Shame : Critique

ShameL’heure est aux films avec Carey Mulligan. Après Drive il y a quelques semaines, place à Shame, de Steve McQueen, avec Michael Fassbender dans le rôle principal.

Shame retrace l’histoire de Brandon, un businessman accro au sexe, qui voit débarquer chez lui Sissy, sa soeur paumée. Et qui va donc devoir essayer de changer ses habitudes.

Dès les premières minutes, on s’aperçoit que Steve McQueen a choisi le trash pour nous parler de cette addiction un peu particulière. Cela va se confirmer tout le long du film ; on a d’ailleurs parfois l’impression de regarder un porno soft. Cette manière crue de filmer les scènes de sexe est censée nous faire partager la honte (d’où le titre) que ressent après coup le protagoniste.

Je le dis tout net : ça ne fonctionne pas. Attention, je ne dis pas que le film est mauvais, ni qu’on ne ressent rien ou qu’on n’entre pas dans l’histoire. Mais je trouve qu’il ne fait pas passer le côté « honteux » (hormis peut-être les 4 dernières secondes ?). En revanche, il nous fait découvrir cette « maladie », en nous la faisant vivre de l’intérieur. Plus que la honte, on ressent surtout la perte de repères du personnage principal, de plus en plus forte au fur et à mesure de l’avancée du film.

La scène la plus forte du film est d’ailleurs selon moi symptomatique de cette perte de repère. Il s’agit du moment où Sissy surprend Brandon en train de se masturber, et qu’il devient violent. Cette scène est évidemment pleine d’ambiguïtés. La première étant évidemment de savoir s’il rigole ou pas (le jeu de Carey Mulligan est d’ailleurs exceptionnel). La seconde est sa relation avec sa soeur : va-t-il la violer ? La battre ? S’effondrer ? Réponse dans le film.

Du côté « technique », les deux acteurs principaux sont très bons, et font une grande partie du film. Le scénario quant à lui est relativement pauvre ; mais on imagine que le but du film était plutôt de laisser une empreinte dans l’esprit du spectateur que le tenir en haleine, accroché à l’histoire. Enfin, point commun avec Drive, le film possède relativement peu de dialogues. Mais c’est moins marqué, et cela passe beaucoup mieux.

Shame, un film à ne pas mettre entre tous les yeux, mais à voir si on aime les drames psychologiques – ou qu’on veut comprendre l’affaire DSK !

Note du film :  ★½☆☆☆ 

Rating 3.00 out of 5
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