Pixar Archive

Rebelle : Critique

RebelleComme chaque été depuis maintenant six ans, le meilleur studio d’animation du monde nous propose son film annuel. Je veux bien évidemment parler de Pixar (what else ?), et de sa nouvelle oeuvre Rebelle (Brave, en V.O.). Dans les salles le 1er août.

Rebelle, c’est l’histoire de Mérida, fille du roi d’Ecosse, qui est donc une princesse… rebelle. Loin des clichés de la jeune fille se languissant dans son donjon de son prince charmant, Mérida préfère escalader les falaises ou s’entraîner au tir à l’arc, au grand dam de sa royale maman. Mais sa situation se complique lorsque ses parents décident de la marier. Mérida va alors faire une bêtise qu’il lui faudra réparer au plus vite, sous peine de mettre en danger sa famille et le royaume.

Voir un nouveau Pixar est toujours un moment intense. S’agit-il d’un « simple » bon film d’animation, comme Cars, Monstres et Cie, etc., ou un chef d’oeuvre vite devenu culte (à l’instar de Toy Story, Wall-E) ? Malheureusement, Rebelle s’inscrit plutôt dans la première catégorie. Point de chef d’oeuvre donc, mais un film sympathique pour les enfants. Le niveau est toujours bien meilleur que celui des derniers Disney-tout-court.

Pas de petits animaux qui parlent – c’eeeest miiiignooonn ! – donc, mais un univers très intéressant et extrêmement bien traité, celui de l’Ecosse médiévale. Mark Andrews, le réalisateur, explique ce choix par le fait que l’Ecosse est une région très dense, avec une juxtaposition de paysages très différents, chargés d’histoire. Et l’ambiance générale est très bien rendue. En particulier, la B.O. est excellente, avec des sonorités de grande cornemuse écossaise – et non de simples binious, comme le précise Mark Andrews – très entraînantes.

Mais la grande originalité de Rebelle tient surtout en son héroïne. Certes, ce n’est pas la première fois qu’un film pour enfant met en scène un protagoniste féminin. Tous les grands classiques le faisaient déjà : Blanche Neige, La Belle au bois dormant, Cendrillon, etc. Mais, pour la première fois, la vision de la femme évolue. Il ne s’agit plus d’une grande bécasse qui attend patiemment son prince, pour pouvoir enfin vivre happily ever after, et surtout, avoir plein d’enfants.

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Dans Rebelle, Mérida lutte justement contre ces préjugés, et, à la fin, ne se marie pas ! Cela surprend, tant nous sommes habitués aux schémas classiques des scénarios de Disney.

Petite déception néanmoins : le scénario est dans l’ensemble relativement faible. Il manque légèrement de profondeur ; on aurait aimé qu’il y ait une véritable malédiction jetée sur le royaume, de vraies forces dans l’ombre qui se liguent contre lui, bref, un dépassement de l’échelle de la simple famille. En se contentant de traiter la relation mère-fille, Mark Andrews limite le public aux seuls enfants. Dommage !

Note du film :  ★★★¼☆ 

Rating 3.00 out of 5
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The Social Network : Critique

The Social NetworkVoici un film que j’aurais dû voir 3 semaines avant sa sortie, et que j’ai finalement vu 2 semaines après (à lire avec un accent rageur). Et oui, The Social Network était LE film attendu de cette rentrée, peut-être même le plus attendu de l’année derrière Inception… Verdict ?

The Social Network raconte l’histoire de Mark Zuckerberg, jeune nerd sans doute puceau de Harvard, qui commence par se faire plaquer par sa copine, et… Ah mais attendez, vous la connaissez déjà cette histoire, c’est celle du fondateur de Facebook qui devient milliardaire en quelques années ! Donc je ne vais pas m’étendre sur le sujet, vous avez sans doute déjà tout lu dessus dans la presse, sur les blogs, ou tout vu dans la bande annonce.

Deux adjectifs me viennent à l’esprit lorsque je repense à la séance d’hier soir. Marketing, et moderne.

Marketing, le film l’est assurément. Depuis l’annonce de sa création jusqu’à la fin du générique, tout a été fait pour générer du profit, faire du blé. Sachant que Facebook a 500 millions de membres dans le monde, certains à Hollywood se sont dit « 500 millions d’entrées pour un film, ça serait quand même énorme ! ». Résultat, on devait s’y attendre, voici l’aventure Facebook adaptée au grand écran.

