Ridley Scott Archive

Robin des bois contre Robin des bois

Même si je n’en avais pas forcément conscience à l’époque, Robin des bois est un des, sinon le, héros qui m’ont le plus marqué étant enfant. Que ce soit en film, avec Robin des bois, le prince des voleurs (sorti en 1991), ou le dessin animé de Walt Disney (sorti en 1973), chacun faisait partie de mes oeuvres cinématographiques préférées.

Ayant revu récemment la version Costnerienne de cette légende (Bryan Adams ne me lâche plus depuis), j’ai décidé de faire un petit comparatif entre les deux films, ainsi que celui de Ridley Scott, de 2010.

Fiches techniques

Robin des Bois (Disney)
Titre Robin des Bois (Robin Hood)
Sortie 1973
Genre Dessin animé
Production Walt Disney
Robin des Bois, prince des voleurs
Titre Robin des Bois, prince des voleurs (Robin Hood, Prince of Thieves)
Sortie 1991
Genre Film
Réalisateur Kevin Reynolds
Robin des Bois
Titre Robin des Bois (Robin Hood)
Sortie 2010
Genre Film
Réalisateur Ridley Scott

L’histoire

Par Disney : Le bon roi Richard Coeur-De-Lion est parti aux Croisades. Pendant son absence, son (méchant) frère le Prince Jean s’empare du trône, et tente de s’approprier toutes les richesses du peuple. C’est sans compter sur Robin des Bois, un hors-la-loi rusé excellente archer qui déjoue ses plans, redistribuant ses butins aux pauvres du royaume.

Par Kevin Reynolds : Le bon roi Richard Coeur-De-Lion est parti aux Croisades. Pendant son absence, le shériff de Nottingham tyrannise le peuple, et massacre ses opposants, dont Lord Locksley. Son fils (Robin de Locksley) rentrant de Croisade décide de le venger, et organise la résistance.

Par Ridley Scott : Le roi Richard Coeur-De-Lion n’est pas spécialement un bon roi. Il meurt lors du siège du château de Châlus, laissant le trône à son frère, Jean. Celui-ci, relativement sans scrupule, doit faire face à un complot ourdi par les Français pour s’emparer de sa couronne. Robin Longstride, un croisé, accompli une promesse faite à un mourant (Sir Locksley) de rapporter son épée sur ses terres, et finit par se retrouver au premier plan de la lutte contre les comploteurs Français.

Pour résumer : Trois films, trois histoires complètement différentes. Le méchant n’est pas toujours le même (le Prince Jean ou le shériff de Nottingham). Les conséquences ne sont pas toujours les mêmes (Richard absent, Richard mort). Même Robin n’a pas les mêmes origines selon les oeuvres (Noble, simple croisé, simple hors-la-loi) ! Mais alors, qui dit la vérité ?

La légende de Robin des Bois a énormément évolué à travers les âges. Il varie de héros « qui vole au riche pour donner aux pauvres » au voleur assassin. Néanmoins, le contexte historique se rapproche plus du film de Ridley Scott. Richard Ier n’était en effet pas un roi exceptionnel, et il ne passa que très peu de temps en Angleterre. Si son frère, Jean-Sans-Terre, essaya bien de s’emparer du trône pendant son absence, Richard lui pardonna et le nomma héritier. C’est d’ailleurs lui qui devint roi à la mort de Richard, lors du siège de Châlus. Par ailleurs, la Charte que Robin fait signer à Jean dans le film de Ridley Scott a réellement existé (cf. la Magna Carta).

Robin

Robin des Bois

Par Disney : Robin est joué par… un renard ! Il est donc un hors-la-loi rusé, au grand coeur. Il est le meilleur archer du royaume, ne supporte pas l’injustice. Il est aussi très fleur bleue, et désespérément amoureux de Marianne. Enfin, détail non négligeable, il aime se travestir, en cigogne notamment.

Par Kevin Reynolds : Robin est joué par Kevin Costner. Il est bon archer, et leader charismatique puisqu’il arrive à prendre la tête d’une troupe de hors-la-loi forestiers. Romantique à ses heures, il s’éprend de Marianne, nièce du roi, sur des airs de « (Everything I Do) I Do It For You« , de Bryan Adams. C’est l’archétype des héros guerriers mais non violents, une main de fer dans un gant de dentelle (dont le cliché est pour moi symbolisé par Richard Gere dans Lancelot, le premier chevalier).

