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Sucker Punch : Critique

Sucker PunchVous avez sans doute déjà entendu parler de Sucker Punch, le nouveau Zack Snyder. Ou au moins vu les affiches : des grosses bombes en tenue de combat « sexy ». Mais vous ne savez peut-être pas de quoi parle le film… Rassurez-vous, moi non plus !

Bon j’exagère peut-être un peu. Sucker Punch nous raconte l’histoire d’une jeune fille enfermée à tort dans un hôpital psychiatrique par son beau-père, soucieux de récupérer tout l’héritage de sa femme. La jeune (pas si) folle va alors tenter de s’en évader, physiquement et psychologiquement. Ca, c’est la théorie. Après, on peut interpréter le film à peu près comme on veut ; ce qui est sûr, c’est que le réalisateur ne met pas de barrière à l’imagination du spectateur.

L’auteur de 300 et Watchmen nous livre ici un film dans la même lignée, à savoir très esthétique, très particulier. Car c’est bien cela qu’on retiendra du film : une esthétique particulière, et une BO tout simplement énorme. Vous avez dit Tron ? Oui c’était aussi ses caractéristiques. La différence principale entre Tron et Sucker Punch, c’est que le premier se base sur une histoire mièvre et pleine de cliché, et ses acteurs sont très moyens, alors que le second se base sur une histoire glauque et noire, avec quelques bons acteurs.

Si, avec Tron, on avait l’impression de voir un clip futuriste, avec Sucker Punch, on a l’impression d’être spectateur d’une partie de jeux vidéo. Ça tombe bien, personnellement je n’aime pas jouer à ce genre de jeux, mais j’aime suivre le déroulement de l’histoire. Et là, je pense que quelqu’un qui n’aurait pas de culture gamer s’ennuierait. Les différentes scènes de combats reprennent en effet des thématiques très communes dans l’univers des jeux : une quête, des gros méchants (samouraïs, puis zombies, puis robots, etc.), parfois même un « boss » de fin de niveau. Et l’héroïne sexy, avec son sabre et sa minijupe, rappelle fortement un autre pendant de cette culture gamer : les mangas.

C’est un film pour ado boutonneux, en somme. Même si Zack Snyder déclare qu’il a eu les idées principalement quand il était drogué, on sait bien d’où elles viennent… Il a dû demander à un ado boutonneux de son entourage ce qui lui plairait de voir dans le film parfait. Les réponses :

- Des filles pas très habillées

- Des combats d’épée

- Des combats avec des flingues

- De la guerre

- Des zombies

- Des orcs et des dragons

- Des robots

Difficile de mixer tous ces éléments. Mais pas impossible ! La preuve… Le risque était évidemment que le film obtenu soit une grosse (mais alors très grosse) daube. Ce n’est pas le cas ! Difficile de dire pourquoi, mais le sentiment est globalement positif quand on ressort de la salle. C’est sans doute dû, encore une fois, à l’esthétique, à l’ambiance qui se dégage du film. Et un peu aux acteurs également…

Sucker Punch : les actricesIl y a 90% de femmes dans Sucker Punch, et pourtant, c’est un homme qui se démarque le plus : Oscar Isaac, qu’on avait pu voir dans Robin des Bois ou (berk) Agora. Quasi méconnaissable, il joue une nouvelle fois le rôle du méchant, ajoutant le côté sadique et pervers cette fois-ci. Une horreur, dans le bon sens du terme (s’il y en a un !). Vient après la flopée d’actrices : Emily Browning tient le premier rôle, et, sans être exceptionnelle, joue très bien le rôle de petite poupée (presque) sans défense. Elle est accompagnée de 4 camarades (elles ont d’ailleurs un côté Spice Girls assez prononcé), Vanessa Hudgens (High School Musicaaaaal !), Jamie Chung, Jena Malone et Abbie Cornish, recrutées sans doute plus pour leur physique qu’autre chose, mais qui s’en sortent au final plutôt bien. A noter enfin Carla Gugino, qui sort une très bonne prestation de méchante finalement gentille (même si on peut regretter qu’elle copie beaucoup Angelina Jolie).

