Marion Cotillard Archive

The Dark Knight Rises : Critique

The Dark Knight RisesC’est peu dire qu’il s’agit du film le plus attendu de l’été. De l’année, en fait. Le Batman de Nolan est donc de retour, pour un troisième et ultime épisode. Après l’inoubliable The Dark Knight, l’homme chauve-souris sera-t-il à la hauteur ?

Gotham City, 8 ans après les faits du précédent opus. Alors que la criminalité est en chute libre depuis la mort de Harvey Dent, une nouvelle ombre menace la ville. Celle de Bane, un mercenaire violent et masqué, qui menace de replonger la mégapole dans le chaos dont elle vient de s’extirper. Il est temps pour Bruce Wayne de remettre ses bottes et sa cape…

Avec The Dark Knight Rises, la question était simple : « s’élèvera »-t-il aussi haut que son illustre prédécesseur ? Christopher Nolan, l’homme à la caméra d’or, nous a habitués aux chefs d’oeuvre. Memento, Le Prestige, Batman Begins, The Dark Knight, Inception… What else ? L’attente était donc énorme, avec ce dernier film de la trilogie. Avec une quasi-certitude : il semblait difficile de faire mieux. Et effectivement, The Dark Knight Rises est un peu en dedans.

Un peu seulement, car la patte Nolan est bien là. Le personnage est toujours aussi noir (au sens propre comme figuré), la violence toujours omniprésente… Sans oublier les scènes à couper le souffle : que ce soit la scène d’exposition avec une cascade aérienne que James Bond n’a jamais osée, l’effondrement du stade, etc. Le spectacle est largement assuré.

Les acteurs, quant à eux, sont toujours aussi bons, et sont, pour la plupart, les mêmes que dans les premiers épisodes (Christian Bale, Gary Oldman, Michael Caine, Morgan Freeman…), ou que dans Inception (Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt), ou encore que dans les deux (Cillian Murphy). Cela change en fait uniquement au niveau féminin (et pour cause !), puisque The Dark Knight Rises met en scène Marion Cotillard et Anne Hataway. La plus-si-petite frenchie est donc devenue l’égérie du réalisateur, et joue parfaitement son rôle (sauf lors de la dernière scène, petit raté qui fait rire – jaune – le public). Mais la vraie surprise vient d’Anne Hataway, qui n’est pas la meilleure actrice d’Hollywood, mais qui joue une Catwoman plus vraie que nature, bimbo facilement lisible… quoi que !

Vous l’aurez compris, face à ces deux femmes, Bruce Wayne n’a pas le choix… Et il va y avoir du sexe dans The Dark Knight Rises ! Scène qui, d’ailleurs, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, mais symbolise (un peu grossièrement) le retour de l’homme à son activité la plus virile, je veux bien évidemment parler de la conduite à moto habillé en costume noir à oreilles de chauve-souris.

Malheureusement, tout cela ne suffit pas à atteindre le niveau de The Dark Knight. Pour deux raisons essentiellement. La première est, évidemment, l’absence du regretté Heath Ledger (le joker). Ou d’un acteur capable de lui arriver à la cheville. Ce n’est pas peu dire qu’il faisait tout l’intérêt du précédent opus ; il incarnait à merveille la violence à l’état pur, violence sournoise, insidieuse… Ici, avec Bane, rien de tout cela. On a plutôt l’impression de voir l’un des héros d’Expendables : un tas de muscle, et pas grand-chose d’autre. Ah, si, une voix qui, en V.O., rend exceptionnellement bien.

Le deuxième point mitigé est le nombre de clichés distillés tout au long du film. Du rapport de Bruce aux femmes à la vision des gentils policiers qui vont sauver le monde, en passant par la vision d’un super-méchant qui s’en prend à la Bourse avec cet échange ridicule avec un broker : « Il n’y a pas d’argent à voler ici » « Et vous faites quoi ici alors ? », ou même la fin du film (pas de spoil !)… C’est dommage et cela empêche le film de passer à la vitesse supérieure.

Mais loin de moi toute ingratitude. The Dark Knight Rises est encore un très bon film, et il faut évidemment courir le voir au cinéma. Et enchaîner avec un Art & Essai pour se donner bonne conscience !

Note du film :  ★★★★¼ 

Rating 3.00 out of 5
[?]

