Cheese de Stromae : Critique

StromaeIl n’est jamais trop tard pour bien faire, voilà pourquoi, avec deux ans de retard, j’ai décidé de consacrer un article au chanteur belge Stromae ! Enfin deux ans de retard, c’est vite dit ; son album n’est sorti qu’en juin 2010…

Pour ceux qui sont encore plus en retard que moi, Stromae, c’est donc un auteur-compositeur interprète belge, dont vous pourrez trouver la bio complète sur Wikipédia. Ses chansons marient deux styles relativement opposés : le rap et la musique électronique. Enfin « rap », pour être plus précis je dirais qu’il est à mi chemin entre un Grand Corps Malade et Vitalic. Plus près du premier que du second peut-être… Tiens et si vous écoutiez en lisant la suite ? C’est bien fait Internet quand même :)

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La recette est simple : une voix grave qui prend un air grave sur un texte grave, avec derrière des beats électro entêtants. Vous connaissez probablement Alors on danse, qui a occupé la première place du classement des ventes de disques l’an dernier pendant 10 semaines. Et peut-être Te quiero, qui est pour moi encore meilleur, mais qui n’a pas rencontré le même succès commercial.

Ses textes sont graves, je le disais, pessimistes et souvent sombres. Ça ne vaut peut-être pas un Grand Corps Malade ou un Abd Al Malik, mais on retrouve le même esprit. Les thèmes qu’il aborde sur l’album Cheese sont :

  • L’amour évidemment, dans Te quiero notamment. Il y est abordé sous l’angle du « je t’aime, moi non plus » : « je voudrais être son ombre… mais je la déteste… même au bout du monde… et bien qu’elle y reste… »
  • Le stress quotidien, dans Alors on danse (« qui dit amour dit les gosses, dit toujours et dit divorce »)
  • La violence conjugale, dans le très dur Dodo (à déconseiller aux âmes sensibles) : « Hey petit bébé il faudra se taire, oui même si papa frappe ta mère, bin il faudra s’y fai-ai-re. »
  • La religion, dans House’llelujah (« J’ai prié dieu pendant des heures, on m’a dit qu’il était trop vieux pour tout nos pleurs »)
  • Ou encore les vacances d’été, dans Summertime (« J’espère que je n’srais pas déçu, non, car ça me stresse que quelque chose vienne gâcher mon summertime »)

StromaeOk vu d’ici ça fait un peu peur. Mais (parce qu’il y a un « mais » !) l’album ne dégage pas du tout d’ambiance nauséabonde, à sauter du haut d’un building (et puis on « aurait l’air d’un con en (se) jetant dans le vide », c’est lui qui le dit). Et non, parce qu’il y a… la musique !

On aime le sucré-salé ou on ne l’aime pas. Personnellement, je suis fan, et le sucré des gimmicks électro marié au salé des textes fait de Cheese l’un de mes albums préférés depuis Ocean Eyes, d’Owl City. Les rythmes et mélodies sont relativement simples, c’est d’ailleurs ce qui frappe lorsque l’on regarde les Leçons de Stromae, mais efficaces : la ligne de basse de Alors on danse suffit par exemple à faire danser le public, alors que c’est son gimmick au saxophone qui reste dans la tête.

Je parlais des Leçons de Stromae ; le concept est tout simplement génial ! Il s’agit de vidéos de quelques minutes qui nous transportent chez Stromae, et où il nous montre comment il fabrique ses chansons, sur un mini studio dans sa chambre. Bien sûr, tout est extrêmement simplifié, mais j’ai trouvé très instructif de voir un « véritable » auteur-compositeur à l’oeuvre, de voir le matériel sur lequel il cherche ses idées, etc. Exemple avec la leçon 1 :


Stromae – Lesson 1 « Up Saw Liz »
envoyé par StromaeOfficiel.

Allez on va tous acheter son album, histoire de montrer qu’on n’est pas des sauvages ingrats (comprendre : qu’on ne télécharge pas illégalement nos chanteurs préférés :D ) ! Sur internet je conseille, parce qu’on va pas s’embêter avec des moyens de diffusion du siècle dernier !

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