Oscar Isaac Archive

Taken 2 – Bourne Legacy 0 : Critiques

Affiches Bourne Legacy Taken 2En ce début d’automne froid et pluvieux, rien de tel que deux heures passées à la chaleur des salles obscures en regardant le dernier film d’action à la mode… Mais avant de profiter douillettement du confort recherché, une ultime épreuve attend le spectateur : Bourne Legacy ou Taken 2 ?

Le premier, Jason Bourne : L’Héritage en français, est le quatrième opus de la série des La *** dans la peau (remplacer *** par Mémoire, Mort ou Vengeance). Particularité du film : on ne retrouve pas ledit Jason Bourne (Matt Damon), mais Aaron Cross, incarné par Jeremy Renner. Ce dernier fait partie d’un programme équivalent à celui de Jason Bourne : des agents au physique surdéveloppés pour mener des missions très spéciales. Mais les fuites organisées par le précédent héros vont pousser la CIA à arrêter le programme en catastrophe, et à essayer de supprimer Cross.

Taken 2, lui, prend la suite d’un premier film dans lequel la fille de Bryan Mills (Liam Neeson), ancien agent secret, était enlevée à Paris. Son père se lançait alors à sa recherche, en détruisant tout ce qui se trouvait sur son passage. Dans ce nouveau film, les familles de ses anciens ennemis cherchent à venger leurs morts. Ils s’en prennent donc à Bryan, mais également à sa femme et à sa fille (encore !).

Originellement, ces films suivaient des chemins assez différents. La trilogie Bourne relevait plus du film d’espionnage (dans l’esprit de XIII), quand Taken assumait un côté action / violence omniprésent. Cette tendance s’efface dans les deux derniers films : Bourne Legacy tend vers plus d’action et moins de réflexion, Taken 2 poursuit sur sa lancée (mais peut-être de façon moins tranchée).

A ce jeu-là, comme le dit la sagesse populaire, l’original est toujours mieux que la copie. De fait, le résultat est bien meilleur dans le nouveau film de Besson/Megaton que dans dans celui de Gilroy.

Les scénarios, pourtant, laissent penser le contraire. Celui de Taken 2 est très simple (iste ?), et ressemble énormément à celui du premier (qui n’était déjà pas compliqué). Remplacez simplement Paris par Istanbul. Mais celui de Bourne Legacy est extrêmement mal traité (au niveau réalisation), ce qui le gâche complètement. Quand Taken est très efficace, Bourne patauge très longuement dans les méandres de son histoire. Un exemple : les 20 premières minutes sont absolument incompréhensibles, à cause de la volonté du réalisateur de ne pas dévoiler tous les éléments immédiatement.

Résultat, au bout de plus de 2h15 (ce qui est pourtant lonnnng !), l’histoire n’a quasiment pas avancée. Et, quand le générique arrive, les spectateurs se lancent des regards incrédules : entracte ? Episode « to be continued » ? Eh non ! Il s’agit simplement d’un scénario très mal traité ; les éléments importants du film sont bâclés, ce qui empêche le spectateur de comprendre la réelle quête du héros.

Taken 2, lui, reste efficace. Une grosse heure et demie, et toutes les promesses sont tenues. Certes, le spectateur n’a pas perdu de neurone, mais ce n’est pas ce qu’il venait chercher.

Les castings, quant à eux, sont bons dans les deux cas. D’un côté, Jeremy Renner donc, accompagné de Rachel Weisz et Oscar Isaac (qu’on n’avait plus vu ensemble depuis le pitoyable Agora), sans oublier Edward Norton. De l’autre, évidemment, Liam Neeson, marié à l’écran à Famke Janssen (mais siiii, Jean dans X-Men !) et papa de la jolie (mais potiche) Maggie Grace (Lost, Lock Out).

Bref, je l’annonçai dans le titre : Taken 2 – Bourne Legacy 0 !

Rating 3.00 out of 5
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Drive : Critique

DriveRyan Gosling est décidément sous le feu des projecteurs ces temps-ci… Après Les Marches Du Pouvoir, le voici à l’affiche de Drive, prix de la mise en scène à Cannes cette année.