Midnight in Paris : Critique

Midnight in ParisIl avait provoqué le buzz il y a un an, avec l’annonce de la présence de Carla Bruni dans le casting : Midnight in Paris (Minuit à Paris en VF), le dernier Woody Allen, est sorti le 11 mai dernier.

L’histoire du film prend place à … Paris évidemment, où un couple de jeunes américains, Gil et Inez, vient préparer son mariage an compagnie des parents de la fiancée. Gil, incurable romantique, est un inconditionnel de la ville, ce qui ne manque pas d’irriter Inez, et ses parents. Alors que le fossé se creuse entre eux, notamment avec l’aide d’un ex d’Inez, Gil prend, aux 12 coups de minuit, un taxi qui va l’amener dans le Paris des années 20.

Un scénario original, voilà le principal trait caractéristique du nouveau Woody Allen. Je ne connaissais pas le thème du film avant de le voir, et, alors que le début du film laisse présager une nouvelle comédie romantique un peu plan-plan, le premier « voyage » de Gil m’a pris totalement à contrepied. La suite est également déroutante, puisqu’il se passe un moment avant que l’on sache si on est dans le rêve ou la réalité.

La deuxième force de Midnight in Paris est ses personnages. Du doux rêveur à ses différentes « rencontres », les personnages sont touchants, amusants, émouvants… Certes, les acteurs y sont pour beaucoup. Owen Wilson pour commencer, avec un rôle qui semble le suivre d’un film sur l’autre (grosso modo celui qu’il avait dans Marley & Moi). Rachel McAdams occupe quant à elle le rôle de la (très) jolie blonde, un incontournable des Woody Allen (hi Scarlett !). Quant aux personnages secondaires, ils sont bien souvent tordants, à l’image de Gad Elmaleh évidemment (facile pour lui, dès qu’on le voit à l’écran la salle est pliée en deux… Réflexe conditionné ?), d’Adrien Brody (Le Pianiste), ou Corey Stoll. Marion Cotillard quant à elle s’inscrit définitivement en « fantasme américain de la femme française ».

Midnight in Paris n’a malheureusement pas que des forces. A commencer par la carte postale de 5 minutes qui lui tient lieu de générique… J’ai hésité à quitter la salle à force d’attendre le début du film ; et encore, j’aime beaucoup Paris. Heureusement, on enchaîne directement avec une première scène à Giverny, ce qui rehausse le niveau ! Et qui nous montre d’ailleurs qu’Owen Wilson aime les excès de vitesse, puisqu’il se retrouve en plein coeur de Paris 30 minutes après !

Le plus gros défaut de ce film, selon moi, a un nom : Carla Bruni-Sarkozy ! Certes, elle est belle notre première dame, très belle même. Mais qu’elle joue mal ! J’en avais mal au ventre pour elle : c’est tout bonnement une catastrophe. C’est très décevant de la part de Woody Allen, qui a apparemment préféré faire le buzz plutôt que prendre une vraie actrice. Etait-ce une condition pour qu’il bénéficie du « crédit d’impôt international » du CNC ?

A part ces deux écueils, Midnight in Paris est un film mignon, à mi-chemin entre les deux définitions du terme « romantique ». Par contre, vu les réactions des spectateurs, le film a l’air assez clivant : de nombreuses personnes autour de moi n’ont pas accroché, et ont trouvé le film mauvais. Personnellement, j’ai trouvé Match Point mauvais, là ce n’était pas le cas !

Rating 3.67 out of 5
[?]

Les petits mouchoirs : critiques

Les Petits MouchoirsTempus fugit ! Je prends du retard dans les films que je vois au cinéma ! Je vous livre donc aujourd’hui mon avis sur Les petits mouchoirs, de Guillaume Canet, sorti le 20 octobre dernier…

Encore un film qui pourrait être sorti d’un générateur de film français. J’envisage d’ailleurs de le coder un jour ou l’autre, ça pourrait être amusant. L’idée globale : on prend des amis, des familles, on les met ensemble, et tout dégénère. Combien de films avons-nous vu sur ce thème ? Pas tous mauvais d’ailleurs, Le code a changé est amusant, Embrassez qui vous voudrez aussi… Mais ça ne casse jamais trois pattes à un canard. Et Les petits mouchoirs ne déroge pas à la règle.

Le synopsis est donc vu et revu : un groupe d’amis se retrouve chaque année dans la maison de vacances de l’un d’entre eux, au bord de l’océan. Mais cette année, Ludo (Jean Dujardin) est victime d’un grave accident de moto juste avant le départ. De quoi mettre un peu de tension dans les vacances de chacun… Comme d’habitude, les couples vont se faire, se défaire, on va rigoler, pleurer, etc. On aura le droit à une « belle leçon d’amitié », etc. Rien que de très classique.

