Ryan Gosling Archive

Drive : Critique

DriveRyan Gosling est décidément sous le feu des projecteurs ces temps-ci… Après Les Marches Du Pouvoir, le voici à l’affiche de Drive, prix de la mise en scène à Cannes cette année.

Drive retrace l’histoire d’un mécanicien qui… conduit. Souvent pour des malfaiteurs, parfois pour le cinéma. A tendance misanthropique, il tombe néanmoins sous le charme de sa voisine, dont le mari est en prison. Lorsque ce dernier revient, « Driver » (nous l’appellerons ainsi pour plus de commodités, le personnage n’ayant pas de nom) décide de lui rendre service dans ce qui se révèle être un guet-apens de la mafia locale. L’enjeu devient alors de sauver sa peau, mais aussi celle de sa voisine évidemment.

Afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs que fait le film, je vais tenter d’être court et pas ennuyeux : Drive est nul. Oui je sais, on ne dit pas « c’est nul », mais « je n’aime pas ». Non mais là tant pis. Certes la mise en scène est parfois sympa et originale. Mais le reste…

Tout d’abord, le plus flagrant. « Un budget assez modeste », souligne Wikipédia. C’est la crise, alors il a fallu faire des coupes à droite à gauche, et en premier lieu dans les dialogues. Drive n’a pas de dialogues. Non pas au sens figuré « les dialogues de Drive sont mauvais », mais bien au sens propre : il y a environ une phrase toutes les dix minutes. Comme si le réalisateur avait lu « taciturne » dans la description du personnage principal, et nous le faisait comprendre avec de gros, d’énormes sabots. Résultats, dès les premières images du film, on décroche. Et le générique, quelle horreur !

« Ils ont voulu faire rétro ». Là on est dans le kitsch pendant plus de 100 minutes. La différence entre kitsch et rétro vient sans doute de la musique ; je ne doute pas que la BO soit très bonne, très agréable à écouter en MP3. Mais elle est tellement mal utilisée ! Complètement inadaptée aux scènes, si bien que, même si on réussissait à certains moments à rentrer dans le film, elle nous en extrairait régulièrement. Quel gâchis !

Quel gâchis, parce que les acteurs ne sont pas forcément mauvais. A commencer par Ryan Gosling, qui fait très bien le… taciturne (j’imagine que ça doit être difficile de ne pas parler pendant tout un tournage !). Et évidemment Carey Mulligan (Wallstreet2, Don’t Let Me Go), que j’adore, et qui met un peu de fraîcheur sur le tout. Sans oublier l’inévitable Bryan Cranston (Breaking Bad), qui est à l’affiche de neuf films en 2011 et 2012, tout en continuant le tournage de la série… Oscar Isaac (Agora, Sucker Punch) quant à lui retombe dans son travers de faire du sous-Joaquin Phoenix mais n’apparaît pas longtemps.

Je m’arrête là, vous aurez compris le principe : Drive, film noir peut-être, film nul sûrement.

Rating 4.00 out of 5
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Les Marches du Pouvoir : Critique

Les Marches du PouvoirLa politique est à la mode ces temps-ci, avec deux films traitant du dessous des affaires à l’affiche. Petite revue du film américain : Les Marches du Pouvoir (The Ides of March).

Les Etats-Unis aux heures des primaires démocrates. Deux candidats restent en lice : le gouverneur de Pennsylvanie, Mike Morris, talentueux, sérieux, ayant le sens des responsabilités, et son vil adversaire. La bataille fait rage entre les forces des deux camps, aux premières lignes desquels se trouvent les équipes de campagne. Stephen Meyers est un jeune idéaliste, brillant consultant média de Morris. Son talent va en faire l’objet de convoitise du camp opposé, tandis que son idéalisme va être soumis à rude épreuve, sous le feu des attaques des uns et des autres.

Les Marches du Pouvoir traitent un sujet assez méconnu en France : les élections primaires américaines. Loin de notre simple système d’élection à deux tours, le mécanisme est autrement plus complexe aux Etats-Unis. La campagne est beaucoup plus longue, les ralliements beaucoup plus cruciaux… et de fait les attaques beaucoup dures. Tous les ingrédients pour donner une grosse production hollywoodienne. Et on retrouve en effet tous les éléments caractéristiques du film américain. De la trahison, du complot, de l’amour, du sexe, du scandale. Les fans ne seront pas déçus.

Néanmoins, résumer le film à cela serait réducteur. J’ai pour ma part apprécié la critique en filigrane du système américain. Est-ce voulu ? Rien n’est moins sûr, mais vu de ce côté de l’Atlantique, on y retrouve toutes les failles traditionnelles de la politique américaine. La première est on-ne-peut-plus d’actualité, et résumée par une réplique du film : « Tu as le droit de merder, de déclencher une guerre, de ruiner le pays, mais pas de baiser une stagiaire. ». Difficilement concevable en France (à partir du moment où cette stagiaire est majeure, évidemment !). De même, le côté spectacle de la politique laisse songeur. Même s’il est vrai que nous nous dirigeons nous-mêmes de plus en plus vers ce type de shows. Et les thèmes abordés posent de vraies questions sur les valeurs américaines… Peut-on être élu président en se déclarant athée ? Ou contre la peine de mort ou le port d’armes ?

Impossible de ne pas se poser la question : les campagnes américaines sont-elles vraiment aussi cyniques ? Nous avons tous en tête des spots de candidats (républicains majoritairement) qui semblent le démontrer. Quoiqu’il en soit, Les Marches du Pouvoir ne sera pas le film qui redonne foi et intérêt en la politique ! C’est d’ailleurs une des choses que l’on peut lui reprocher.

Côté casting, c’est évidemment très bon, avec George Clooney dans un rôle qui lui va comme un gant (le gentil beau gosse prêt à sauver l’Amérique), Ryan Gosling impérial en jeune prodige idéaliste rattrapé par la réalité, et Philip Seymour Hoffman en vieux loup de mer, rappelant son rôle dans Moneyball. On regrettera juste que Jennifer Ehle n’ait pas un rôle plus grand : dans la réalité, on sait que les maris et femmes des politiques ont toujours une importance capitale, et font un grand travail dans l’ombre.

Alors bien sûr, Les Marches du Pouvoir est plus un drame qu’un film politique. Mais il tient son créneau ; pour le reste, il y a L’exercice du pouvoir, film français que je n’ai pas encore – mais ça ne saurait tarder. A voir sans être un incontournable.

Rating 3.00 out of 5
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