Never Let Me Go : critique

Never Let Me GoKeira Knightley est à l’honneur en ce moment, puisqu’après Last Night, dont je parlais précédemment, elle est également à l’affiche du film Never Let Me Go. Petite revue du film…

L’histoire ne s’annonçait pas gaie. Kathy, Tommy et Ruth sont trois enfants élevés dans un pensionnat très stricte, sur lequel courent d’étranges rumeurs. Ils ne tardent pas à découvrir qu’ils sont en fait des clones, créés uniquement pour servir de banque d’organes aux « vrais » humains, et donc promis à une mort certaine vers l’âge de 20 ans. Ils vont alors essayer de vivre, avant leurs « dons ».

Et en effet, le film est très sombre. Très beau, mais très triste, et parfois même glauque. Le thème principal n’est pas tant le clonage que l’amitié, celle qui unira les trois personnages principaux du film. Là où est l’originalité, c’est le fait que cette amitié soit réaliste, et non idéalisée comme on le voit souvent au cinéma. Il y a donc, en plus des scènes d’intimité et de « beaux sentiments » indispensables, des tromperies, des coups bas, toutes ces choses qui viennent entacher les meilleures relations, sans parvenir à les détruire totalement. Il est question d’amour également, même si l’histoire d’amour n’y revêt pas la même importance.

Il est évidemment un autre acteur omniprésent tout au long de l’histoire : la Mort. Celle-ci rend le film très poignant, puisqu’on prend vite les personnages en pitié, et que cela ne fait que s’accentuer au fur et à mesure de l’histoire, lorsqu’on les retrouve estropiés, diminués physiquement. C’est la Mort qui pousse les personnages à espérer, espérer la retarder dans un premier temps, puis au contraire la rapprocher lorsqu’elle devient la seule possibilité de délivrance. J’avais dit glauque ?

Les acteurs sont touchants, et rentrent parfaitement dans leurs rôles respectifs. Keira Knightley (Pirates des Caraïbes) est parfaite dans le rôle de méchante vicieuse (je vous disais bien que je ne l’aimais pas !). Andrew Garfield (The Social Network) est très touchant en garçon naïf au cœur de l’intrigue amoureuse. Carey Mulligan (Wallstreet 2) est vraiment magique. Elle tient le rôle central, et joue le rôle de la « gentille » par excellence, celle qui, naïve, n’ose faire de mal aux autres, quitte à s’en prendre plein la tête toute sa vie. Elle réussit à ne pas tomber dans la guimauve et le ridicule, ce qui n’était pas évident. Et n’oublions pas Charlotte Rampling, dans le rôle qui était fait pour elle de directrice de pensionnat…

Never Let Me Go

Et oui, en vrai, ils ont respectivement 25, 25 et 27 ans !

Mention spéciale aux maquilleurs qui ont rajeuni les acteurs : la transformation physique est impressionnante. Alors qu’ils ont tous les trois plus de 25 ans, ils apparaissent tout à fait crédible sous des traits adolescents… Signe que les acteurs sont également de très bon niveau : le maquillage ne fait pas tout, et il est facile dans ce genre de rôle de tomber dans le cliché, ce qu’ils ont su éviter pour notre plus grand plaisir !

La seule chose peut-être que je regretterai, c’est la tentative de réflexion philosophique à la fin… Alors qu’on évite le côté moralisateur « le clonage c’est mal »  tout au long du film, il aurait sans doute fallu couper la réflexion finale de Kathy sur le thème « en fait c’est pour tout le monde pareil, la vie est trop courte et on se demande si on l’a vécue comme il faut ». Mais c’est un très léger accroc qui ne gâche pas le film.

Never Let Me Go : un film qui a reçu le label « Passe-moi un flingue que je me tire une balle » !

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