Drive retrace l’histoire d’un mécanicien qui… conduit. Souvent pour des malfaiteurs, parfois pour le cinéma. A tendance misanthropique, il tombe néanmoins sous le charme de sa voisine, dont le mari est en prison. Lorsque ce dernier revient, « Driver » (nous l’appellerons ainsi pour plus de commodités, le personnage n’ayant pas de nom) décide de lui rendre service dans ce qui se révèle être un guet-apens de la mafia locale. L’enjeu devient alors de sauver sa peau, mais aussi celle de sa voisine évidemment.

Afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs que fait le film, je vais tenter d’être court et pas ennuyeux : Drive est nul. Oui je sais, on ne dit pas « c’est nul », mais « je n’aime pas ». Non mais là tant pis. Certes la mise en scène est parfois sympa et originale. Mais le reste…

Tout d’abord, le plus flagrant. « Un budget assez modeste », souligne Wikipédia. C’est la crise, alors il a fallu faire des coupes à droite à gauche, et en premier lieu dans les dialogues. Drive n’a pas de dialogues. Non pas au sens figuré « les dialogues de Drive sont mauvais », mais bien au sens propre : il y a environ une phrase toutes les dix minutes. Comme si le réalisateur avait lu « taciturne » dans la description du personnage principal, et nous le faisait comprendre avec de gros, d’énormes sabots. Résultats, dès les premières images du film, on décroche. Et le générique, quelle horreur !

« Ils ont voulu faire rétro ». Là on est dans le kitsch pendant plus de 100 minutes. La différence entre kitsch et rétro vient sans doute de la musique ; je ne doute pas que la BO soit très bonne, très agréable à écouter en MP3. Mais elle est tellement mal utilisée ! Complètement inadaptée aux scènes, si bien que, même si on réussissait à certains moments à rentrer dans le film, elle nous en extrairait régulièrement. Quel gâchis !

Quel gâchis, parce que les acteurs ne sont pas forcément mauvais. A commencer par Ryan Gosling, qui fait très bien le… taciturne (j’imagine que ça doit être difficile de ne pas parler pendant tout un tournage !). Et évidemment Carey Mulligan (Wallstreet2, Don’t Let Me Go), que j’adore, et qui met un peu de fraîcheur sur le tout. Sans oublier l’inévitable Bryan Cranston (Breaking Bad), qui est à l’affiche de neuf films en 2011 et 2012, tout en continuant le tournage de la série… Oscar Isaac (Agora, Sucker Punch) quant à lui retombe dans son travers de faire du sous-Joaquin Phoenix mais n’apparaît pas longtemps.

Je m’arrête là, vous aurez compris le principe : Drive, film noir peut-être, film nul sûrement.

Rating 4.00 out of 5
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Sucker Punch : Critique

Sucker PunchVous avez sans doute déjà entendu parler de Sucker Punch, le nouveau Zack Snyder. Ou au moins vu les affiches : des grosses bombes en tenue de combat « sexy ». Mais vous ne savez peut-être pas de quoi parle le film… Rassurez-vous, moi non plus !

Bon j’exagère peut-être un peu. Sucker Punch nous raconte l’histoire d’une jeune fille enfermée à tort dans un hôpital psychiatrique par son beau-père, soucieux de récupérer tout l’héritage de sa femme. La jeune (pas si) folle va alors tenter de s’en évader, physiquement et psychologiquement. Ca, c’est la théorie. Après, on peut interpréter le film à peu près comme on veut ; ce qui est sûr, c’est que le réalisateur ne met pas de barrière à l’imagination du spectateur.

L’auteur de 300 et Watchmen nous livre ici un film dans la même lignée, à savoir très esthétique, très particulier. Car c’est bien cela qu’on retiendra du film : une esthétique particulière, et une BO tout simplement énorme. Vous avez dit Tron ? Oui c’était aussi ses caractéristiques. La différence principale entre Tron et Sucker Punch, c’est que le premier se base sur une histoire mièvre et pleine de cliché, et ses acteurs sont très moyens, alors que le second se base sur une histoire glauque et noire, avec quelques bons acteurs.