Et pourtant, l’histoire n’est pas si énorme que ça. Un nerd qui a un jour une bonne idée, et qui arnaque ses amis tout en devenant milliardaire, c’est un peu léger pour un scénario… Dans le même genre, pourquoi ne pas préférer un film sur Steve Jobs ? La création d’Apple, son licenciement, la création de Pixar, le rachat de sa nouvelle boîte par Apple, son accession, une nouvelle fois, au poste de PDG d’Apple, tout ça sur fond de meetings électriques qui ont révolutionné la vision du patron multimilliardaire… Ca au moins ça en jetterait ! Dans The Social Network, on est loin de tout ça. Mais, que voulez-vous, Facebook est à la mode, encore plus qu’Apple. Des ptits sous, des ptits sous, toujours des ptits sous…

Marketing toujours, comment faire en sorte que les djeuns de tous pays aient encore plus envie d’aller voir le film ? David Fincher a trouvé la réponse : on va mettre Justin Timberlake dedans ! On est sûr de pouvoir faire le plein d’adolescentes en chaleur avec ça ! Et qu’on n’aille pas me faire croire qu’il a été pris pour son expérience d’acteur… Dans Love Gourou, en 2008, il était loin d’être transcendant (le film lui-même était une grosse daube). Bon, il faut nuancer ce que je dis : certes le choix de Timberlake a été purement marketing, mais il est très bon dans le film. C’est peut-être même celui qui joue le mieux, sachant que le rôle de Jesse Eisenberg n’est pas non plus super compliqué…

Justin Timberlake, The Social Network

Justin Timberlake, dans The Social Network

Pourquoi moderne ? Tout dans ce film crie ce mot. Autant, dans Wall Street 2, le réalisateur a voulu donner une touche 80′s au film, autant dans The Social Network c’est l’inverse. La musique d’abord, que j’ai adorée. De l’électro à tendance techno, qui soutient le rythme du film (peut-être d’ailleurs l’histoire aurait-elle été un peu molle sans ça ?), et qui est quasi omniprésente… Les basses de la boîte de nuit font vibrer les sièges de la salle : voilà de la valeur ajoutée par rapport à la télé !

Modernes, les enchaînements également… Des coupes franches, sans fondus, que ce soit au niveau du fond ou de la forme. Le spectateur est jeté d’une scène vers l’autre, parfois violemment. Tout n’est pas expliqué, les ellipses sont nombreuses… Tout cela donne un film dans lequel on ne s’ennuie pas une seule seconde. J’ai eu du mal à croire que deux heures s’étaient écoulées lorsqu’est arrivé le générique de fin. On en reprendrait bien encore un peu !

Mon verdict est que The Social Network est un bon film, voire très bon, mais qui laisse un arrière goût d’ultracommercial mal assumé. Il est porté par son réalisateur, David Fincher, qui reste excellent malgré un passage à vide depuis Fight Club et The Game. Et puis, il faut le reconnaître, c’est aussi l’histoire d’une success story du 21ème siècle, le rêve de tout adolescent (ou non) qui passe son temps sur Internet… A bien des égards, Facebook est devenu le modèle du genre, le chef de file des succès de l’Internet 2.0. On peut donc vraisemblablement imaginer que ce film sera considéré plus tard comme un film historique, symbole d’un moment clé de l’histoire de l’humanité (n’ayons pas peur des mots !!! Et puis on ne peut pas être marqué que par les guerres non plus !).

Rating 3.67 out of 5
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Toy Story 3 : Critique

Toy Story 3Le film qui a l’honneur d’étrenner mon blog est tout simplement le dernier que j’ai vu : il s’agit du troisième long métrage de Woody et Buzz, Toy Story 3.

Toy Story fait partie des films qui ont marqué la « Génération Minikeums« . En plus d’être techniquement impressionnant et scénaristiquement impeccable, le film a laissé derrière lui des répliques ancrées profondément dans la culture collective (même mon prof de physique lançait un « vers l’infini et l’au-delà ! » de temps en temps). Son seul défaut est d’être sorti un an après Le Roi Lion, qui éclipse dans l’affectif de ma génération l’immense majorité des dessins animés / films d’animations qui l’ont suivi.

Marketing et profit oblige, un deuxième épisode a suivi quelques années après (en 1999 précisément). Je ne vais pas m’étendre sur Toy Story 2, disons simplement que je l’ai trouvé très très moyen.

Petit saut dans le temps : nous voici en 2010, quinze ans après le premier volet. Et alors, finalement, ce Toy Story 3, il vaut quoi ? Et bien il vaut son pesant de cacahuètes ! Oui Madame ! Pixar nous signe-là un excellent film d’animation, mieux que le deuxième, voire peut-être même mieux que le premier.

Techniquement, la différence avec ses prédécesseurs vient évidemment principalement de la 3D. Avatar est passé par là ! Contrairement à un certain nombre de films (hi Alice in Wonderland), la 3D s’intègre parfaitement dans l’histoire ; on l’oublie. Et c’est bien ce qu’on lui demande, à la 3D ! Plus de poids des lunettes, plus de « tiens qu’est-ce que ça donne si je les enlève ? », plus rien, on entre totalement dans le film.

Côté sentiments, Pixar a respecté la recette : neuf dixièmes de rires, un dixième de larmes. L’humour était une marque de fabrique de Toy Story, on le retrouve, renouvelé. Et, sans vouloir spoiler, l’émotion est là également ; difficile d’être discret à la fin de la séance, en essayant de s’essuyer les yeux sous les lunettes 3D !

Et puis bon, il faut bien avouer que les acteurs sont excellents !

Rating 3.50 out of 5
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