Bon je vais quand même tenter une interprétation de Sucker Punch, histoire de dire que je n’ai pas perdu ma soirée d’hier… Attention, (petit) spoil ci-dessous…

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Le film a également un petit côté Inception, avec les couches de « réalités » qui se superposent aux autres… La vraie vie ne dure finalement que quelques minutes, entre le moment où la mère de Baby Doll décède et le moment où l’héroïne est lobotomisée. La couche du dessus semble partiellement inventée, puisqu’on y retrouve un certain nombre de faits réels (l’évasion de Sweet Pea, le poignardement de Blue, etc.), mêlés à des faits a priori fantasmés (les scènes de danse, l’aspect cabaret). Et enfin, la dernière couche est faite de pur fantasme, et contient les différents combats correspondant à chaque sous-quête.

Sauf si je n’ai rien compris au film :D

Sucker Punch, un film qu’il est joli, que sa musique elle est bien, et que ses actrices elles sont bien gaulées !

Le décor de la soirée VIP Sucker Punch au Trianon

Le décor de la soirée VIP Sucker Punch au Trianon

Oscar IsaacO

Rating 3.00 out of 5
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Tron Legacy : Critique

Tron L'HéritageOn ne peut pas échouer à tous les coups : cette fois il restait de la place dans la fameuse salle 16, et j’ai donc pu assister à la projection de Tron : L’Héritage en 3D. Je n’avais pas vu le premier du nom, donc il me manque certainement des éléments, mais ma première impression est mitigée.

Sam Flynn est l’héritier de la firme ENCOM, géant informatique mondial, créé par son père Kevin Flynn quelques dizaines d’années avant. Depuis la disparition de ce dernier, la firme est laissée aux mains de dirigeants sans pitié, et Sam ne trouve pas la motivation pour reprendre ce qui lui appartient. Un jour, l’ancien associé de Kevin reçoit un message émanant de leur ancien bureau. Ni une, ni deux, Sam s’y rend et se fait « téléporter » dans le coeur du système inventé par son père, « La Grille ».

L’impression « mitigée » vient du fait qu’il y a à la fois d’excellents éléments dans Tron: Legacy, mais qu’il y a également une bonne dose de gâchis ridicule… Je commence par le bon ou le mauvais ? Allez, le mauvais.

Evidemment, le film partait mal, parce que le scénario est terriblement mauvais. Une histoire qui se passe au coeur d’un ordinateur, cela faisait peut-être rêver en 1980, mais aujourd’hui ce n’est que ridicule. Tous les personnages sont archi-stéréotypés, du DG sans coeur de la multinationale au fils abandonné qui a mal tourné, en passant par le grand-méchant-qui-en-fait-n’est-pas-si-méchant-il-fait-juste-ce-que-le-gentil-lui-a-ordonné-de-faire. La fin est ultra-prévisible, puisqu’on nous l’explique dès le départ :

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Kevin : « je ne peux faire disparaître Clu qu’en disparaissant moi-même »

. On n’est surpris à aucun moment, Steven Lisberger a utilisé du bon gros fil blanc !

Il y aurait eu de bons dialogues, peut-être qu’on aurait oublié le scénario bidon. Mais encore une fois, on enchaîne les répliques kitsch, qui arrivent comme autant de cheveux sur la soupe scénaristique qu’est Tron. J’aimerais pouvoir vous en citer quelques-unes, juste pour le plaisir, mais j’ai dû les refouler immédiatement dans mon inconscient… Bref c’est de toute façon au mieux amusant, au pire désolant.

Et Jeff Bridges alors ? Et bien c’est moche à dire, mais il livre une prestation tout à fait décevante ici. Certes, il est toujours mieux que les autres acteurs, et arrive de temps en temps à donner un peu de charisme à son personnage. Mais ce n’est pas dur : les autres sont simplement mauvais. Le pire étant sans doute Garrett Hedlund, qui a pourtant le rôle principal ; il essaye en vain, pendant toute la durée du film, de faire le beau gosse à la Brad Pitt, et en oublie de jouer son rôle correctement.

Assez dit de mal, je le disais plus haut : il y a d’excellents éléments dans Tron: Legacy. Après ce que je viens d’écrire, difficile d’imaginer que cela puisse être le cas, et pourtant ! Au final, Tron est une réussite artistique.

Tron Legacy

C'est joli non ?

Pour commencer, j’ai trouvé les images sublimes. Certes, ce ne sont pas de grands paysages saisissants, comme on a l’habitude d’en voir, mais le monde de synthèse est particulièrement esthétique. Citons notamment la course de lightcycle, qui est absolument parfaite (d’un point de vue graphique). La 3D est pour une fois utile et efficace, et ajoute une vraie dimension au film (au sens propre et au sens figuré). Tron est donc un délice pour les yeux.