Si, avec Tron, on avait l’impression de voir un clip futuriste, avec Sucker Punch, on a l’impression d’être spectateur d’une partie de jeux vidéo. Ça tombe bien, personnellement je n’aime pas jouer à ce genre de jeux, mais j’aime suivre le déroulement de l’histoire. Et là, je pense que quelqu’un qui n’aurait pas de culture gamer s’ennuierait. Les différentes scènes de combats reprennent en effet des thématiques très communes dans l’univers des jeux : une quête, des gros méchants (samouraïs, puis zombies, puis robots, etc.), parfois même un « boss » de fin de niveau. Et l’héroïne sexy, avec son sabre et sa minijupe, rappelle fortement un autre pendant de cette culture gamer : les mangas.

C’est un film pour ado boutonneux, en somme. Même si Zack Snyder déclare qu’il a eu les idées principalement quand il était drogué, on sait bien d’où elles viennent… Il a dû demander à un ado boutonneux de son entourage ce qui lui plairait de voir dans le film parfait. Les réponses :

- Des filles pas très habillées

- Des combats d’épée

- Des combats avec des flingues

- De la guerre

- Des zombies

- Des orcs et des dragons

- Des robots

Difficile de mixer tous ces éléments. Mais pas impossible ! La preuve… Le risque était évidemment que le film obtenu soit une grosse (mais alors très grosse) daube. Ce n’est pas le cas ! Difficile de dire pourquoi, mais le sentiment est globalement positif quand on ressort de la salle. C’est sans doute dû, encore une fois, à l’esthétique, à l’ambiance qui se dégage du film. Et un peu aux acteurs également…

Sucker Punch : les actricesIl y a 90% de femmes dans Sucker Punch, et pourtant, c’est un homme qui se démarque le plus : Oscar Isaac, qu’on avait pu voir dans Robin des Bois ou (berk) Agora. Quasi méconnaissable, il joue une nouvelle fois le rôle du méchant, ajoutant le côté sadique et pervers cette fois-ci. Une horreur, dans le bon sens du terme (s’il y en a un !). Vient après la flopée d’actrices : Emily Browning tient le premier rôle, et, sans être exceptionnelle, joue très bien le rôle de petite poupée (presque) sans défense. Elle est accompagnée de 4 camarades (elles ont d’ailleurs un côté Spice Girls assez prononcé), Vanessa Hudgens (High School Musicaaaaal !), Jamie Chung, Jena Malone et Abbie Cornish, recrutées sans doute plus pour leur physique qu’autre chose, mais qui s’en sortent au final plutôt bien. A noter enfin Carla Gugino, qui sort une très bonne prestation de méchante finalement gentille (même si on peut regretter qu’elle copie beaucoup Angelina Jolie).

Bon je vais quand même tenter une interprétation de Sucker Punch, histoire de dire que je n’ai pas perdu ma soirée d’hier… Attention, (petit) spoil ci-dessous…

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Le film a également un petit côté Inception, avec les couches de « réalités » qui se superposent aux autres… La vraie vie ne dure finalement que quelques minutes, entre le moment où la mère de Baby Doll décède et le moment où l’héroïne est lobotomisée. La couche du dessus semble partiellement inventée, puisqu’on y retrouve un certain nombre de faits réels (l’évasion de Sweet Pea, le poignardement de Blue, etc.), mêlés à des faits a priori fantasmés (les scènes de danse, l’aspect cabaret). Et enfin, la dernière couche est faite de pur fantasme, et contient les différents combats correspondant à chaque sous-quête.

Sauf si je n’ai rien compris au film :D

Sucker Punch, un film qu’il est joli, que sa musique elle est bien, et que ses actrices elles sont bien gaulées !

Le décor de la soirée VIP Sucker Punch au Trianon

Le décor de la soirée VIP Sucker Punch au Trianon

Oscar IsaacO

Rating 3.00 out of 5
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