme à son personnage. Mais ce n’est pas dur : les autres sont simplement mauvais. Le pire étant sans doute Garrett Hedlund, qui a pourtant le rôle principal ; il essaye en vain, pendant toute la durée du film, de faire le beau gosse à la Brad Pitt, et en oublie de jouer son rôle correctement.

Assez dit de mal, je le disais plus haut : il y a d’excellents éléments dans Tron: Legacy. Après ce que je viens d’écrire, difficile d’imaginer que cela puisse être le cas, et pourtant ! Au final, Tron est une réussite artistique.

Tron Legacy

C'est joli non ?

Pour commencer, j’ai trouvé les images sublimes. Certes, ce ne sont pas de grands paysages saisissants, comme on a l’habitude d’en voir, mais le monde de synthèse est particulièrement esthétique. Citons notamment la course de lightcycle, qui est absolument parfaite (d’un point de vue graphique). La 3D est pour une fois utile et efficace, et ajoute une vraie dimension au film (au sens propre et au sens figuré). Tron est donc un délice pour les yeux.

Et évidemment, LE gros point fort de Tron est sa BO, signée par Daft Punk - excusez du peu. Les morceaux sont magiques, et décrivent à eux seuls mieux le monde virtuel que la parodie de scénario qu’on essaye de nous faire avaler. A peine sortis du cinéma, on n’a qu’une envie : l’écouter sur Deezer (parce que c’est légal) ! Après, on aime ou on n’aime pas la musique électronique. Mais force est de constater que les Daft Punk sont toujours les maîtres du genre.

Au final, Tron est simplement un clip de 127 minutes, qui se révèle addictif si on n’y va pas pour découvrir une histoire. Mon conseil ? Allez donc le voir au cinéma si vous aimez le spectacle, mais si vous ne le voyez pas sur le grand écran, oubliez-le : il ne doit avoir absolument aucun intérêt sur petit écran, à moins de couper l’image… Mais dans ce cas, il reste la possibilité Deezer ;)

Garrett_HedlundGarrett
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