Alors effectivement, on rigole. Parfois grâce aux vannes du film (notamment au comportement grossier de François Cluzet, et son « Un, deux, trois… Soleil ! » extraordinaire), mais aussi et surtout par gêne. La plupart des rires que j’ai entendus dans la salle ont éclaté alors qu’un silence assourdissant pesait sur les spectateurs. La violence de l’accident, la violence des images de la victime, la gêne prépubère lorsque la question de l’homosexualité est abordée, etc. Le rire vient souvent pour libérer les spectateurs.

On pleure également. Ou au moins, on a les larmes aux yeux. Je ne spoilerai pas en racontant les différents rebondissements de l’histoire, mais la violence de plusieurs d’entre eux ne laissent personne indifférent.

Les acteurs sont évidemment très bons… Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle affiche : François Cluzet, Jean Dujardin, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, et même… Mathieu Chédid ! Rien à redire donc sur le jeu.

Mais alors, que reprocher au film ? Et bien tout simplement de n’être qu’un film « ordinaire ». Une histoire bateau, bien mise en scène, bien jouée, mais qui reste une histoire bateau. Elle ne laisse pas un souvenir impérissable, on passe un moment divertissant (à défaut d’être déstressant), mais rien de plus. Si vous aimez le thème des Petits Mouchoirs, achetez plutôt le DVD Les Invasions Barbares… Là c’est du grand Cinéma ! Là c’est inoubliable !

P.S. : ne trouvez-vous pas qu’il faut un petit côte pervers pour filmer sa copine en train d’embrasser et faire des cochonneries avec d’autres hommes ?

Rating 4.00 out of 5
[?]

En Bref : le saviez-vous ? #1

Anecdotes incongrues ou amusantes, voici la première brève de la série « Le saviez-vous ? » !

Roy Miller (Green Zone - Knight and Day)Roy Miller

Vous vous rappelez du Roy Miller de Night and Day ? Mais si, l’agent secret du FBI interprété par Tom Cruise, qui tombe amoureux de Cameron Diaz ! Et bien si son nom ne vous semble pas inconnu, c’est normal : non seulement c’est le nom d’un joueur de foot de l’équipe costaricaine, mais c’est également le nom du héros de Green Zone, interprété cette fois-ci par Matt Damon… Deux films sortis cette année : les scénaristes auraient-ils pompé ?!

Marion Cotillard dans La Môme et InceptionBande originale d’Inception

Mais où Hans Zimmer est-il allé chercher la bande originale d’Inception ? « Tout simplement » dans la chanson d’Edith Piaf « Non, je ne regrette rien », ralentie X fois. S’agit-il d’un hommage à Marion Cotillard, qui interpréta le rôle de La Môme dans le film éponyme, et qui est l’une des principales actrices d’Inception ? Non, car la chanson a été choisie par Christopher Nolan il y a plus de 10 ans !

Harvard or not Harvard ?Harvard et The Social Network

Dans The Social Network, on voit Mark Zuckerberg étudier sur le campus d’Harvard. Du moins en théorie, puisqu’il est interdit de filmer sur le campus de la prestigieuse université américaine, ou, du moins, extrêmement compliqué d’en obtenir l’autorisation. C’est donc sur les campus de Milton Academy, Wheelock College et Phillips Academy que se déroulent l’histoire.

Rating 4.00 out of 5
[?]

Inception : Critique

Inception« Attention ! Ce flim n’est pas un flim avec Keanu Reeves ! » (référence)

Non allez, je ne vais pas commencer par dire du mal, parce qu’il faut être franc, j’ai beaucoup aimé Inception ! Alors je démarre avec du positif.

Pour ceux qui n’ont pas suivi, Inception c’est une histoire onirique, au premier degré : l’histoire de personnes capables de visiter les rêves des autres pour y voler leurs plus précieux secrets. Le meilleur d’entre eux est évidemment Dom Cobb, alias Leonardo Di Caprio, dont les talents sont recherchés par les personnes et organisations les moins avouables de la Terre. L’une de celles-ci finit d’ailleurs par l’attraper, et lui demande de tenter ce que personne n’a jamais fait avant lui : l’inception (à l’anglaise, je n’ai pas vu le film en VF), à savoir faire germer une idée dans le subconscient de la victime. La tâche s’annonce ardue, mais va se compliquer encore à cause des troubles psychologiques de Cobb.

