La famille Jones : Critique

La famille JonesAprès quelques semaines d’inactivité (déménagement, boulot, etc.), j’ai enfin pu retourner au cinéma ce week-end, pour voir La Famille Jones (The Joneses en VO).

L’histoire : les Jones viennent de s’installer dans un quartier chic d’une ville américaine. Ils possèdent une grosse maison, des grosses voitures, un grand écran de télévision, les gadgets derniers cris, etc. Les parents comme les enfants sont séduisants ; ils forment ensemble la famille idéale. Mais ceci n’est qu’une façade : il s’agit en fait de « commerciaux » d’un nouveau genre, qui ont pour objectif de faire acheter leurs produits par tous leurs voisins.

Le scénario est amusant, et on imagine bien que cela pourrait avoir lieu dans les prochaines années… Le « bouche à oreille » sur Internet étant devenu le principal référentiel lors d’un achat, on peut penser que les grandes marques finiront par exploiter la publicité la plus efficace depuis la nuit des temps : l’avis des amis. Bon, de là à ce que cela se passe exactement comme dans la Famille Jones, il y a un pas supplémentaire à franchir !

Ironiquement, on assiste à une quasi-mise en abîme : le film lui-même est une gigantesque page de publicité. Et pour cause : alors qu’on pourrait croire que la vente (presque) forcée représenté ici est « mal », « exagérée », etc., le réalisateur nous indique à de nombreuses reprises que les produits vendus sont « de qualité ». Et on nous montre le dernier HTC, la dernière Audi, etc. Belle manière d’associer ces marques à une image d’excellence dans l’inconscient collectif.

Cela étant, on peut comprendre qu’il y ait eu besoin de pousser à fond le placement de produits dans ce film. Il s’agit en effet d’un film indépendant, qui va vraisemblablement faire peu de recettes, et qui fait pourtant tourner des acteurs de haut niveau : David Duchovny bien sûr, mais également Demi Moore ! On leur pardonne donc.

Et les acteurs justement sont la vraie force du film. David Duchovny reprend un rôle proche de Hank Moody dans Californication : Steve Jones est un tombeur, sexy, macho, mais que l’on découvre sentimental sur les bords. Il est, encore une fois, excellent ! On sent qu’il se plaît beaucoup plus dans ce genre de personnage plutôt que dans un Fox Mulder. Demi Moore excelle également, dans le rôle de chef(fe) froide et distante, qui se laisse attendrir progressivement. Celle qui reprendra l’an prochain le rôle de Sophie Marceau dans l’adaptation américaine de LOL a vieilli (même le maquillage ne suffit plus à cacher ses cernes sur certaines scènes – et elle n’a que 48 ans !), mais est du coup plus crédible dans son rôle de ménagère richissime. Quant aux enfants, je ne les connaissais pas mais nous devrions entendre reparler d’eux relativement rapidement ! Et surtout Amber Heard, qui mérite sa 13è place au classement Maxim’s Hot 100 Women 2010 ;)

Un bémol concernant La Famille Jones : la fin du film est littéralement tronquée. Difficile de dire ce qui cloche, mais la tension n’est pas bien gérée, ce qui fait que, lorsque le générique apparaît, on reste sur notre faim. Peut-être aurait-il fallu prolonger l’ultime séquence de quelques secondes ou deux, afin de laisser le spectateur imaginer la suite…

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