Sucker Punch Archive

Sucker Punch : la signification du film

Sucker PunchJ’ai trois critiques de retard (dans l’ordre : Killing Fields, Detachment et Intouchables), mais je vais commencer l’année par revenir sur un film que j’avais vu (et critiqué) l’année dernière, à savoir Sucker Punch. Je l’ai revu aujourd’hui, et, si à l’époque j’avais eu du mal à en trouver le sens (mon explication était confuse), cette fois-ci il m’est apparu assez clairement.

Attention ! La suite de l’article va évidemment spoiler le film, donc inutile de continuer si vous ne l’avez pas vu… Commencez par vous faire votre propre idée, et revenez ensuite ;)

La signification de Sucker Punch est en fait décrite au début du film. Nous possédons chacun en nous des « gardiens » intérieurs, qui nous permettent de surmonter toutes les situations, même les plus désespérées. Il ne faut donc jamais baisser les bras, puisque « nous avons déjà toutes les armes ». Il suffit de se battre.

Concrètement, comment cela s’applique-t-il à nos héroïnes ?

Afin de comprendre Sucker Punch, il faut se rendre compte d’une chose : Sweat Pea existe, alors que Baby Doll et Rocket sont imaginaires (pour Blondie et Amber, la question n’est pas très intéressante). Sweat Pea est une orpheline, dont nous voyons l’histoire au début du film : la mort de sa mère, l’homicide involontaire sur sa soeur, l’entrée dans l’asile, etc. Afin de se protéger de son environnement, elle s’invente un « gardien » : Baby Doll. Celle-ci va l’aider à se « libérer » (« be free » revient plusieurs fois dans le film).

D’où l’existence des trois niveaux de réalité. Le premier, celle de l’asile, où Sweat Pea est la seule existante. Le second, celui du bordel, où Sweat Pea coexiste avec sa soeur défunte Rocket et son « gardien » Baby Doll, qui la guide dans sa tentative de fuite. Et le troisième, qui est celui des combats, représentant en fait la fuite intérieure de Sweat Pea lors des passages les plus difficiles (viols, violences, etc.).

Jusqu’ici tout le monde suit ?

Cette interprétation répond à presque toutes les questions soulevées au long du film :

  • Pourquoi Sweat Pea et Baby Doll sont confondues lors de la première apparition du niveau « bordel » ==> Il s’agit d’un dédoublement de personnalité.
  • Pourquoi les black out lorsque Baby Doll danse ==> elle joue ainsi son rôle de « gardien », en permettant à Sweat Pea d’échapper aux viols (par Blue, par le Maire, par le cuisinier…).
  • Pourquoi Baby Doll se sacrifie (« ça a toujours été ton histoire », dit-elle à Sweat Pea) ==> Le « gardien » permet à Sweat Pea de s’échapper.

Pour les points qui restent en suspend, je vous les livre tels quels :

  • C’est bien Sweat Pea qui se fait lobotomiser à la fin (et c’est pour cela que son visage tarde à nous être montré). Mais elle part « heureuse » (d’où le regard jeté au « médecin »), sachant que sa partie saine est libérée (lorsqu’elle monte dans le bus). Elle laisse donc uniquement son gardien Baby Doll dans l’univers réel (et horrible). Voilà pourquoi on retrouve le « guide spirituel » au volant du bus. Et c’est pour cela qu’en dernier lieu, c’est le visage de Baby Doll qu’on voit apparaître sur la lobotomisée.
  • Sweat Pea a bien aidé une fille à s’enfuir de l’asile (comme le dit Gugino à la fin). Cela lui permet sans doute de se pardonner la mort de sa soeur plus facilement.
  • Pourquoi est-ce le visage de Baby Doll lorsque l’on nous raconte l’histoire au tout début alors ? Si vous vous souvenez bien, elle essaye d’échapper à son beau-père, et d’aider sa soeur. Et pour cela, Sweat Pea ne peut y arriver seule. C’est la première fois qu’intervient son gardien, qui lui permet justement de trouver le courage pour affronter la situation.
  • On pourrait même aller jusqu’à penser que cette aptitude à revivre les événements d’une manière fantasmée est inspirée par la méthode de la doctoresse. Mais ça n’a pas exagérément d’intérêt d’aller jusque-là ;)
  • Je pense que j’ai fait le tour des points problématiques ? Si vous avez des questions ou contradictions supplémentaires, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

Et pour finir, vous pourrez ici ou là lire d’autres explications sur le film, certaines proches de celle-ci, d’autres beaucoup moins. Vous verrez néanmoins que c’est la seule interprétation qui donne un sens à tous les éléments du film sans partir dans les délires les plus extravagants.  J’espère que cela vous aidera à apprécier ce film, qui est finalement beaucoup plus qu’un film pour ado boutonneux !

Rating 4.00 out of 5
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Sucker Punch : Critique

Sucker PunchVous avez sans doute déjà entendu parler de Sucker Punch, le nouveau Zack Snyder. Ou au moins vu les affiches : des grosses bombes en tenue de combat « sexy ». Mais vous ne savez peut-être pas de quoi parle le film… Rassurez-vous, moi non plus !

