Karin Viard Archive

Rien à déclarer : Critique

Rien à déclarerIl y a des soirs comme ça… On se motive pour aller voir Tron en 3D, en se disant qu’on va en prendre plein les yeux, et, une fois arrivé devant l’UGC La Défense, on voit qu’il ne reste que 25 places dans la salle 16. Inenvisageable ! Et on se retrouve donc à devoir choisir entre Au-delà, ou Rien à déclarer. Un film pas terrible amusant ou un film pas terrible tout court ? Nous avons donc choisi le nouveau Dany Boon.

Deux ans après Bienvenue chez les Ch’tis, Dany Boon nous livre un autre film bâti sur le même modèle : un choc des cultures entre les deux personnages principaux. Ruben Vandervoorde (Benoît Poelvoorde) est un douanier belge profondément francophobe. De l’autre côté de la frontière, son homologue français et ennemi de toujours, Mathias Ducatel (Dany Boon), subit ses frasques quotidiennes. Deux facteurs (pas les postiers) viennent compliquer le tout : Mathias sort en cachette avec la sœur de Ruben, et le traité de Maastricht va les obliger à former une unité de « douane volante » franco-belge.

Dany Boon reprend ici les principes qui ont fait le succès des Ch’tis : les clichés qu’ont les uns des autres et réciproquement, le comique de situation, l’accent grotesque, l’histoire d’amour, et évidemment les fonctionnaires. A partir de là, il y avait peu de chance d’obtenir un chef d’œuvre : on rigole rarement deux fois de suite des mêmes choses. D’autant que les sketchs sont beaucoup moins bons que dans « le premier ». Résultat : Rien à déclarer n’est pas bon. Je ne dis pas « mauvais », parce qu’on rigole quand même. Ca vaut largement un « Camping » par exemple, avec le côté beauf en moins. Mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. On s’y attendait.

Et contrairement à dans Bienvenue chez les Ch’tis, les acteurs sont moyens. Dany Boon reste fidèle à lui-même, mais son personnage est moins attachant. Et on finit par se lasser.  Benoît Poelvoorde, lui, c’est un cas à part. C’est typiquement le genre d’acteur que j’ai envie d’aimer. Ce boulimique de tournages (plus de 28 films en 10 ans) a un positionnement décalé : il apparaît dans les « suites » de cartons phénoménaux (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Bienvenue chez les Ch’tis), qui se révèlent être des navets, et dans lesquels il est le seul à tirer son épingle du jeu.  Deux possibilités : soit c’est un opportuniste talentueux, soit il choisit ses films pour pouvoir se faire mousser ! Les seconds rôles sont mitigés… François Damiens, fidèle à lui-même, est excellent. Un plaisir à chaque fois ! Bruno Lochet est lui méconnaissable, une vraie bonne surprise. Pour les autres, on repassera. Karin Viard d’abord, dont je n’aime pas particulièrement le jeu, Julie Bernard, très jolie mais qui hélas joue très mal, Laurent Gamelon, Bouli Lanners, personne de bien fameux.

Que dire de plus ? Le contexte est intéressant, mais l’histoire beaucoup moins. La mise en scène totalement transparente, et la musique pas top. Une comédie française ratable (pour ne pas dire ratée), rien de plus.

Rating 3.00 out of 5
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Ma part du gâteau : Critique

Ma part du gâteauOn ne peut pas aller au cinéma uniquement pour les films américains… Et les films cocoricos alors ? Bon je ne suis pas encore allé voir le dernier Dany Boon, alors que reste-t-il côté français ? Ah oui tiens, le prochain Klapisch, Ma part du gâteau, dont la sortie est prévue pour le 16 mars prochaine. Allez c’est parti !

Commençons comme d’habitude par le scénario. Ma part du gâteau, c’est l’histoire de… Attendez, je respire… l’histoire d’une ouvrière dont l’usine se fait couler par un trader, qui le rencontre sans le savoir, et qui finit par en tomber plus ou moins amoureuse. Berk, rien à faire ! Rien que d’y penser, j’ai la nausée. J’en vois qui sourient derrière leur écran : oui l’histoire est ridicule, mais ça vous ferait moins rire si vous aviez perdu 3h au cinéma pour ça !

Faut-y pas que Klapisch soit désespéré pour signer un navet pareil ? On sait que la crise fait vendre, c’est dans l’air du temps. Mais alors en tirer cette pseudo-comédie romantique… Bon j’ai un peu abrégé l’histoire, alors je vous la détaille un peu, en me bouchant le nez. Steve (Gilles Lellouche) est un trader à qui tout réussit, et dont le passe-temps favori est de couler les boîtes pour se faire de l’argent sur leur dos. France (Karin Viard), elle, est une ancienne ouvrière dont l’usine à fermer à cause justement dudit Steve. Après une tentative de suicide, elle décide de quitter Dunkerque pour Paris, où elle se retrouve femme de ménage de… Steve évidemment ! Une certaine intimité naît entre eux, jusqu’au jour où elle apprend qui il est vraiment.

Heureusement pour le producteur, malheureusement pour nous, il n’y a pas de taxe sur le cliché en France. Parce que Ma part du gâteau bat tous les records à ce niveau-là (et pourtant, j’ai vu Comment savoir il n’y a pas si longtemps !). Le trader fou, sadique, qui n’a aucune perception de la réalité, qui s’envoie en l’air avec des mannequins, et qui fait des « mégateufs » dans son appartement avec des « amis » qu’il ne connaît pas. L’ouvrière méritante, mère de trois enfants divorcée, qui doit choisir entre son boulot bien payé et revoir ses enfants les week-ends. Les femmes immigrées anti-françaises. Les deux clics suivis de la traditionnelle phrase « hop, je viens de gagner 65 000 euros ». Et j’en passe, et des meilleurs. Entre guillemets. Je ne parle même pas des dialogues. L’inratable « Ma vie est merdique », du trader. Le couru d’avance « votre fils vaut plus que tout cet argent » de la femme de ménage. Etc. etc.

Ma part du gâteau

Steve-le-trader est censé habiter dans la tour "Coeur Défense"... Si vous connaissez un peu, vous saurez qu'on nous prend vraiment pour des saucisses !

La seule chose qu’ait réussi Klapisch dans ce film, c’est le choix des acteurs. Gilles Lellouche est une nouvelle fois très bon dans le rôle, qu’il connaissait d’ailleurs déjà (cf. Krach, sorti l’été dernier). Il joue parfaitement le connard fini, tout en sachant être touchant lorsqu’il le faut. Karin Viard, je ne suis pas fan d’habitude (non seulement de l’actrice, mais de ses rôles qui sont tous des copiers-collers), mais là force est de constater qu’elle tire son épingle du jeu. A moins que ça soit le niveau catastrophique du reste du film qui la mette en avant… Et enfin, dans la catégorie « des fois on aimerait bien que les larmes viennent, mais on n’y arrive pas » (catégorie sur laquelle Megan Fox règne sans partage), je nomme la fille de Karin Viard, dont j’ignore le nom et c’est mieux que ça reste comme ça !

Bref le mercredi 16 mars, vous savez ce qu’il vous reste à ne pas faire !

Rating 3.00 out of 5
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