Le scénario est ambitieux ; beaucoup de scénaristes se sont frottés à ce genre de films torturés, sans trouver la bonne mesure entre le brainwashing et le soporifique. Christopher Nolan, comme à son habitude, fait mouche. Il réalise un travail de funambule, nous offrant un film complexe sans jamais tomber dans l’imbitable. Notre cerveau doit fonctionner à plein régime, c’est certain, mais il nous reste suffisamment de ressources pour apprécier les autres aspects du film.

L’histoire d’Inception est originale. La problématique du rêve y est abordée de manière assez fine, depuis les concepts que nous connaissons tous (nous prenons toujours nos rêves « au milieu » de l’histoire) jusqu’à des pistes de réflexion freudienne (comment faire naître telle idée chez le sujet, en manipulant son subconscient). Et, évidemment, ce qui est le mieux réalisé du film, ce qui en fait vraiment le coeur : la différence entre l’écoulement du temps « réel » et l’écoulement du temps « onirique ». Cela ne vous est-il jamais arrivé de vous endormir 2 minutes seulement, et de rêver pendant des heures pourtant ? La caméra de Nolan saisit parfaitement cette sensation.

L'excellent casting d'Inception (montage actu-cinema.net)

L'excellent casting d'Inception (montage actu-cinema.net)

Pour ne rien gâcher, les acteurs sont très bons. Leonardo Di Caprio, rongé par son passé, livre ici un personnage noir, tourmenté et très attachant. Marion Cotillard quant à elle sort un peu de son rôle classique, ce qui ne déplaira pas à ses nombreux détracteurs (qui n’ont pas dû voir La Môme !). Ellen Page reste égale à elle-même, bien que son rôle ne soit pas très développé. Les trois autres personnages secondaires sont vraiment excellents, que ce soit Joseph Gordon-Levitt qui rafraîchit l’atmosphère avec son humour pince sans-rire, Cillian Murphy ou Tom Hardy. C’est peut-être ça aussi qui fait la qualité d’un film : ne pas se concentrer sur un bon acteur, mais multiplier les talents.

Au final, le film est haletant, impossible de décrocher à aucun moment. C’est exactement le genre de films auxquels on repense pendant des jours après l’avoir vu. Eviter peut-être de le voir juste avant de dormir : ça turbine fort là-haut quand arrive le générique, et votre cortex pourrait bien vous tenir éveillé un moment !

Voilà pour le positif. Bien sûr, tous n’est pas tout rose non plus, et certains éléments auraient peut-être pu être améliorés…

La première chose, c’est, malgré l’originalité du sujet, l’arrière goût de Matrix (et, dans une moindre mesure, d’Ocean’s Eleven) que laisse Inception. Jugez plutôt : des univers imaginaires programmés. Des héros qui traversent d’univers en univers. Des agents qui essaient de les supprimer dans les univers imaginaires. Les corps qui se font chahuter pendant que les  héros sont « absents ». Un héros qui peut transformer les univers par l’esprit. On s’y tromperait, mais, comme je le disais : attention, ce flim n’est pas un flim avec Keanu Reeves !

Inception a également repris l’une des particularités d’Ocean’s Eleven : le côté « je rassemble mon équipe, je monte mon plan et je l’exécute ». Bien qu’il permette d’apprécier comment les héros vont faire pour réaliser le plan, et donc faire saliver par avance le spectateur, ce procédé a un défaut : il tue le suspens. Mais peut être Nolan n’a-t-il pas voulu ajouter de la tension à la tension…

Enfin, dernier point un peu plus négatif, j’ai trouvé la façon dont était présentée la naissance d’une idée un peu superficielle, simpliste. Il n’y a au final pas de gros mécanismes psychologiques mis en jeu lors de l’inception. (Attention mini spoil !)

Afficher »

Cobb se contente de dicter l’idée à la cible, et de faire en sorte qu’elle pense l’avoir eue elle-même. Il aurait été plus intéressant d’y aller subtilement, à travers des leviers plus psychanalytiques.

Malgré cela, Inception reste un film excellent, le genre de choses qu’on n’avait plus vu depuis Matrix premier du nom (11 ans déjà !). Souhaitons lui le même succès !

Rating 4.00 out of 5
[?]