Bon j’exagère peut-être un peu. Sucker Punch nous raconte l’histoire d’une jeune fille enfermée à tort dans un hôpital psychiatrique par son beau-père, soucieux de récupérer tout l’héritage de sa femme. La jeune (pas si) folle va alors tenter de s’en évader, physiquement et psychologiquement. Ca, c’est la théorie. Après, on peut interpréter le film à peu près comme on veut ; ce qui est sûr, c’est que le réalisateur ne met pas de barrière à l’imagination du spectateur.

L’auteur de 300 et Watchmen nous livre ici un film dans la même lignée, à savoir très esthétique, très particulier. Car c’est bien cela qu’on retiendra du film : une esthétique particulière, et une BO tout simplement énorme. Vous avez dit Tron ? Oui c’était aussi ses caractéristiques. La différence principale entre Tron et Sucker Punch, c’est que le premier se base sur une histoire mièvre et pleine de cliché, et ses acteurs sont très moyens, alors que le second se base sur une histoire glauque et noire, avec quelques bons acteurs.

Si, avec Tron, on avait l’impression de voir un clip futuriste, avec Sucker Punch, on a l’impression d’être spectateur d’une partie de jeux vidéo. Ça tombe bien, personnellement je n’aime pas jouer à ce genre de jeux, mais j’aime suivre le déroulement de l’histoire. Et là, je pense que quelqu’un qui n’aurait pas de culture gamer s’ennuierait. Les différentes scènes de combats reprennent en effet des thématiques très communes dans l’univers des jeux : une quête, des gros méchants (samouraïs, puis zombies, puis robots, etc.), parfois même un « boss » de fin de niveau. Et l’héroïne sexy, avec son sabre et sa minijupe, rappelle fortement un autre pendant de cette culture gamer : les mangas.

C’est un film pour ado boutonneux, en somme. Même si Zack Snyder déclare qu’il a eu les idées principalement quand il était drogué, on sait bien d’où elles viennent… Il a dû demander à un ado boutonneux de son entourage ce qui lui plairait de voir dans le film parfait. Les réponses :

- Des filles pas très habillées

- Des combats d’épée

- Des combats avec des flingues

- De la guerre

- Des zombies

- Des orcs et des dragons

- Des robots

Difficile de mixer tous ces éléments. Mais pas impossible ! La preuve… Le risque était évidemment que le film obtenu soit une grosse (mais alors très grosse) daube. Ce n’est pas le cas ! Difficile de dire pourquoi, mais le sentiment est globalement positif quand on ressort de la salle. C’est sans doute dû, encore une fois, à l’esthétique, à l’ambiance qui se dégage du film. Et un peu aux acteurs également…

Sucker Punch : les actricesIl y a 90% de femmes dans Sucker Punch, et pourtant, c’est un homme qui se démarque le plus : Oscar Isaac, qu’on avait pu voir dans Robin des Bois ou (berk) Agora. Quasi méconnaissable, il joue une nouvelle fois le rôle du méchant, ajoutant le côté sadique et pervers cette fois-ci. Une horreur, dans le bon sens du terme (s’il y en a un !). Vient après la flopée d’actrices : Emily Browning tient le premier rôle, et, sans être exceptionnelle, joue très bien le rôle de petite poupée (presque) sans défense. Elle est accompagnée de 4 camarades (elles ont d’ailleurs un côté Spice Girls assez prononcé), Vanessa Hudgens (High School Musicaaaaal !), Jamie Chung, Jena Malone et Abbie Cornish, recrutées sans doute plus pour leur physique qu’autre chose, mais qui s’en sortent au final plutôt bien. A noter enfin Carla Gugino, qui sort une très bonne prestation de méchante finalement gentille (même si on peut regretter qu’elle copie beaucoup Angelina Jolie).

Bon je vais quand même tenter une interprétation de Sucker Punch, histoire de dire que je n’ai pas perdu ma soirée d’hier… Attention, (petit) spoil ci-dessous…

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Le film a également un petit côté Inception, avec les couches de « réalités » qui se superposent aux autres… La vraie vie ne dure finalement que quelques minutes, entre le moment où la mère de Baby Doll décède et le moment où l’héroïne est lobotomisée. La couche du dessus semble partiellement inventée, puisqu’on y retrouve un certain nombre de faits réels (l’évasion de Sweet Pea, le poignardement de Blue, etc.), mêlés à des faits a priori fantasmés (les scènes de danse, l’aspect cabaret). Et enfin, la dernière couche est faite de pur fantasme, et contient les différents combats correspondant à chaque sous-quête.

Sauf si je n’ai rien compris au film :D

Sucker Punch, un film qu’il est joli, que sa musique elle est bien, et que ses actrices elles sont bien gaulées !

Le décor de la soirée VIP Sucker Punch au Trianon

Le décor de la soirée VIP Sucker Punch au Trianon

Oscar IsaacO

Rating 3.00 out of 5
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