Et évidemment, LE gros point fort de Tron est sa BO, signée par Daft Punk - excusez du peu. Les morceaux sont magiques, et décrivent à eux seuls mieux le monde virtuel que la parodie de scénario qu’on essaye de nous faire avaler. A peine sortis du cinéma, on n’a qu’une envie : l’écouter sur Deezer (parce que c’est légal) ! Après, on aime ou on n’aime pas la musique électronique. Mais force est de constater que les Daft Punk sont toujours les maîtres du genre.

Au final, Tron est simplement un clip de 127 minutes, qui se révèle addictif si on n’y va pas pour découvrir une histoire. Mon conseil ? Allez donc le voir au cinéma si vous aimez le spectacle, mais si vous ne le voyez pas sur le grand écran, oubliez-le : il ne doit avoir absolument aucun intérêt sur petit écran, à moins de couper l’image… Mais dans ce cas, il reste la possibilité Deezer ;)

Garrett_HedlundGarrett
Rating 3.00 out of 5
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Rien à déclarer : Critique

Rien à déclarerIl y a des soirs comme ça… On se motive pour aller voir Tron en 3D, en se disant qu’on va en prendre plein les yeux, et, une fois arrivé devant l’UGC La Défense, on voit qu’il ne reste que 25 places dans la salle 16. Inenvisageable ! Et on se retrouve donc à devoir choisir entre Au-delà, ou Rien à déclarer. Un film pas terrible amusant ou un film pas terrible tout court ? Nous avons donc choisi le nouveau Dany Boon.

Deux ans après Bienvenue chez les Ch’tis, Dany Boon nous livre un autre film bâti sur le même modèle : un choc des cultures entre les deux personnages principaux. Ruben Vandervoorde (Benoît Poelvoorde) est un douanier belge profondément francophobe. De l’autre côté de la frontière, son homologue français et ennemi de toujours, Mathias Ducatel (Dany Boon), subit ses frasques quotidiennes. Deux facteurs (pas les postiers) viennent compliquer le tout : Mathias sort en cachette avec la sœur de Ruben, et le traité de Maastricht va les obliger à former une unité de « douane volante » franco-belge.

Dany Boon reprend ici les principes qui ont fait le succès des Ch’tis : les clichés qu’ont les uns des autres et réciproquement, le comique de situation, l’accent grotesque, l’histoire d’amour, et évidemment les fonctionnaires. A partir de là, il y avait peu de chance d’obtenir un chef d’œuvre : on rigole rarement deux fois de suite des mêmes choses. D’autant que les sketchs sont beaucoup moins bons que dans « le premier ». Résultat : Rien à déclarer n’est pas bon. Je ne dis pas « mauvais », parce qu’on rigole quand même. Ca vaut largement un « Camping » par exemple, avec le côté beauf en moins. Mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. On s’y attendait.

Et contrairement à dans Bienvenue chez les Ch’tis, les acteurs sont moyens. Dany Boon reste fidèle à lui-même, mais son personnage est moins attachant. Et on finit par se lasser.  Benoît Poelvoorde, lui, c’est un cas à part. C’est typiquement le genre d’acteur que j’ai envie d’aimer. Ce boulimique de tournages (plus de 28 films en 10 ans) a un positionnement décalé : il apparaît dans les « suites » de cartons phénoménaux (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Bienvenue chez les Ch’tis), qui se révèlent être des navets, et dans lesquels il est le seul à tirer son épingle du jeu.  Deux possibilités : soit c’est un opportuniste talentueux, soit il choisit ses films pour pouvoir se faire mousser ! Les seconds rôles sont mitigés… François Damiens, fidèle à lui-même, est excellent. Un plaisir à chaque fois ! Bruno Lochet est lui méconnaissable, une vraie bonne surprise. Pour les autres, on repassera. Karin Viard d’abord, dont je n’aime pas particulièrement le jeu, Julie Bernard, très jolie mais qui hélas joue très mal, Laurent Gamelon, Bouli Lanners, personne de bien fameux.

Que dire de plus ? Le contexte est intéressant, mais l’histoire beaucoup moins. La mise en scène totalement transparente, et la musique pas top. Une comédie française ratable (pour ne pas dire ratée), rien de plus.

Rating 3.00 out of 5
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