Par Ridley Scott : Robin est joué par Russell Crowe. Moins de romance, le film s’adapte à l’air du temps. Robin se fait violent, macho, viril (à la Maximus Decimus Meridius). Bien qu’il s’agisse d’un archer, il combat à cheval. Il est à nouveau un leader exceptionnel, haranguant l’armée anglaise avant leur bataille contre les Français. Il usurpe l’identité du mari de Marianne, et la séduit donc malgré elle. Comme dans Gladiator, il est déclaré hors-la-loi et trahi après avoir été le plus grand général du royaume/empire.

Marianne

Marianne

Par Disney : Marianne est une jeune « femme » noble, qui tombe désespérément amoureuse de Robin. Pour elle, il remporte un tournoi de tir à l’arc. Douce et non violente.

Par Kevin Reynolds : Marianne est la nièce du roi Richard. Le shériff de Nottingham cherche à l’épouser pour pouvoir prétendre au trône d’Angleterre. Conformément au cliché du film romantique, elle est sans défense.

Par Ridley Scott : Marianne est la femme de Sir Locksley. Depuis que son mari est parti en guerre, elle mène d’une main de fer son domaine. Elle est guerrière dans l’âme.

En conclusion…

La légende de Robin des Bois a subi énormément de changements à travers les siècles. Ces trois films le montrent, puisqu’elle y est traitée de manières très différentes. Ils s’adressent chacun à un âge de la vie : aux plus petits avec Disney, aux jeunes adolescents avec les deux Kevin, et enfin aux plus grands avec Russell Crowe. Difficile donc de les classer, même si, après les avoir revus en moins d’un an, mon coeur penche toujours vers le Prince des Voleurs !

Rating 4.60 out of 5
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L’âge de raison : Critique

L'âge de raisonJe le savais avant d’entrer dans la salle : L’âge de raison n’allait pas être le film de l’année. Je m’attendais à un petit film gentillet, attendrissant et touchant, porté par Sophie Marceau, vraisemblablement à bout de bras. J’avais raison sur un seul point : ce n’est pas le film de l’année. Pour être plus précis, c’est un navet en bonne et due forme.

Quelle déception ! Rien ne sauve le film. Peut-être un plan sur la fin du film, où l’on voit une magnifique vallée, et une rivière entre les montagnes. Mais une seule image en une heure et demie, c’est pauvre quand même !

Première déception : le scénario. On n’y croit pas une seule minute ! On n’est pas transporté à un seul moment du film ! Quel bâclage… Pour ceux qui n’ont pas entendu parler du film, c’est l’histoire d’une femme « moderne » (la femme moderne étant, dans le cinéma français et américain, la femme PDG ou quasi, très active et surbookée) qui reçoit, le jour de son anniversaire, une lettre qu’elle s’était écrite lorsqu’elle avait sept ans. Puis une autre. Puis une autre. Et ainsi de suite. Elle redécouvre ainsi une enfance qu’elle avait refoulée, et confronte la femme qu’elle est devenue à celle qu’elle rêvait d’être.

Le thème est traité de manière tout à fait niaise et ridicule. Le dénouement est grotesque, les symboliques dépassées (la femme qui creuse dans un puit pour retrouver un trésor d’enfance, plus gros sabots tu meurs !), l’histoire n’est absolument pas construite. On passe en coup de vent sur les moments importants pour s’attarder sur les clichés ridicules.

L’autre grosse déception vient des acteurs. A part peut-être Michel Duchaussoy, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Marceau, Csokas, Zaccaï : même eux n’y croient pas. Ils récitent leur texte sans y mettre la moindre émotion. Les larmes de Sophie Marceau viennent à contretemps. Le jeu franco-anglais de Marton Csokas est un cheveu sur cette soupe cinématographique, donnant lieu à un jeu ennuyant entre les deux personnages principaux. Quant au roi Philippe de Ridley Scott, son rôle était bâclé ; ce n’est donc peut-être pas de sa faute. Le pire étant peut-être le frère (adulte) de Margaret/Marguerite, et son fils. Quelle horreur !

A la décharge des acteurs, ils n’ont pas non plus été servis par les dialogues. Absolument pas naturels, ils transforment les moments qui auraient dus être chargés émotionnellement en moments gênants (« awkward », comme ils disent là-bas), qui mettent le spectateur mal à l’aise.

Rien à sauver ici. Passez votre chemin !

Rating 3.00 out of 5
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